Ceux qui se rongent les ongles ne sont pas juste nerveux mais ont une personnalité particulière

Par Robert Jay Watson
24 août 2019 Mis à jour: 28 août 2019

Combien de fois avez-vous entendu les parents et les grands-parents dire « Arrêtez de vous ronger les ongles ! » Alors que la plupart des enfants ne réalisent même pas ce qu’ils font, les adultes savent combien de microbes se déposent sur nos mains et nos doigts au cours de la journée.

Quand les gens continuent de se ronger les ongles à l’âge adulte, on suppose souvent que c’est parce qu’ils souffrent d’anxiété ou de nervosité. Mais selon des découvertes qui vont certainement en surprendre plus d’un, les scientifiques ont montré que cette mauvaise habitude avait bien plus à voir avec un trait de personnalité très différent.

Tout d’abord, les psychologues et les scientifiques ont un terme très sophistiqué pour désigner le phénomène, qu’ils appellent « onycophagie », et le classent avec les « comportements répétitifs centrés sur le corps », selon Psychology Today. D’autres activités de ce groupe incluent tirer ou tourbillonner ses propres cheveux, mâcher un stylo et se gratter la peau ou les croûtes recouvrant des plaies.

On a souvent pensé que tous ces comportements avaient un rapport avec les nerfs. Comme l’explique Psychology Today, « se ronger les ongles est associé à l’anxiété, car le fait de se ronger les ongles soulage le stress, la tension ou l’ennui », mais il pourrait s’agir d’un cas où la sagesse populaire n’a pas raison.

Une importante étude de l’université de Montréal a montré que la cause fondamentale de ce comportement n’était pas simplement la nervosité mais plutôt une sorte de perfectionnisme.

Illustration – Shutterstock | Arman Novic

Comme l’explique le chercheur principal, Kieron Connor, dans un communiqué de presse publié par le Huffington Post : « Nous pensons que les individus ayant ces comportements répétitifs peuvent être perfectionnistes, ce qui signifie qu’ils sont incapables de se détendre et d’accomplir leurs tâches à un rythme ‘normal’. »

Ce qui incite ces personnes à se ronger les ongles, c’est la difficulté à faire face à l’ennui qui résulte souvent du fait que leur environnement n’est pas pleinement impliqué. Bien qu’ils puissent être parfaitement heureux dans l’exercice de leurs fonctions, le temps et l’énergie excessifs qu’ils consacrent à leur travail peuvent devenir accablants. Selon l’étude, les perfectionnistes « expérimentent le plus grand ennui ».

Les perfectionnistes ont également du mal à gérer les sentiments résultant d’un travail qu’ils estiment, à tort ou à raison, comme n’étant pas bien fait. Comme l’a écrit le Dr O’Connor, « ils sont donc sujets à la frustration, à l’impatience et au mécontentement quand ils n’atteignent pas leurs objectifs ».

Illustration – Shutterstock | engagestock

L’étude ne s’est pas concentrée sur les effets négatifs du phénomène, mais a plutôt tenté de comprendre pourquoi les gens se rongent les ongles. « Ce qui déclenche l’habitude, c’est en grande partie la frustration et l’impatience, de sorte que l’action se substitue à une action plus constructive », a expliqué le Dr O’Connor au HuffPost.

Mais que peuvent faire les gens qui se rongent les ongles pour contrôler cette tendance ? Il existe pour cela toutes sortes de remèdes classiques . Ceux-ci peuvent inclure l’étalage de substances amères sur les ongles, telles que l’huile de neem, qui créeront chez l’individu une association psychologique négative par rapport à ce geste qu’il pose, et qui encouragera cette personne à arrêter.

Mâcher du chewing-gum sans sucre peut également aider la personne à contrôler son sentiment de frustration. Les thés qui ont un effet naturellement calmant, comme la camomille et la menthe, peuvent aussi bien fonctionner pour certaines personnes.

Mieux encore, les pratiques qui traitent les racines de la frustration des perfectionnistes, telles que le yoga et la méditation, peuvent calmer l’esprit et les aider à maîtriser leurs pensées compulsives.

Illustration – Shutterstock | Olena Yakobchuk

Comme le fait remarquer le Dr O’Connor, changer la façon de penser des perfectionnistes est le remède ultime. Si les psychologues peuvent amener les perfectionnistes à réduire les enjeux, sans investir autant dans le résultat de tout ce qu’ils font, alors « la personne n’a pas besoin d’apprendre un nouveau comportement pour remplacer l’habitude ».

Quelle que soit l’approche adoptée, l’étude montre que se ronger les ongles est une habitude beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît au premier abord !

Illustration – Shutterstock | Natee Meepian
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