C’est l’industrie privée, et non le gouvernement, qui joue au « Big Brother »

Par Dustin Bass
1 mai 2020
Mis à jour: 19 mars 2021

George Orwell était, comme nous tous, le produit de ses expériences. Quand il a écrit son dernier livre, 1984, c’était la prophétie finale au sujet d’événements qu’il avait déjà vus.

Sa mise en garde contre un gouvernement qui deviendrait omnipotent, omniscient et omniprésent a été bien entendue par une grande partie du monde occidental. Je veux dire par là que les gouvernements ont trop de pouvoir, qu’ils envahissent notre vie privée et qu’ils sont devenus trop puissants. Tout cela est vrai, et la plupart des Occidentaux épris de liberté s’en méfient.

Les contrôles et équilibres constants entre les branches du gouvernement, le quatrième pouvoir (les médias) et le souverain (le peuple) ont permis de garder les yeux ouverts sur cette menace qu’Orwell avait appelée Big Brother.

Ce qu’Orwell n’avait pas prévu, ou ne pensait peut-être pas possible, c’est que le peuple lui-même deviendrait sa propre plus grande menace – une menace rendue possible par le secteur privé florissant des entreprises américaines.

Facebook. Twitter. YouTube. Tels sont désormais les modes de communication adoptés par les Américains. Alors qu’autrefois nous pensions que nos voix ne pouvaient être entendues qu’entre amis ou par une lettre à l’éditeur, nous constatons aujourd’hui que nous disposons tous d’une plateforme. Les Américains ont toujours été fiers de leurs opinions. Parfois fausses, souvent biaisées. Mais ce sont leurs opinions. Enfin, notre premier amendement garantit que la liberté d’expression peut, d’une certaine manière, rivaliser avec la liberté de la presse protégée par ce même amendement.

Pendant longtemps, ces entreprises ont été considérées comme des forums publics. Les gens peuvent écrire et enregistrer tout ce qu’ils veulent dire, et ces entreprises ne veulent pas et ne peuvent pas être tenues responsables. Les gens bénéficient d’un niveau de liberté d’expression élevé. L’industrie privée reste protégée. Nous sommes tous satisfaits de cet arrangement.

Mais ce temps est révolu. Les géants des médias sociaux ont lentement isolé et censuré les voix, principalement celles des conservateurs. Il aurait été naïf de penser une censure impossible. Cette pandémie l’a prouvé.

Le pouvoir ne fait pas de discrimination. Ces plates-formes de médias sociaux ont décidé de censurer toute opinion – conservatrice ou libérale – en conflit avec « l’information fiable fournie par les organismes de santé agréés ». C’est la phrase qui figure en haut de votre compte mobile Facebook et Instagram. Twitter en a une. YouTube a un label similaire en haut de sa page d’accueil, un label qui a été vu plus de 9 milliards de fois.

Parmi ces organisations de la santé, il y a celle qui se trompe depuis le début : l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS est manifestement incapable de fournir des informations exactes. On lui reproche d’être le porte-parole de la machine de propagande du Parti communiste chinois. Les liens de son chef, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, avec le Parti communiste n’arrangent rien à la situation.

Sa désinformation destructrice a incité le président américain Donald Trump à refuser de financer l’organisation. Les États-Unis ont donné plus de 400 millions de dollars à l’OMS en 2019. Deux semaines plus tard, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a déclaré que sa société donnerait à l’OMS « autant de publicités gratuites qu’elle en aurait besoin pour sa lutte contre le coronavirus ».

Comme le nombre de décès aux États-Unis (actuellement inférieur à 60 000) reste bien en deçà des 2,2 millions prévus par l’équipe d’intervention Covid-19 de l’Imperial College, les opinions contradictoires ne peuvent que remonter à la surface. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, cela fait partie de la nature humaine de pointer du doigt une prédiction qui se révèle fausse. Récemment, quand deux médecins californiens ont présenté leurs résultats, leur vidéo est devenue virale. YouTube a rapidement retiré cette vidéo, en affirmant qu’elle allait à l’encontre de leurs principes.

Dans un entretien accordé à CNN, Susan Wojcicki, PDG de YouTube, a affirmé de façon alarmante : « Tout ce qui irait à l’encontre des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé serait une violation de notre politique. »

Mark Zuckerberg a déclaré à Good Morning America que sa société avait mis en place des procédures permettant de qualifier de « désinformation nuisible » les contenus organisant des événements pour protester contre les ordres de confinement du gouvernement.

Même le journal Epoch Times détient le documentaire complet et éclairant de Joshua Philipp Tracking Down the Origin of the Coronavirus (peut se traduire en français par « retracer l’origine du coronavirus »), qui a été signalé comme « fausse information » sur Facebook.

À la mi-mars, le technologue de la Silicon Valley Aaron Ginn a publié un article sur le site web Medium, riche en informations et en graphiques, intitulé « Evidence Over Hysteria—Covid-19 » (peut se traduire en français par « Des preuves au-delà de l’hystérie – Covid-19 »). Cet article est rapidement devenu viral. Peut-être trop vite.

Le Dr Carl Bergstrom, professeur de biologie évolutionniste de l’université de Washington, a eu vent de l’article et l’a diffusé sur Twitter. Après la réaction frénétique des internautes à son tweet, Medium a retiré l’article (il a ensuite été republié sur ZeroHedge). Le comité de rédaction du Wall Street Journal a ensuite publié un article sur la question de savoir qui contrôle cette histoire sur le coronavirus, et quels sont les risques de disparition du débat public.

Curieusement, le Dr Carl Bergstrom a également été l’un des premiers à se lancer dans la démystification des médecins californiens. Le résultat, comme nous l’avons déjà dit, fut le même que pour l’article de Medium.

Carl Bergstrom fait partie du nouveau Centre pour un public informé de l’université de Washington, dont la mission est de « résister à la désinformation stratégique, promouvoir une société informée et renforcer le discours démocratique ». Si Carl Bergstrom a fait l’une de ces choses récemment, ce n’est certainement pas la dernière fois. Il est devenu une sorte de héros dans la lutte contre le « discours démocratique » des géants des médias sociaux. Malheureusement, les héros bien intentionnés deviennent souvent des méchants accidentels.

Les médias sociaux ont tellement consumé nos vies qu’ils sont devenus un moyen de communication privilégié, voire le principal mode d’expression. Le texte, les photos et les vidéos sont devenus les supports qui nous permettent de communiquer avec nos amis, notre famille et le reste du monde (ou quiconque est prêt à écouter).

Alors que les géants des médias sociaux se transforment de plus en plus en ministère de la Vérité, cette récente censure peut sembler soudaine. Il serait toutefois naïf de croire que cette censure est arrivée par hasard.

Il est vrai qu’Orwell ne l’a pas vu venir, mais tout Américain moderne aurait dû le voir. La question est de savoir ce que nous allons faire à ce sujet.

Dustin Bass est le co-fondateur de la série The Sons of History (littéralement, Les Fils de l’histoire), diffusée sur YouTube et sur un podcast hebdomadaire consacré à l’histoire. C’est un ancien journaliste devenu entrepreneur. Il est également auteur.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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