Changement climatique : qui sont ses idéologues ?

Par Mark Hendrickson
24 octobre 2019 Mis à jour: 24 octobre 2019

Lorsque nous sommes enfants, les désaccords conduisent souvent aux insultes. L’équivalent de ces insultes pour les intellectuels adultes (qui n’ont pas nécessairement grandi) consiste à traiter d’« idéologue » quelqu’un avec qui ils ne sont pas d’accord. Bien que le mot « idéologue » ait un sens neutre (une personne qui croit très fermement à certains principes), lorsqu’il est utilisé comme épithète, il devient une insulte. Ce mot présume que l’adversaire de celui qui le lance est une personne dogmatique, insensible à la raison, étroite d’esprit et peu encline à reconsidérer ses croyances devant les faits et les preuves.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – la plus célèbre institution bureaucratique de l’ONU sur les changements climatiques – ainsi que ses alliés médiatiques ridiculisent et dénoncent ceux qui ne suivent pas leur ligne officielle en les qualifiant « d’idéologues ». Mais est-il possible que la clique du GIEC comprenne elle-même des idéologues ? Voyons cela de plus près.

Les modèles climatiques et les prévisions erronées

Tout d’abord, examinons les modèles de changement climatique. Il y a là un clivage méthodologique, sinon un schisme idéologique. Le GIEC et les journalistes qui prédisent les catastrophes liées au climat se réfèrent aux modèles informatiques du changement climatique. Je ne connais pas le nombre actuel de ces modèles, mais il y en avait déjà 102 il y a quelques années.

Ces modèles partagent un problème commun : lorsque les scientifiques font des tests rétrospectifs de ces modèles en entrant des données réelles de la situation des dernières décennies, il s’avère que la température réelle de la planète augmente beaucoup moins vite que prévu par ces modèles. (Le modèle qui prédit le moins de réchauffement est un modèle russe dans lequel, comparativement à d’autres modèles, on attribue au CO2 beaucoup moins d’influence sur la température.)

En revanche, les nombreux scientifiques qui contestent depuis des années les prédictions macabres de ces modèles ont été rejoints ces derniers mois par des scientifiques belges, japonais, finlandais, italiens (plus de 90 scientifiques) et néerlandais – plusieurs d’entre eux étaient parmi plus de 500 scientifiques et experts qui ont récemment adressés à l’ONU une lettre affirmant qu’il n’y a pas « d’urgence climatique ». Ils dénoncent les modèles informatiques pour leur caractère arbitraire, la négligence des facteurs critiques et leur flagrante inutilité. Ces scientifiques s’appuient sur les données concrètes – les mesures réelles.

Qui sont alors les « idéologues » – les scientifiques qui citent des preuves et des faits concrets ou les scientifiques qui insistent pour que nous basions nos politiques sur des modèles qui ne sont pas validés par des faits observés ?

En second lieu, examinons les antécédents des prédictions des catastrophes climatiques. De telles prédictions alarmantes se sont produites au cours des 50 dernières années. Des dizaines d’échéances de ces catastrophes supposées se sont écoulées sans que l’une de ces prévisions catastrophiques se réalise.

Un des rapports du GIEC a constaté lui-même sans équivoque que « la prévision à long terme de la situation climatique future n’est pas possible » car « le système climatique est un système chaotique non linéaire couplé ».

Le Competitive Enterprise Institute (Institut de l’entreprise compétitive) a rassemblé plus de 30 reportages sur les cas flagrants de prédictions ratées survenues au cours des dernières années. Cela donne à réfléchir pourquoi « les connaissances scientifiques les plus avancées » ont conduit à des prédictions spectaculairement fausses – des prédictions qui n’étaient même pas proches de la réalité. On n’a qu’à lire, par exemple, l’article de Mark Perry « 18 Spectacularly Wrong Predictions » (18 prédictions spectaculairement fausses). Comme je l’ai déjà écrit, personne n’est un expert du futur.

Alors, une question se pose : qui sont les « idéologues » ? Est-ce ceux qui ont eu tort à maintes reprises de façon spectaculaire, mais qui insistent cette fois-ci sur le fait qu’ils ont tellement raison que quiconque n’est pas d’accord avec leurs conclusions hypothétiques est quelqu’un qui s’oppose à la réalité ? Ou bien sont-ils ceux qui voient le bilan ridiculement désastreux des prédictions écologistes et en concluent qu’un certain scepticisme est bien justifié ?

Une stratégie présélectionnée

Si un « idéologue » est quelqu’un qui poursuit une stratégie présélectionnée sous de faux prétextes, alors on n’a qu’à citer les déclarations de certains faiseurs d’opinion dans le domaine du changement climatique :

Ottmar Edenhofer, haut responsable du GIEC, a déclaré en 2010 : « Il faut se libérer de l’illusion que la politique climatique internationale est une politique environnementale… Il faut dire clairement que nous redistribuons de facto la richesse mondiale par la politique climatique. »

Christine Stewart, ancienne ministre canadienne de l’Environnement, a martelé en 1988 : « Peu importe si la science du réchauffement de la planète est totalement bidon… les changements climatiques donnent la meilleure des occasions pour instaurer la justice et l’égalité dans le monde. »

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a annoncé en 2015 : « Nous nous donnons pour tâche de modifier intentionnellement le modèle de développement économique qui règne depuis au moins 150 ans… »

Saikat Chakrabarti, chef de cabinet de la députée socialiste démocrate américaine Alexandria Ocasio-Cortez, a déclaré en 2019 : « Ce qui est intéressant au sujet du Green New Deal (‘Nouvelle donne verte’ – un titanesque projet d’investissements écologiques aux États-Unis poussé par l’aile écologiste du parti démocrate) est le fait que ce n’était pas du tout une affaire climatique à l’origine… Nous pensons vraiment que c’est une façon de changer toute l’économie. »

Le rapport de mars 2009 sur le projet de Green New Deal mondial de l’ONU indiquait clairement : « Nous ne devons pas rater la chance qui nous est offerte de changer radicalement la trajectoire de la civilisation humaine. »

Malgré la priorité évidente que les principaux acteurs du mouvement du changement climatique accordent aux objectifs politiques et économiques plutôt qu’aux préoccupations scientifiques, leurs médias alliés insistent avec véhémence sur le fait que les « contestataires » doivent non seulement reconnaître la nécessité d’une restructuration fondamentale des économies nationales, mais qu’ils doivent également accepter comme vérité indiscutable les théories et les opinions « scientifiques » non prouvées et adoptées par le GIEC.

Cela sent le totalitarisme.

Ils veulent que tout le monde se soumette aux grands projets tracés par l’élite et récite respectueusement et sans réfléchir leur catéchisme officiel. Ils exigent que nous pensions à ce qu’ils nous disent de penser. Ils nous forcent à avaler la version verte du « Petit livre rouge » de Mao.

En effet, la nature quasi religieuse totalitaire de la ligne officielle du parti du GIEC se manifeste dans le fait qu’il y a déjà un mouvement encourageant les citoyens à « se confesser » de leurs péchés climatiques. Alors, c’est pour quand les procès-spectacles de l’époque de Mao ou de Staline ?

L’idéologie de gauche est la seule explication raisonnable pour laquelle le GIEC critique régulièrement les États-Unis tout en offrant un traitement de faveur à la République populaire de Chine.

Pour comparer, les États-Unis émettent aujourd’hui à peu près la même quantité de CO2 qu’il y a cinq ans et disposent d’une capacité de 107,1 gigawatts des sources d’énergie provenant du charbon (la source qui produit beaucoup de CO2). En même temps, depuis 2011, la Chine a brûlé plus de charbon que le reste du monde entier et planifie actuellement d’augmenter sa propre production énergétique à base de charbon de plus de 20 %, tout en « construisant des centaines de centrales au charbon dans d’autres pays ».

À quel point est-ce ironique – même cynique – que le régime chinois ait eu l’audace de dire, lors du sommet de l’ONU sur les changements climatiques du mois dernier, qu’il a « droit » à un soutien financier pour pouvoir répondre aux changements climatiques ?

Les preuves qu’une idéologie politique de gauche imprègne le mouvement du changement climatique sont abondantes. Si on se fait des illusions au sujet de la possibilité de prédire la situation climatique du futur, alors on peut sûrement prédire que la vie des gens ordinaires s’aggravera radicalement. On laissera les élites politiques accumuler le pouvoir dont elles ont besoin pour restructurer les économies et redéfinir la société humaine.

Les idéologues élitistes avides de pouvoir représentent un danger évident et actuel pour les êtres humains.

Mark Hendrickson, économiste, a récemment pris sa retraite de la faculté du Grove City College, où il est toujours chercheur en politique économique et sociale de l’Institute for Faith and Freedom. Il est l’auteur de plusieurs livres dont The Big Picture : The Science, Politics, and Economics of Climate Change.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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