L’ex-ministre de l’Intérieur Christophe Castaner élu à la tête des députés LREM, le groupe fragilisé

Par Epoch Times avec AFP
10 septembre 2020
Mis à jour: 10 septembre 2020

A l’issue d’un scrutin plus serré qu’attendu, Christophe Castaner a pris jeudi la tête des députés LREM qui sont restés légitimistes. L’ex-ministre de l’Intérieur issu du PS devra rassembler, en vue de 2022, un groupe fragilisé par une série de défections et déceptions.

Arrivé en tête dès le premier tour mercredi, M. Castaner, un proche d’Emmanuel Macron, débarqué du gouvernement en juillet, l’a emporté sur Aurore Bergé par 55 % des voix contre 45 %. La députée des Yvelines, issue de la droite, avait mené une campagne « très offensive », de l’avis même de ses opposants et raflé des voix jusqu’à l’aile gauche.

Le nom du vainqueur a été annoncé au coup d’envoi des journées parlementaires LREM près d’Amiens.

Fraîchement de retour au Palais Bourbon, l’ex-ministre et élu des Alpes-de-Haute-Provence succède à Gilles Le Gendre, qui avait annoncé dès mi-juillet sa démission. Le député de Paris avait été confronté ces derniers mois à une série de départs, notamment vers deux nouveaux groupes parlementaires, Écologie Démocratie Solidarité à gauche et Agir Ensemble à droite de LREM.

Le groupe macroniste a ainsi perdu la majorité absolue et ne compte plus que quelque 275 membres, après trois nouveaux départs en début de semaine, cette fois vers les alliés du MoDem.

Dans un tweet à la mi-journée, Aurore Bergé a estimé que « le rassemblement ne se décrète pas, il se construit » et « il n’est pas une option, mais une nécessité », indiquant qu’elle y prendrait sa part.

L’élection interne a aiguisé les appétits et cinq candidats étaient finalement sur les rangs pour un premier tour très partagé.

Arrivé troisième, l’ancien ministre de la Transition écologique François de Rugy avait rallié Aurore Bergé, tandis que la députée de l’Hérault Coralie Dubost et l’élu de Seine-Saint-Denis Patrice Anato avaient finalement soutenu Christophe Castaner. Les téléphones des députés ont chauffé durant la nuit.

Le nouveau patron aura pour première vice-présidente Marie Lebec, qui occupait déjà cette fonction aux côtés de Gilles Le Gendre, ce qui marque une continuité.

« Si ‘Casta’ l’emporte, c’est un non-événement. Il est le candidat naturel comme l’étaient Richard Ferrand (au début du quinquennat) et Gilles Le Gendre (qui avait pris sa succession en septembre 2018, ndlr). Ce sera fluide, facile », prédisait une source parlementaire LREM peu avant le scrutin.

À l’inverse, l’élection d’Aurore Bergé aurait été « un tsunami » selon la même source, alors que celle-ci voulait un « groupe fort », qui « s’affirme et défend ses priorités et son indépendance ».

Le chef de file des députés LFI Jean-Luc Mélenchon a critiqué aussitôt sur Twitter l’élection de « l’homme de la plus vaste vague de répression, de violences, de mutilations et de condamnations (qui) incarne désormais le macronisme à l’Assemblée nationale », en référence notamment à la crise des « Gilets jaunes ».

M. Castaner, ancien numéro un du parti LREM, affirme vouloir redonner au groupe majoritaire « le sentiment de fierté collective qui a accompagné la campagne d’Emmanuel Macron en 2017 ».

La tâche est ardue, alors que certains députés n’ont pas obtenu cet été le poste gouvernemental qu’ils espéraient, quand d’autres s’interrogent encore sur leur utilité au Palais Bourbon.

« Notre groupe politique se cherche. On n’a toujours pas de corpus commun de valeurs. Le pragmatisme, ce n’est pas suffisant pour réunir les énergies », confie ainsi le député de Côte-d’Or Didier Paris.

Une source gouvernementale ne semble guère optimiste: « Vous ne révolutionnerez pas les pratiques du groupe en un an. Ce qui n’a pas pu se construire dans les trois ans, on n’a plus le temps pour le faire ».

En outre, le groupe LREM fait face à une offensive de son partenaire MoDem qui tente de bâtir un « grand centre » et a été rejoint déjà par quelques LREM ainsi que par des élus de petits groupes.

Premier rendez-vous test pour M. Castaner: mardi doit être constitué un intergroupe de la majorité parlementaire avec le MoDem et Agir, censé ressouder et remobiliser celle-ci.

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