Ces 3 beagles ont réussi à dépister le cancer dans le sang avec une précision de 97%

Par Louise Bevan
5 septembre 2019 Mis à jour: 7 septembre 2019

Les chiens ont pleinement mérité leur statut d’animal de compagnie préféré. Après un essai réussi, des beagles renifleurs de sang pourraient bien devenir l’élément indispensable et dernier cri en matière de détection précoce du cancer.

L’odorat finement réglé des chiens est environ 10 000 fois plus précis que celui d’un être humain. Ainsi, trois beagles participant à une expérience de laboratoire récente ont pu identifier les échantillons de sang de patients cancéreux avec une précision extraordinaire, seulement par l’odeur.

Si les chiens ne détectaient rien, dit-on, ils passaient à l’échantillon suivant ; s’ils reniflaient le cancer, ils s’asseyaient et alertaient l’équipe de recherche.

L’expérience a été menée par des chercheurs du laboratoire pharmaceutique BioScentDx basé en Floride et publiée dans la revue médicale mensuelle de l’association d’ostéopathie The Journal of the American Osteopathic Association. La chercheuse principale Heather Junqueira croit que les conclusions de l’équipe pourraient annoncer que la détection canine est une approche abordable et non invasive du dépistage précoce du cancer dans l’avenir.

Illustration – Pixabay | Belova59

Mme Junqueira a présenté ses conclusions à la réunion annuelle de la société américaine de biochimie l’American Society for Biochemistry and Molecular Biology, à Orlando, en Floride, le 8 avril 2019.

« Des études antérieures sur l’utilisation des chiens dans le domaine de la détection du cancer ont donné des taux de précision allant jusqu’à 99 % », a-t-elle expliqué au New York Post. « Nous avons vu ces chiens détecter des cellules précancéreuses, c’est-à-dire aux stades 0 à 1. »

Mme Junqueira et son équipe de recherche du Collège de médecine ostéopathique du lac Érié  ont enseigné à quatre beagles à différencier les échantillons de sang sains des échantillons provenant de patients atteints de cancer malin du poumon. Trois des chiens, tous âgés de 2 ans, ont été capables d’identifier les échantillons cancéreux dans 96,7 % des cas.

Illustration – Pixabay | Belova59

Cependant, d’après le rapport de l’étude, un beagle nommé Snuggles n’était « pas motivé » à accomplir cette tâche.

À la suite de leur succès, les chercheurs s’apprêtent à entraîner les chiens à détecter les cancers du poumon, du sein et du côlon, mais cette fois la barre a été placée plus haut ; les chiens rencontreront des échantillons d’haleine au lieu de sang.

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L’objectif final est d’identifier les biomarqueurs spécifiques qui alertent les chiens sur les cellules cancéreuses et de développer un test, un peu comme un test de grossesse, qui sera utilisé comme un outil de détection précoce du cancer.

Selon le New York Post, les tests prototypes ne coûtent que 45 € et sont destinés à compléter les méthodes plus traditionnelles de dépistage du cancer. « Il est important de noter que ces dépistages ne sont pas destinés à remplacer une visite préventive chez le médecin, a précisé Mme Junqueira, ou des tests diagnostiques comme les mammographies annuelles ».

Les chiens nous impressionnent depuis longtemps par leur observation constante et leurs réactions intuitives aux signaux de comportement. Ce n’est pas un hasard s’ils savent quand nous allons les promener, dit la BBC.

Illustration – Pixabay

En 2008, un croisement de colley roux nommé Max a même détecté un cancer précoce chez sa propriétaire, Maureen Burns.

Le comportement étrangement morose de la chienne de 9 ans et demi et les sensations occasionnelles de coups de poing sur la poitrine qu’avait Maureen Burns sont ce qui l’ont alertée de la possibilité d’un cancer du sein. Il a fallu une biopsie chirurgicale pour confirmer les soupçons de Max, et après l’ablation de la masse, le comportement de Max est revenu à la normale. « Je lui dois tellement », dit Maureen Burns.

« À l’heure actuelle, il semble que les chiens ont une meilleure capacité naturelle de dépistage du cancer que notre technologie la plus avancée », a déclaré le Dr Thomas Quinn, professeur au Collège de médecine ostéopathique du lac Érié.

« Bien qu’il n’existe actuellement aucun remède contre le cancer », a ajouté Mme Junqueira, citée par USA Today, « la détection précoce offre le meilleur espoir de survie. Un test très sensible pour détecter le cancer pourrait potentiellement sauver des milliers de vies et changer la façon dont la maladie est traitée », a-t-elle poursuivi.

(Illustration – Shutterstock)
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