Catalogne: Pedro Sanchez sous pression de la droite

Par Epochtimes.fr avec AFP
20 octobre 2019 Mis à jour: 20 octobre 2019

A trois semaines des élections en Espagne, le chef du gouvernement Pedro Sanchez faisait face dimanche aux critiques acerbes de la droite qui réclame des mesures exceptionnelles en Catalogne où la tension a toutefois nettement baissé samedi soir après plusieurs nuits de guérilla urbaine.

Avec pour mot d’ordre « Ça suffit! Justice et coexistence », le parti libéral et son chef Albert Rivera ont convoqué une manifestation à 10H00 GMT devant le siège du gouvernement régional catalan à Barcelone.

« C’en est assez que les radicaux errent librement et fassent peur à des millions d’Espagnols sur leurs terres. Les rues sont à tout le monde », a dit sur son compte Twitter M. Rivera qui réclame la suspension de l’autonomie de la région gouvernée par les indépendantistes comme ce fut le cas en 2017 après la tentative de sécession.

La Catalogne en ébullition

Les rues de Catalogne sont en ébullition depuis la condamnation lundi de neuf séparatistes, pour la plupart anciens membres du gouvernement régional, à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour cette tentative de sécession.

Près de 600 personnes ont été blessées dans les violences. Un policier était toujours dimanche dans un « état très grave » et une manifestante dans un « état critique », selon la maire de Barcelone, Ada Colau.

Dans le quotidien El Pais, le chef du Parti Populaire (droite) Pablo Casado a accusé le gouvernement de « faire comme si de rien n’était » et de promettre que tout rentrera dans l’ordre « avec la modération ». 

« Il n’y a pas de dialogue possible avec ceux qui font que la Catalogne brûle », a-t-il lancé en référence au président indépendantiste catalan Quim Torra qui a réclamé samedi à Pedro Sanchez d’ouvrir des « négociations sans conditions » et abordant donc la question d’un référendum d’autodétermination pour régler le conflit en Catalogne.

M. Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018 notamment grâce aux voix des députés indépendantistes, a opposé une fin de non-recevoir à M. Torra et exigé qu’il condamne sans ambiguïté les violences et reconnaisse que la moitié des Catalans ne veulent pas faire sécession de l’Espagne.

44% des habitants de la région favorables à l’indépendance

Selon un sondage publié en juillet par le gouvernement catalan, 44% des habitants de la région sont favorables à l’indépendance tandis que 48,3% y sont opposés.

Après cinq nuits de troubles, particulièrement violents vendredi soir, la Catalogne a retrouvé samedi un calme relatif. Seulement 14 personnes ont dû être prises en charge samedi par les services de secours dans l’ensemble de la région, contre 182 vendredi.

Sur la place Urquinaona, épicentre des violences de vendredi, 6.000 personnes se sont réunies samedi à l’appel de la gauche indépendantiste radicale pour protester contre la « répression » policière.

Mais une chaîne humaine de dizaines d’indépendantistes s’est formée, après un appel sur les réseaux sociaux, entre le cordon policier et les manifestants afin d’éviter les violences.

Le blocage de l’aéroport de Barcelone par 10.000 personnes

Des petits groupes d’émeutiers ont toutefois mis le feu à du mobilier urbain pour en faire des barricades, notamment sur les célèbres Ramblas, avant d’être dispersés par les charges et les tirs de projectiles en mousse de la police. Mais les heurts n’ont jamais atteint le niveau de violence des nuits précédentes.

Les troubles ont commencé lundi dans la région avec le blocage de l’aéroport de Barcelone par 10.000 personnes et se sont poursuivis à partir de mardi dans le centre de Barcelone et dans d’autres villes catalanes.

Vendredi soir, au terme d’une manifestation pacifique ayant réuni plus d’un demi-million de séparatistes, la grande métropole catalane a été plongée dans le chaos après de violents affrontements entre agents anti-émeutes et radicaux au visage masqué.

Environ 300 personnes ont été interpellées en Catalogne depuis lundi, avait indiqué samedi le ministère de l’Intérieur.

Nées de la frustration d’une partie de la base indépendantiste, deux ans après l’échec de la tentative de sécession de 2017, les violences apparues depuis lundi ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste, qui s’est toujours targué d’être non-violent.

 

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