Cap sur le Grand Nord norvégien !

3 juillet 2017 Mis à jour: 6 juillet 2017

Quand on sait que si l’on déployait tous les contours sinueux des fjords et des baies du littoral norvégien, on atteindrait une longueur de côte de près de 21 000 kilomètres, la plus belle découverte de ce pays est sans aucun doute celle qu’offre une croisière. Embarcation immédiate vers le Cap Nord !

La vie semble s’écouler tout en douceur le long des fjords, surtout aux heures claires des longues nuits blanches de l’été arctique. (Charles Mahaux)

Le Cap Nord se mérite, la croisière s’étire sur plusieurs jours, une belle occasion pour se perdre dans la contemplation des fjords, ces baies allongées qui incisent la terre en des vallées creusées par les glaciers à la fin de la dernière glaciation et envahies par la mer. Chaque incursion mène à un port, généralement blotti derrière un îlot, à l’abri des vents impétueux qui peuvent souffler depuis l’océan. Paysage ponctué de petits hameaux de pêcheurs où la vie semble s’écouler paisiblement, dans cette immense réserve de liberté brute qu’offre la proximité d’une nature indomptée.

Incroyable rencontre dans le port de Stavanger entre les paquebots qui semblent démesurés depuis le vieux village composé de petites maisons de bois peintes, voire même décorées dans le cadre d’une opération de street art qui colore toute la ville. (Charles Mahaux)

Première escale : Stavanger

Malgré son titre de capitale du pétrole depuis la mise au jour au large de ses côtes d’un gisement pétrolier, Stavanger n’en reste pas moins une coquette ville, à découvrir au rythme de la flânerie autour de son vieux port. Épargnée par les incendies, Stavanger possède la plus forte concentration de maisons en bois du pays, aux façades blanches orgueilleusement entretenues, de quoi proposer une promenade de charme dans des ruelles pavées, entre jardinets en terrasses et bancs publics. Après la pêche et son commerce qui font de Stavanger une ville gourmande, voire gastronomique, c’est le pétrole qui a offert d’autres débouchés. Une histoire tout aussi passionnante, voire même émouvante, à découvrir dans le musée du Pétrole installé sur les quais dans des bâtiments qui évoquent une station de forage.

Tout au bout du lac de Loen, le glacier de Kjenndal se dilue en été dans une longue cascade (Charles Mahaux)

Olden, la route des glaciers

Le Nordfjord s’étire sur une centaine de kilomètres en multipliant les fjords secondaires plus étroits et débouche finalement au pied d’Olden, porte d’accès à une vallée spectaculaire creusée par le lac de Loen, bordé de falaises abruptes. Magie de la balade en bateau sur cette étendue d’un vert émeraude. En levant le nez, on devine les langues glaciaires qui surplombent le site, entourées de torrents creusés dans la roche. Un sentier balisé mène au glacier de Kjenndal en une dizaine de minutes. Ici, on se sent le cœur un peu oppressé par le silence qui pèse sur le site, malgré le fracas des cascades qui dévalent de la falaise. Dire que nous ne sommes qu’à 550 mètres d’altitude, à deux heures à peine de la mer avec ses rafales de vent et ses odeurs de varech !

Tromso, aux confins de la Norvège, se reconnaît de loin grâce à la haute silhouette blanche de sa cathédrale arctique dont la forme veut évoquer des aiguilles de glace. (Charles Mahaux)

Tromso, capitale arctique

66°33’Nord, le cercle polaire arctique est franchi ! Le paquebot fend imperturbablement une mer argentée, traçant sa route vers l’archipel des Lofoten. L’écran de la télévision qui indique l’itinéraire a complètement perdu les informations des heures de lever et de coucher du soleil. C’est un peu comme si le temps restait suspendu durant ces trois jours de voyage au-delà du cercle polaire. Située sur une île au milieu d’un chenal, Tromso est une escale incontournable même si la ville ne séduit guère avec son architecture quelque peu hétéroclite. Carrefour nordique du trafic international et centre scientifique de renom de recherches polaires, autant d’atouts qui échappent aux visiteurs d’un jour qui se satisfont de la visite d’une cathédrale d’une épure saisissante. Avec sa couleur blanche comme la neige, sa hauteur impressionnante et son immense vitrail moderne, elle évoque toute la force de l’humanité face à un environnement rude.

La célèbre statue de la Femme du pêcheur érigée sur des rochers dans les eaux de l’entrée du port de Svolvaer, dans les îles Lofoten, est là pour guider les bateaux à l’entrée des passes. (Charles Mahaux)

Les îles Lofoten

Avec la brume, le ciel prend des couleurs laiteuses sur lesquelles se découpe une succession de sommets acérés et déchiquetés. Austère vue du large, Svolvaer s’annonce au pied d’une curieuse montagne dont elle tire son nom car son sommet ressemble à deux cornes de chèvre. À terre, la ville apparaît riante avec ses maisons de bois colorées, son port de pêche et ses jardins noyés de boutons d’or.

Les rorbuer sont ces anciennes cabanes de pêcheur typiques des îles Lofoten, aujourd’hui en partie converties en hébergements de tourisme. (Charles Mahaux)

Les îles dégagent une ambiance bucolique inattendue : prés verts, vallées verdoyantes, aiguilles rocheuses et villages de pêcheurs croquignolets avec leurs maisonnettes sur pilotis. Les îles sont parsemées de rorbuer, cabanes rouges construites sur pilotis avec des pontons tournés vers la mer, anciens refuges des pêcheurs venus dans les îles pour les campagnes de pêche. Un patrimoine local loué aux vacanciers qui pratiquent ainsi le kayak de mer, idéal pour caboter dans les échancrures des côtes de l’archipel.

De rares langues de terre au pied de falaises permettent à certains de s’établir dans un décor à couper le souffle. (Charles Mahaux)

Le Cap Nord !

L’irrésistible attrait de l’Arctique, le graal de tous les croisiéristes qui choisissent cette expédition à la recherche d’un bout du monde déjà éprouvé au fil des insolites nuits blanches de l’été arctique. Le bateau accoste à Honningsvag d’où part la route qui mène au site accessible le plus septentrional de la Scandinavie. Il surprend par sa forme de blockhaus abritant tous les services touristiques rêvés, même une poste avec un cachet spécial pour envoyer des cartes depuis ces confins de la Norvège.

71°10’21’’ de latitude Nord. Le brouillard tenace qui plombe le paysage ne permettra pas de découvrir la perspective sur l’océan Arctique. À peine devine-t-on le bord de la falaise qui plonge dans les profondeurs marines mais la houle se laisse entendre quand elle vient frapper les parois rocheuses. Une expérience qui n’en reste pas moins mythique, d’autant que la route qui y mène traverse des paysages grandioses de collines dénudées parsemées de cratères remplis d’eau gelée. À perte de vue des lichens et des mousses qui font le délice de troupeaux de rennes qui y prennent leur quartier d’été.

Les Samis, un des derniers peuples aborigènes du Grand Nord, férus de chasse, de pêche et d’élevage transhumant de rennes. Un nom à préférer à Lapons synonyme de « porteurs de haillons » !

Au retour, une halte en ajoute encore à ce dépaysement total : la visite d’un campement Sami, du nom de ces aborigènes qui peuplent les terres arctiques d’Europe. Tous possèdent des rennes mais seuls 20% d’entre eux tirent directement leur subsistance de cet élevage en perpétuant la tradition des transhumances estivales jusqu’aux rives de l’océan Arctique. Une rencontre rare auprès d’une hutte qui tient du tipi indien et qui nous renvoie aux racines de notre humanité d’autant qu’ici, sous un ciel d’opale, la nature est rude, le vent cingle les visages et le brouillard enserre les corps. Le retour vers le confort du bateau se fera d’ailleurs dans le silence, chacun étant emporté par des sensations à fleur de peau.

La formule « croisière exclusive » d’All Ways

Pour la saison 2017, All Ways a diversifié son offre d’autant que la formule connaît de plus en plus de succès. Trois nouveaux navires ont été réservés pour des croisières aussi différentes que la découverte de l’archipel des Açores à bord du MS Serenissima, une croisière le long de la côte Adriatique avec le MS Belle de l’Adriatique et enfin les croisières nordiques avec le MS Berlin. Celui-ci, le plus grand des trois bateaux, ne compte que quelque 200 cabines, ce qui garantit effectivement une ambiance plus intime et chaleureuse. Aucun danger de s’égarer. L’intérêt culturel de ce type de croisière exclusive se manifeste aussi dans le succès des conférences organisées. Leurs auteurs sont choisis en fonction de leur expertise ou de leur passion dans leur domaine spécialisé qui peut même être étranger à la destination de la croisière. Quoiqu’il en soit, une croisière est un vaste théâtre dont chacun est tour à tour spectateur ou acteur, au gré de sa fantaisie. Libre à tous d’écrire les pages de leur rêve personnel. www.all-ways.be Les prochaines croisières vers le Cap Nord ont lieu du 5 au 18 juillet 2017 et également en juillet 2018.

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