Censure d’un clip sur la trisomie 21 par le CSA : « une atteinte grave à la liberté d’expression des personnes trisomiques »

Par Emmanuelle Bourdy
1 juin 2021
Mis à jour: 1 juin 2021

En 2014, la campagne Dear Future Mom, portant sur la dignité des personnes trisomiques, avait de plus obtenu un succès mondial. Mais le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) avait alors censuré la vidéo dans laquelle des personnes trisomiques déclaraient qu’elles pouvaient vivre une vie heureuse. Le Conseil d’État avait également confirmé la décision du CSA deux ans plus tard. Les associations signataires du clip ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elles estiment que la liberté de parole des trisomiques est bafouée.

Le CSA avait censuré une vidéo en interdisant les chaînes de la diffuser en 2014. En 2016, le Conseil d’État avait confirmé cette décision, précise Le Figaro. Le clip, produit par Coordown et réalisé en collaboration avec d’autres associations internationales partenaires, portait sur la dignité des personnes atteintes de trisomie.

Intitulée Dear Future Mom, la campagne avait eu un franc succès dans le monde entier et avait été réalisée à l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21. Son message : « Les personnes trisomiques peuvent vivre une vie heureuse, ça dépend de nous tous. » L’initiative était née d’une volonté de répondre à une maman, qui s’interrogeait sur le devenir de la petite fille trisomique dont elle était enceinte. Dans une lettre adressée à Coordown, la maman faisait part de ses inquiétudes. En guise de réponse, l’association avait alors réalisé ce clip touchant, dans lequel de jeunes porteurs de trisomie 21 admettaient que leur vie était belle et valait la peine d’être vécue.

Les raisons d’une telle censure

Pour justifier sa décision, le CSA avait argumenté que cette vidéo pouvait « troubler la conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents ». Il avait également avancé que le clip « ne pouvait pas être considéré comme un message d’intérêt général, que sa finalité pouvait apparaître ambiguë, et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle ».

De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune (partenaire de Coordown dans la réalisation de cette vidéo) a donc déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, précise Le Figaro. La Cour européenne doit donc trancher afin de savoir si cette censure viole ou non la liberté d’expression.

Une vidéo destinée à dissoudre le « regard de pitié sur les personnes trisomiques »

La Fondation Jérôme Lejeune considère en effet que cette censure viole la liberté d’expression des personnes trisomiques. « Nous ne voulons plus d’une Europe marquée par le deux poids, deux mesures, particulièrement en France, où les pouvoirs publics sont forts pour discourir sur l’accueil mais censurent des initiatives qui concrétisent cet accueil, et portent ainsi atteinte aux droits de l’homme », a défendu Jean-Marie Le Méné, le président de la Fondation Jérôme Lejeune.

La vidéo a fait le tour du monde, entre autres sur les réseaux sociaux. « C’est une campagne qui, encore 7 ans plus tard, continue à diffuser une culture juste de la diversité. De fait, nous continuons à recevoir de chaque partie du monde des remerciements et des demandes de concession des droits d’utilisation et nous sommes fiers d’avoir contribué à ce processus culturel », explique par ailleurs Antonella Falugiani, la présidente de Coordown, ainsi que le rapporte encore le quotidien français. Elle ajoute que Dear future Mom « a contribué à changer le discours sur la trisomie 21, en faisant sauter un regard de pitié sur les personnes trisomiques et en donnant la parole directement à des jeunes et à des adultes porteurs de trisomie 21 ».

« Nous sommes confiants dans le fait que la Cour européenne comprendra la véritable signification de la campagne », espère la présidente de Coordown. Car si les personnes trisomiques ont le droit d’être heureuses, elles ont tout autant droit à leur liberté d’expression. « Acceptez-moi, je ne suis pas différent de vous ! » avait réclamé à l’ONU Robin Sevette, l’un des acteurs de la vidéo, le 21 mars dernier.

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