Changements majeurs en Chine et leur impact sur Hong Kong et le Japon – 4e partie

3 juillet 2015 Mis à jour: 17 octobre 2015

 

Le 18 février 2015, Mme Guo Jun, présidente du bureau d’Epoch Times à Hong Kong, a prononcé un discours concernant l’actualité de la Chine, au Shinjuku Keio Plaza Hotel à Tokyo. Elle y a présenté une analyse détaillée des problèmes clé découlant des changements majeurs que subit actuellement la Chine et de leur impact sur les sociétés japonaise et hongkongaise.

(1ère partie), (2ème partie), et (3ème partie)

 

Le prix de l’immobilier en Chine a grimpé de manière phénoménale ces dix dernières années. Pékin est désormais classé parmi les villes les plus chères de Chine, suivie de Guangzhou et Shenzhen, toutes deux appartenant à la province du Guangdong.

Cette évolution est très intéressante. Guangdong est la première province à avoir appliqué les réformes et les politiques d’ouverture de la Chine, environ 10 ans avant les autres provinces. La province du Guangdong est celle qui compte le plus grand nombre de compagnies étrangères, d’entrepreneurs privés et le volume exporté le plus important.

Shanghai est le centre financier et commercial de la Chine. La ville est située à la pointe sud de l’embouchure du fleuve Yangtze, ce qui lui offre un immense potentiel. Pourtant c’est Pékin qui est classée au plus haut rang des villes chères.

En fait, Pékin compte le plus grand nombre de milliardaires en Chine. Le classement Forbes de 2013 indique que parmi les 400 personnes les plus riches en Chine, 58 vivent à Pékin, 37 à Shanghai et 34 à Shenzhen.

Ces données illustrent la prévalence de l’économie en Chine.

Centré sur le pouvoir

L’activité économique et d’autres activités tournent toutes autour du pouvoir. Pourtant, Pékin reste la ville la plus chère avec le nombre le plus important de personnes riches et de fonctionnaires à la retraite.

Contrôlée par l’Etat

L’économie chinoise est connue pour son marché d’économie socialiste. Cependant, le gouvernement garde un contrôle absolu sur le marché qu’il continue de dominer.

Même après son entrée à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), la Chine a continué à appliquer un contrôle strict sur les activités économiques mais pas sur les tarifs. Pour le système bancaire par exemple, la Chine applique un système d’approbation au niveau des succursales, ce qui signifie que n’importe quelle succursale ouverte par une banque étrangère doit passer par ces procédures d’approbation.

Les gouvernements locaux suivent simplement les directives du gouvernement central. La politique d’exclusion s’applique aussi bien aux entreprises étrangères qu’aux entreprises issues d’autres régions de Chine.

Ce pouvoir absolu du gouvernement dans l’activité économique a conduit à la corruption des fonctionnaires du gouvernement à tous les échelons.

Les Chinois ont un dicton : « Si vous alignez les représentants du gouvernement de tous les échelons et qu’à chaque seconde vous punissez l’un d’entre eux, personne ne se sentira injustement puni mais vous pouvez être sûr qu’il y en aura au moins quelques uns qui, se sentant coupables, quitteront le rang ».

Tourné vers l’exportation

Depuis plus de vingt ans, la force motrice de l’économie chinoise est l’exportation.

Le volume total des exportations et importations du pays en 2012 était de 3.480 milliards d’euros. La même année, le PIB atteignait 7.391 milliards d’euros. Le commerce extérieur représentait 47% du PIB. Aucun autre pays dans le monde n’a une part du commerce extérieur aussi importante.

Les biens importés par la Chine sont essentiellement manufacturés pour en faire des biens à exporter. La majorité des biens exportés par la Chine ont subi un processus bas-de-gamme de transformation, et la plupart des matériaux bruts et des composants sont importés. Donc on peut observer que plus la Chine exporte, plus elle doit importer.

Les investissements de l’Etat

L’économie chinoise a toujours été dominée par les investissements d’Etat qui ont un impact décisif sur l’économie.

En 2009, le gouvernement chinois a injecté 4.000 milliards de yuan (585 milliards d’euros) pour stimuler la croissance économique. Il a à nouveau injecté 4.000 milliards de yuans en 2012.

On prédit que cette année le gouvernement chinois continuera à augmenter les investissements publics pour stimuler la croissance économique.

Faisant partie des programmes d’Etat pour gérer cette crise, l’augmentation considérable des investissements publics peut produire des bénéfices à court-terme mais elle peut engendrer de nouvelles difficultés.

La première est la diminution de l’efficacité de ces investissements. Dans les années 1990, deux yuans investis généraient un yuan mais désormais il faut environ cinq yuan pour générer un yuan.

Le deuxième problème est que cela resserre les fonds du secteur privé. Les investissements du gouvernement chinois (y compris l’émission de la monnaie) profitent généralement aux projets d’Etat et aux entreprises d’Etat, ce qui rend difficile l’obtention de fonds pour le secteur privé.

Les entreprises privées du sud de la Chine se tournent vers des petites banques pour leurs prêts, dont le taux d’intérêt peut atteindre 60%.

Le troisième problème est l’apparition de pressions inflationnistes. La mauvaise utilisation des fonds dans le secteur public accroît souvent la pression sur l’inflation.

La consommation des ménages en berne

Dans la plupart des pays du monde, la consommation des ménages contribue à environ 70% de l’économie du pays. En Chine, elle compte plutôt pour 50% de l’économie et ces dernières années, elle est même descendue sous la barre des 40%.

Ce faible pourcentage est lié à la structure économique de la Chine.

Une des raisons de cette faible part de la consommation des ménages est la grande inégalité des revenus. Les fruits de la croissance économique profitent principalement aux classes les plus aisées.

Si elles gagnent un million d’euros en plus, elles augmenteraient uniquement leur investissement et leurs dépenses dans des produits de luxe. L’accroissement des revenus des ménages permettrait de légères hausses de la consommation, mais l’inégalité flagrante des revenus empêche ce processus.

Un autre facteur est l’absence de sécurité sociale. Les Chinois doivent supporter de lourdes charges financières pour l’éducation de leurs enfants, préparer leur retraite, la santé et le logement dont les tarifs flambent.

Tout cela contribue à réduire la consommation et explique en partie la raison pour laquelle les Chinois ont cette habitude d’épargner.

Le manque d’innovation

Ces vingt dernières années, la croissance économique de la Chine n’a pas apporté beaucoup de changements au secteur industriel. Le niveau technologique actuel en Chine est globalement le même que celui des années 1980, et c’est principalement dû à un manque d’innovation.

La plupart des produits chinois, y compris les soi-disant nouveaux produits industriels, sont des imitations technologiques. Les noyaux technologiques ainsi que des composants fondamentaux sont achetés.

Le meilleur exemple en est l’automobile. Actuellement la Chine peut produire 10 millions de véhicules par an mais elle ne peut pas construire ses propres moteurs.

Presque tous les programmes télévisés à succès en Chine sont des imitations de ce qui se fait aux Etats-Unis ou au Japon. Il existe très peu de création originale ou d’innovation.

Une des raisons à ce manque d’innovation en Chine est l’incapacité de l’Etat à protéger les intérêts des innovateurs. Après avoir été rendues publiques, certaines inventions ou créations en Chine peuvent être copiées en l’espace de quelques mois voire quelques semaines. Le système judiciaire ne peut pas fournir de protection aux innovateurs.

Il y a une autre raison importante derrière cela. Le gouvernement chinois impose un contrôle strict de l’information, de la liberté de parole et de la création artistique.

Il interdit les voix et les idées soi-disant contestataires, ce qui entrave sérieusement l’esprit d’innovation. Une société qui ne peut pas tolérer un quelconque point de vue différent est une société qui ne permet pas la créativité et l’innovation.

Une bulle économique

Le problème de la bulle économique chinoise a été discuté sur la scène internationale comme au niveau national depuis de nombreuses années.

Le principal signe est l’inflation de l’immobilier. La Chine est un pays au développement régional déséquilibré ; le revenu moyen de Shanghai est presque 10 fois plus élevé que celui de la province de Guizhou.

A Pékin, le revenu annuel d’un employé ordinaire est de 50.000 yuan (7.309 €). Il ne peut s’acheter qu’un m² de terrain, situé à 80 km du centre de Pékin, ou 0,5 m² dans la seconde couronne de la banlieue de Pékin.

Certains en plaisantent en faisant remarquer que pour acheter une maison à Pékin, un ouvrier devrait commencer à travailler à l’époque de Kangxi sous la dynastie Qing, alors qu’un paysan devrait commencer (bien avant encore) durant la dynastie Song.

Les tarifs prohibitifs de l’immobilier sont étroitement liés à l’inégalité des revenus et au manque d’investissements sûrs en Chine. La plupart des gens aisés choisiront la pierre comme investissement ; d’ailleurs, ces deux dernières années les médias ont rapporté que certains fonctionnaires possèdent plus d’une centaine de maisons.

Le prix de l’immobilier en Chine a décuplé depuis 2000. Les agences ont surtout tiré parti des secteurs commercial et industriel. Si la bulle immobilière éclate, l’économie chinoise sera impactée de manière flagrante.

Le gouvernement au niveau local est le principal promoteur qui fait grimper les prix de l’immobilier. Les constructions massives de logements et d’infrastructures, tout comme leurs prix élevés, bénéficiera au gouvernement local, grâce au recouvrement des taxes, à la vente des terres et à l’aménagement du territoire.

En Chine, le gouvernement local, les banques et les promoteurs immobiliers forment communément une sorte de « triangle de fer ». Ils achètent la terre à bas prix, voire même ils saisissent le terrain et le logement de gens ordinaires, avant de construire et revendre à un prix beaucoup plus élevé.

Beaucoup de gouvernements locaux comptent plus que tout sur ces revenus territoriaux et immobilier. Dans certaines villes, ils représentent jusqu’à 60% du revenu annuel.

Le gouvernement central n’adoptera pas de politique pour faire baisser les prix de l’immobilier, il arrive même parfois qu’ils adoptent une politique de détente monétaire pour maintenir le marché.

Ces effets accumulés ont conduit à des risques financiers accrus. La conséquence serait une forte inflation ou la faillite des banques.

Puisque les banques chinoises appartiennent à l’Etat, la hausse de l’inflation est inévitable. Depuis l’année dernière, le taux de change entre le yuan et le dollar américain est passé d’une tendance à la hausse à une tendance à la baisse.

Les deux ou trois prochaines années risquent de connaître le plus haut taux de change pour le yuan. Les détenteurs d’importants actifs de yuan devraient prendre leur précaution.

 

Traduit du chinois par Susan Wang.

Version originale : Major Changes in China Will Impact Hong Kong and Japan

 

 

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