Chapitre 12. Le sabotage de l’éducation (1re partie)

Le spectre du communisme n'a pas disparu avec la désintégration du Parti communiste en Europe de l'Est
Par Équipe éditoriale des "Neuf commentaires sur le Parti communiste"
14 avril 2020
Mis à jour: 8 mai 2020

Epoch Times publie, sous forme de série, un nouvel ouvrage, Comment le spectre du communisme dirige le mondetraduit du chinois et écrit par les auteurs des Neuf Commentaires sur le Parti communiste.

 

Table des matières

1. Le spectre du communisme dans les universités occidentales
a. Les facultés universitaires penchent très fortement à gauche
b. Remodeler les universitaires traditionnels avec l’idéologie communiste
c. L’utilisation de nouveaux domaines académiques au service de l’infiltration idéologique
d. La promotion du radicalisme d’extrême gauche
e. Nier les grandes traditions de l’Amérique
f. Lutter contre les classiques de la civilisation occidentale
g. Monopolisation des manuels scolaires et des arts libéraux
h. L’université et la « rééducation » : lavage de cerveau et corruption morale

* * *

Introduction

L’éducation joue un rôle important dans la promotion du bien-être individuel et de l’épanouissement personnel, elle participe au maintien de la stabilité sociale et elle est la garante de l’avenir d’une nation. Aucune grande civilisation dans l’histoire de l’humanité n’a pris l’éducation à la légère.

Le but de l’éducation est de préserver les normes morales et la culture divine de l’humanité. C’est le moyen par lequel les savoirs et les savoir-faire sont transmis, et lequel la sociabilisation entre les gens est assurée.

Traditionnellement, les personnes éduquées respectent le Ciel, croient aux divinités et cherchent à cultiver cette vertu qu’est la bienveillance. Elles ont en elles une connaissance approfondie de la culture traditionnelle et elles maîtrisent un, voire plusieurs métiers. Parce qu’elles sont attachées à leur vocation, elles estiment qu’il faut traiter les autres avec gentillesse. Elles sont les piliers de la société, les élites nationales et les gardiennes de la civilisation. Le caractère extraordinaire de leurs esprits et de leurs actes attire sur eux les faveurs et les bénédictions divines.

Pour détruire l’humanité, le spectre communiste cherche à rompre les liens qui unissent les hommes aux divinités. Détruire entièrement l’éducation traditionnelle en est donc une étape indispensable. Le communisme a adopté différentes stratégies pour attaquer et saper l’éducation en Orient comme en Occident.

Dans les pays asiatiques dont les traditions culturelles sont profondément ancrées, le mensonge à lui seul ne suffirait pas à duper un peuple tout entier. Le communisme a donc systématiquement massacré les élites traditionnelles pour empêcher que la transmission de la culture et de l’héritage dont celles-ci sont porteuses ne se fasse auprès des générations suivantes.

Parallèlement, le communisme a inondé le reste de la population sous une propagande sans fin.

L’histoire et les racines de la culture occidentale étant simples par comparaison, le terrain est fertile pour le communisme, et il peut contaminer subrepticement la société, en subvertissant et en sabotant l’éducation occidentale. En réalité, la corruption de la jeunesse occidentale est bien plus grave que celle de la jeunesse chinoise. Lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, la diffamation de longue date que subissent les candidats conservateurs par le biais des médias grand public, conjuguée à des sondages trompeurs menés avant le vote, en ont abasourdi plus d’un – en particulier chez les jeunes étudiants – quand le résultat réel de l’élection a été annoncé.

Après la victoire de Donald Trump, un phénomène grotesque s’est développé dans les universités américaines. À cause du résultat de l’élection, certains étudiants se sont sentis tétanisés, au bout du rouleau, ou en proie à un gros traumatisme émotionnel, au point de demander à ce que les cours soient annulés et que les examens soient reportés. Afin de soulager les étudiants de leur stress et de leurs angoisses, il est arrivé que certaines grandes écoles proposent des activités thérapeutiques diverses. Ils pouvaient par exemple faire des activités de pâte à modeler ou de Lego, faire du coloriage ou des bulles de savon. Certains établissements scolaires ont même mis des chiens et des chats à leur disposition pour que leurs étudiants y trouvent du réconfort. De nombreuses universités ont mis des cellules psychologiques à la disposition des étudiants, ainsi que des groupes de soutien et des structures qu’elles ont appelés « rétablissement post-électoral » ou « soutien post-électoral ». [1]

L’absurdité d’une situation dans laquelle un processus démocratique normal devient plus terrifiant qu’une catastrophe naturelle ou qu’une attaque terroriste montre à quel point l’échec du système éducatif américain est grand. Les étudiants, censés être mûrs et rationnels, deviennent récalcitrants et infantiles une fois confrontés au changement et à l’adversité.

La faillite totale de l’éducation américaine est l’une des choses les plus affligeantes qui soient arrivées au pays au cours des dernières décennies. C’est le signe que la mission du communisme d’infiltrer et de corrompre la société occidentale a réussi.
Ce chapitre prend principalement l’exemple des États-Unis quand il démontre à quel point l’éducation dans les sociétés libres a été sabotée par le communisme. Les lecteurs peuvent appliquer la même logique pour évaluer le degré avec lequel l’éducation d’autres pays est également touchée.

L’infiltration communiste de l’éducation américaine se manifeste dans au moins cinq domaines.

En promouvant directement l’idéologie communiste auprès des jeunes. L’idéologie communiste s’est progressivement emparée du monde universitaire occidental, s’infiltrant dans des domaines d’études traditionnels importants et concoctant quelques nouvelles sciences, entièrement acquises à son influence idéologique. La littérature, l’histoire, la philosophie, les sciences sociales, l’anthropologie, le droit, le multimédia et d’autres secteurs ont été envahis par des théories qui viennent toutes du marxisme. Le « politiquement correct » est devenu la ligne à suivre quand on cherche à censurer la liberté de pensée sur les campus.

En limitant l’exposition des jeunes générations à la culture traditionnelle. La culture traditionnelle, la pensée orthodoxe, l’histoire authentique et la littérature classique sont calomniées et marginalisées de diverses et nombreuses façons.

En abaissant le niveau des normes scolaires dès la maternelle et l’école primaire. Parce que le niveau d’enseignement a progressivement été tiré vers le bas, les élèves de la nouvelle génération savent de moins en moins maîtriser le langage et les mathématiques. Ils possèdent moins de connaissances et leur capacité de réflexion critique s’est entravée. Il est difficile pour ces élèves de traiter de manière logique et directe des questions clés concernant la vie et la société, et il est encore plus difficile pour eux de déceler les subterfuges du communisme.

En endoctrinant les jeunes élèves dans des choses déviantes. Au fur et à mesure que ces enfants grandissent, les concepts qui leur sont inculqués deviennent si forts qu’ils sont presque impossibles à identifier et à corriger.

En alimentant l’égoïsme, l’appât du gain et le laisser-aller des élèves. Il s’agit notamment de les conditionner à s’opposer à l’autorité et à la tradition, de gonfler leur ego et le sentiment qu’ils ont des droits, de réduire leur capacité à comprendre et à tolérer des opinions divergentes, et de négliger leur croissance psychologique.

Le communisme a atteint ses objectifs dans presque l’intégralité des cinq domaines. Le courant idéologique d’extrême gauche est dominant dans les universités américaines. Les professeurs ayant des idées autres sont soit marginalisés dans leurs fonctions d’enseignement, soit empêchés d’exprimer les points de vue traditionnels qui sont les leurs.

Quatre années d’endoctrinement intensif prédisposent ceux qui sortent des universités au libéralisme sociétal et au progressisme. Ils vont très probablement accepter l’athéisme, la théorie de l’évolution et le matérialisme sans y réfléchir à deux fois. Ils deviennent des « snowflakes » (des flocons de neige) à l’esprit étroit, dénués de bon sens et menant une vie hédoniste hors de toute responsabilité individuelle quant au résultat de leurs actions. Ils manquent de connaissances, ont une vision restreinte du monde, savent très peu voire rien de l’histoire de l’Amérique ou du monde et sont devenus la cible principale du mensonge communiste.

Aux yeux du monde, les États-Unis sont encore un pays-phare en matière d’éducation. Depuis plus d’un siècle, les États-Unis sont une superpuissance politique, économique et militaire. Les fonds consacrés à l’éducation dépassent de loin ceux de la plupart des pays. Après la Seconde Guerre mondiale, la démocratie et la prospérité américaines ont attiré des gens talentueux du monde entier. Ses programmes d’études supérieures et ses écoles professionnelles en STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont inégalés.

Cependant, une crise se déroule de l’intérieur. La proportion d’étudiants étrangers inscrits à des programmes d’études supérieures en STEM dépasse de loin celle des étudiants américains, et l’écart s’accroît d’année en année. [2] C’est le reflet de l’érosion de l’éducation primaire, secondaire et supérieure aux États-Unis. Les élèves sont délibérément tirés vers le bas et sabordés. Les conséquences se déroulent sous nos yeux et ce n’est que le début.

Un transfuge du KGB, Yuri Bezmenov, présenté au chapitre 5, a décrit au début des années 1980 à quel point l’infiltration idéologique communiste en Amérique était presque terminée : « Même si vous commencez dès maintenant, tout de suite, à éduquer une nouvelle génération d’Américains, il vous faudra encore 15 à 20 ans pour que la perception idéologique de la réalité revienne à la normale. … » [3]

Plus de 30 ans se sont écoulés depuis l’interview de Bezmenov. Durant toute cette période, alors même que nous assistions à la chute de l’Union soviétique et des autres régimes socialistes en Europe de l’Est, l’infiltration et la subversion communiste en Occident ne se sont jamais arrêtées. Les éléments communistes en Occident ont fait de l’éducation leur cible principale. Ils ont pris contrôle de l’institution à tous les niveaux, étendant leurs théories malhonnêtes jusqu’au monde de l’éducation, de la pédagogie et de la parentalité.

Il faut ajouter que quasiment tout le monde, en particulier ceux qui sont allés à l’université à partir des années 1960, a été en contact avec les influences communistes. Les sciences humaines et sociales sont les plus touchées. Seuls quelques individus ont entrepris de promouvoir intentionnellement l’idéologie communiste, mais la majorité des gens impliqués dans ces domaines a été endoctrinée sans le savoir. Ci-dessous, nous dressons la liste des objectifs communistes, afin que les gens puissent les identifier et s’en tenir à distance.

1. Le spectre du communisme dans les universités occidentales

a. Les facultés universitaires penchent très fortement à gauche

L’une des principales raisons qui expliquent que les étudiants embrassent l’idéologie socialiste ou communiste, ou soient influencés par les idéologies radicales du féminisme et de l’environnementalisme (dont il sera question plus loin dans cet ouvrage), tient au fait qu’une partie importante du personnel des universités américaines penchent fortement à gauche.

Dans une étude de 2007 intitulée « Points de vue sociétaux et politiques des professeurs américains », parmi les 1 417 professeurs d’université interrogés, et qui sont en poste fixe, 44,1 % se considéraient comme progressistes de gauche, 46,1 % modérés et seulement 9,2 % conservateurs. Dans ces chiffres, la proportion des conservateurs au sein d’universités locales était légèrement plus élevée (19 %) et celle des progressistes légèrement plus faible (37,1 %). Dans les écoles d’art, 61 % des professeurs étaient progressistes, alors que les conservateurs ne représentaient que 3,9 %. L’étude fait également remarquer que les membres du corps professoral bientôt en âge de partir à la retraite étaient résolument plus à gauche que les nouveaux arrivants. Dans le groupe des 50-64 ans, 17,2 % se définissaient comme militants de gauche. L’étude indique également que la plupart des professeurs d’université sont en faveur de droits spécifiques pour les homosexuels et défendent l’avortement. [4]

Des études effectuées à partir de 2007 confirment également l’affiliation d’extrême gauche des professeurs d’universités américaines dont les cursus durent généralement quatre ans. Une étude publiée dans la revue semestrielle en ligne Econ Journal Watch en 2016 sur les affiliations politiques des professeurs de quarante grandes universités américaines, tous inscrits sur listes électorales, et tous enseignants dans les départements d’histoire ou de sciences sociales, a démontré que parmi les 7 243 professeurs interrogés, 3 623 se sont déclarés démocrates et 314 républicains, soit un ratio de 11,5 pour 1. Parmi les cinq départements sondés, celui d’histoire était le plus inégal, avec un ratio de 35-1. Comparons cela à une enquête similaire de 1968 : Parmi les professeurs d’histoire de l’époque, le ratio démocrate / républicain était de 2,7 pour 1. [5]

Une autre enquête effectuée en 2016, toujours centrée sur ces universités aux cursus de quatre ans, a révélé que la balance politique des facultés était inégale, et notamment dans le nord-est du pays, la Nouvelle-Angleterre. D’après les données de 2014, le ratio de professeurs progressistes et conservateurs dans les collèges et les universités à l’échelle nationale était de 6 contre 1. En Nouvelle-Angleterre, ce ratio était de 28 contre 1. [6] Une étude réalisée en 2016 par le centre de recherche américain Pew Research Center a révélé que 31 % des personnes ayant fait des études supérieures défendaient des opinions progressistes, 23 % avaient tendance à se définir comme progressistes, alors que seulement 10% avançaient des opinions conservatrices et 17 % avaient tendance à se définir comme conservateurs. L’étude a révélé que depuis 1994, le nombre de personnes ayant reçu une éducation de deuxième cycle défendent des idées nettement plus marquées à gauche. [7]

Des professeurs universitaires réunis lors d’un séminaire de l’American Enterprise Institute en 2016 ont déclaré que près de 18 % des chercheurs en sciences sociales aux États-Unis se déclarent marxistes, contre seulement 5 % se déclarant conservateurs. [8]

Le sénateur Ted Cruz a parlé de la faculté de droit de la prestigieuse école qu’il a fréquentée. « Il y avait plus de communistes déclarés [à la faculté] que de républicains », a-t-il dit. « Si vous leur aviez demandé si selon eux cette nation devrait devenir une nation socialiste, 80 % des professeurs auraient voté oui et 10 % auraient pensé que c’était encore trop conservateur. » [9]

Le communisme a commencé son infiltration de l’éducation américaine dès son enracinement aux États-Unis. Depuis le début du XXe siècle, de nombreux intellectuels américains ont accepté les idées communistes ou la variante socialiste fabienne. [10]

Le mouvement de la contre-culture des années 1960 a produit un grand nombre de jeunes étudiants opposés à la tradition. Dans leurs années de formation, ils ont été fortement influencés par le marxisme culturel et la théorie de l’école de Francfort. En 1973, après le retrait des troupes américaines à l’issue de la guerre du Vietnam sous la présidence Nixon, les groupes d’étudiants associés au mouvement anti-guerre ont commencé à se fondre dans l’obscurité, car la principale raison de manifester avait disparu. Mais le radicalisme engendré par ces grands mouvements étudiants n’avait pas disparu.

Les étudiants radicaux ont suivi des études supérieures dans les domaines sociaux et culturels – le journalisme, la littérature, la philosophie, la sociologie, l’éducation, les études culturelles, etc. Après avoir obtenu leur diplôme, ils ont commencé leur carrière dans les institutions les plus influentes de la société et de la culture, comme les universités, les médias, les agences gouvernementales et les organisations non gouvernementales. Ce qui les motivait à l’époque, c’était principalement la théorie de la « longue marche à travers les institutions » avancée par le marxiste italien Antonio Gramsci. Cette « longue marche » a pour but de modifier les traditions les plus importantes de la civilisation occidentale.

Le philosophe de l’école de Francfort Herbert Marcuse était considéré comme un « parrain spirituel » par les étudiants occidentaux rebelles. En 1974, il affirme que la nouvelle gauche n’est pas morte, mais qu’elle « ressuscitera dans les universités »[11] En fait, la nouvelle gauche n’a pas seulement réussi à survivre : sa longue marche à travers les institutions a été un succès colossal. Comme l’écrit un professeur radical :

« Après la guerre du Vietnam, beaucoup d’entre nous ne se sont pas contentés de retourner gentiment dans nos tanières littéraires ; nous nous sommes retrouvés à des postes universitaires. Avec la fin de la guerre, notre visibilité ayant été perdue, il a semblé pendant un certain temps (pour qui n’était pas attentif) que nous avions disparu. En réalité, maintenant nous sommes titularisés, et le travail de refonte des universités a commencé pour de bon. » [12]

Le terme « radicaux permanents » a été inventé par Roger Kimball dans son livre du même nom, publié en 1989. Le terme fait référence aux étudiants radicaux qui ont été actifs dans les mouvements des années 1960, anti-guerre, pour la défense des droits civiques et du féminisme, et qui ont ensuite intégré les universités comme enseignants dans les années 1980 puis y ont obtenu un poste fixe. De là, ils ont inculqué leur système de valeurs politiques aux étudiants et ont créé une nouvelle génération de radicaux. Certains de ces nouveaux radicaux sont devenus chefs de département ou doyens. Le but de leurs travaux scientifiques n’est pas d’explorer la vérité, mais d’utiliser l’université comme un outil pour saper la civilisation et les traditions occidentales. Ils visent à subvertir la société en général et le système politique en particulier en produisant plus de révolutionnaires à leur image.

Une fois titulaires, les professeurs peuvent participer à divers comités et avoir leur mot à dire dans le recrutement de nouveaux membres du corps professoral, l’établissement de normes universitaires, le choix des sujets de thèse et l’orientation de la recherche. Ils ont de multiples occasions d’utiliser leur pouvoir et exclure des candidats qui ne se conforment pas à leur idéologie. C’est pour cette raison que les personnes plus traditionnelles qui enseignent et qui font de la recherche selon des concepts traditionnels sont de plus en plus marginalisées. Au fur et à mesure que les professeurs de la génération plus âgée prennent leur retraite, ceux qui les remplacent sont pour la plupart des universitaires de gauche qui ont été endoctrinés par les idées communistes.

Gramsci, qui a inventé « la longue marche à travers les institutions », a divisé les intellectuels en deux camps : les intellectuels traditionnels et les intellectuels organiques. Les premiers sont l’épine dorsale du maintien de la culture traditionnelle et de l’ordre social, tandis que les intellectuels organiques, appartenant aux classes ou aux groupes émergents, jouent un rôle créatif en œuvrant à l’instauration d’une hégémonie intellectuelle au sein de leurs classes ou de leurs groupes. [13] Le « prolétariat » utilise des intellectuels organiques pour s’emparer de l’hégémonie culturelle et en définitive politique.

Beaucoup de radicaux permanents se sont définis comme des « intellectuels organiques » opposés au système actuel. Comme Gramsci, ils suivent l’axiome marxiste selon lequel « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières. Cependant, le but est de le changer ». [14]

De cette façon, l’éducation, selon l’extrême gauche, ne consiste pas à transmettre l’essence de la connaissance et de la civilisation humaine, mais à préparer les étudiants à une politique radicale, à un activisme social et à une « justice sociale ». Après l’obtention de leur diplôme et leur entrée dans la société, ils expriment leur mécontentement à l’égard du système actuel en se rebellant contre la culture traditionnelle et en appelant à une révolution destructrice.

b. Remodeler les universitaires traditionnels avec l’idéologie communiste

Le marxisme-léninisme est l’idéologie directrice au cœur de toutes les matières enseignées dans les pays communistes, tandis qu’en Occident, c’est la liberté académique qui prévaut. Mis à part les normes morales et académiques incontournables, il ne devrait y avoir aucun parti pris en faveur de telle ou telle tendance intellectuelle en particulier. Mais depuis les années 1930, le socialisme, le communisme, le marxisme et l’école de Francfort sont entrés en force dans les universités américaines, et cela a profondément modifié les sciences humaines et sociales.

Le discours révolutionnaire a pris d’assaut les sciences humaines aux États-Unis

Dans son livre The Victims’ Revolution : The Rise of Identity Studies and the Closing of the Liberal Mind (La Révolution des victimes : L’émergence des études sur l’identité et la fermeture d’esprit des libéraux), Bruce Bawer demande à l’historien de l’université de Pennsylvanie, Alan Charles Kors, quels sont selon lui les trois personnes ayant eu le plus d’influence sur les mentalités aux États-Unis. Sans presque aucune hésitation, il cite trois livres : Les Cahiers de Prison d’Antonio Gramsci, Pédagogie des opprimés de Paulo Freire et Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon. [15] Gramsci, un marxiste italien, n’a plus besoin d’être présenté, car son travail a déjà été décrit dans les chapitres précédents. Freire, un théoricien de l’éducation brésilien, admirateur de Lénine, Mao, Castro et de Che Guevara, publie sa Pédagogie des opprimés en 1968, réimprimée en anglais deux ans plus tard, et qui fait désormais partie des lectures obligatoires au sein des instituts universitaires américains.

Bawer rapporte les propos du pédagogue Sol Stern à ce sujet : Pédagogie des opprimés ne cherche pas à résoudre des problèmes éducatifs spécifiques, mais se présente comme « un tract politique utopiste qui appelle au renversement de l’hégémonie capitaliste et à la création de sociétés sans classes »[16] Le travail de Freire ne fait que reprendre certains aspects de ce développement, à savoir qu’il n’y aurait que deux sortes de personnes dans le monde : l’oppresseur et l’opprimé. Les opprimés doivent donc rejeter leur éducation, prendre conscience de leur misérable situation et se révolter.

Fanon, né en Martinique, s’est engagé dans la guerre d’Algérie contre la domination coloniale française. Son œuvre Les Damnées de la Terre a été publiée en 1961 avec une préface de Jean-Paul Sartre, existentialiste et communiste français. Sartre résume ainsi sa théorie : les colonisateurs occidentaux sont l’incarnation du mal, tandis que les non-occidentaux sont intrinsèquement nobles parce qu’ils sont colonisés et exploités.

Fanon a appelé les habitants des colonies à se révolter contre la classe dirigeante coloniale, et à faire de la violence leur point de ralliement. Il affirmait qu’entre les individus, la violence était une force purificatrice. « Elle libère l’indigène de son complexe d’infériorité, de son désespoir et de son inaction ; elle le rend intrépide et lui redonne confiance en lui. » [17]

En embrassant les idées de Fanon, Sartre écrit dans la préface du livre : « Car en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. » [18]

Les idées de Gramsci, Freire et Fanon ne dépassent pas le stade des récits trompeurs, incitant les gens à considérer l’histoire et la société sous l’angle de la lutte des classes. Une fois que l’étincelle de la haine de classe entre dans leur cœur, les étudiants apprennent à s’indigner et à s’opposer à la structure et au fonctionnement normal de la société, avec la rébellion et la révolution comme seul horizon possible.

La question de savoir quel théoricien ou quelle école de pensée a eu le plus d’influence sur les sciences humaines et sociales au sein des universités américaines continue de faire débat. Ce qui est sûr, cependant, c’est que le marxisme, l’école de Francfort, la théorie freudienne et le postmodernisme, en ayant travaillé aux côtés du communisme pour détruire la culture et la morale, en sont venus à dominer le secteur.

Le monde universitaire imprégné par la théorie communiste

Depuis les années 1960, la recherche littéraire aux États-Unis a connu un changement de paradigme fondamental dans ses divers sous-domaines, notamment la littérature anglaise, française ou comparative. Traditionnellement, les critiques littéraires évaluaient les valeurs morales et esthétiques des œuvres classiques, la littérature étant pour eux un moyen considérable d’élargir les horizons des lecteurs, de développer leur caractère moral et de cultiver le goût de la recherche intellectuelle. Par définition, la théorie littéraire académique, parce qu’elle aide à sa compréhension et à son interprétation, vient après la littérature elle-même.
Traversées par les courants des théories nouvelles en philosophie, en psychologie et au niveau culturel, divers types de théories littéraires sont à leur tour apparues dans la communauté universitaire, au plus fort du mouvement de la contre-culture dans les années 1960. La relation entre la théorie et la littérature a été inversée à mesure que les œuvres existantes étaient réduites à du simple matériel propre à valider les approches interprétatives modernes. [19]

Quelle est la teneur de ces théories ? Parce qu’elles évoluent de concert, la philosophie, la psychologie, la sociologie et la psychanalyse mettent à mal les disciplines académiques traditionnelles, en décrivant la société et la culture de façon biaisée. Comme le dit le théoricien littéraire Jonathan Culler : « La théorie est souvent une critique pugnace des notions de bon sens, et plus encore, une tentative de montrer que ce que nous tenons pour acquis en tant que ‘bon sens’ est, en fait, une construction historique, une théorie particulière qui nous semble si naturelle que nous ne la voyons même pas comme une théorie. » [20]

En d’autres termes, les théories académiques modernes déprécient, inversent et détruisent les conceptions du bien et du mal, du bon et du mauvais, du beau et du laid qui proviennent de la famille traditionnelle, de la foi religieuse, de l’éthique, et les remplacent par un système sinistre dépourvu de valeurs positives.

Une fois qu’on leur enlève leur vernis académique de complexité, ces soi-disant théories ne sont rien d’autre qu’un fourre-tout de marxisme classique et de néo-marxisme, de théories issues de l’école de Francfort, de psychanalyse, de déconstructionnisme, de post-structuralisme ou de postmodernisme. À elles seules, elles forment un axe qui vise à détruire les fondements de la civilisation humaine et servent de camouflage au communisme qui s’infiltre dans les universités occidentales. Depuis les années 1960, le communisme a fait des percées rapides dans des domaines tel que la littérature, l’histoire et la philosophie, et a assis sa domination sur les sciences humaines et sociales.

Le terme de « théorie », comme il a été dit plus haut, veut dire plus ou moins la même chose que « théorie critique ». Ses permutations incluent les nouvelles études critiques du droit, de la race, du genre, de la société, de la science, de la médecine et d’autres domaines semblables. Son omniprésence atteste du succès et de l’expansion du communisme dans les domaines académiques et éducatifs, corrompant la jeunesse par une pensée dévoyée et ouvrant la voie à la destruction finale de l’humanité.

La politisation de la recherche littéraire

Du point de vue d’un critique littéraire marxiste, la signification d’un texte littéraire ne réside pas dans sa valeur intrinsèque, mais plutôt dans la façon dont celui-ci reflète l’idéologie de la classe dirigeante (en termes de sexe ou de race, par exemple). Selon ce point de vue, ils disent que les œuvres classiques n’ont aucune valeur intrinsèque. Un éminent théoricien littéraire marxiste américain a déclaré ouvertement que la « perspective politique » constitue « l’horizon absolu de toute lecture et de toute interprétation ». C’est-à-dire que toutes les œuvres littéraires devraient être traitées comme des allégories politiques, et ce n’est que lorsque le sens profond de l’oppression de classe, ou de race, du genre ou du sexe est mis à jour, que l’on peut considérer la compréhension d’un lecteur comme étant profonde ou valable. [21]

Les gens dans les pays communistes sont familiers de ce genre de critique littéraire dogmatique. Le dirigeant communiste chinois Mao Zedong a évalué Le Rêve dans le pavillon rouge, l’un des quatre grands classiques chinois, comme suit : « Quatre familles, une lutte de classe acharnée et quelques dizaines de vies humaines. »

Dans les pays communistes, le discours littéraire ne se confine pas toujours à des débats civilisés et sophistiqués, comme ceux que l’on tiendrait dans une tour d’ivoire. Il peut parfois en jaillir une impulsion de lutte sanglante.

En réponse à l’appel de Mao Zedong qui demandait que le peuple apprenne de l’honnêteté et de la droiture de Hai Rui, un fonctionnaire de la dynastie des Mings, l’historien Wu Han écrivit une pièce de théâtre qu’il appela La Destitution de Hai Rui. Le 10 novembre 1965, le journal Wen Hui Bao à Shanghai publiait une critique de la pièce. Cette critique littéraire, rédigée par Yao Wenyuan et planifiée conjointement par la quatrième épouse de Mao, Jiang Qing, et le théoricien radical Zhang Chunqiao, présentait Hai Rui destitué de ses fonctions comme une étant une référence à Peng Dehuai, un général de l’Armée populaire de libération du peuple, purgé pour s’être opposé aux « Trois drapeaux rouges », les trois politiques défendues par le Parti communiste : la Ligne générale pour la construction socialiste, le Grand bond en avant, et les Communes du peuple ; ces trois mêmes politiques qui ont conduit à la Grande Famine chinoise. Cette critique littéraire de La Destitution de Hai Rui a servi d’étincelle à la brutalité de la Révolution culturelle, qui a duré pendant une décennie.

L’approche grossière adoptée par les communistes chinois pour interpréter l’intégralité des œuvres littéraires en termes de lutte des classes est différente de la critique littéraire beaucoup plus subtile que l’on trouve dans les universités occidentales depuis quelques décennies.

La critique littéraire du néo-marxisme occidental est comme un virus qui devient toujours plus fort et plus mortel à force de constamment muter. Il adapte d’autres théories pour s’en faire des armes, disséquant et malmenant les grandes œuvres de la culture humaine pour les remodeler —des classiques de la Grèce et de Roma à Dante, en passant par Shakespeare et les romans victoriens. Bien que ce type de commentaire utilise un jargon obscur pour se créer un vernis de sophistication, ses principaux arguments se résument typiquement à des accusations de préjugés contre les classes défavorisées, contre les femmes ou les minorités ethniques.

Les critiques modernes dénoncent ces grandes œuvres comme étant celles de la superstructure des classes dirigeantes, et selon eux, elles endorment les masses, leur fait oublier l’oppression dont elles sont victimes, et les empêchent d’atteindre une conscience de classe révolutionnaire. Selon les termes de l’universitaire anglais Roger Scruton, « Les méthodes des nouvelles théories littéraires sont en réalité des armes de subversion : elles cherchent à détruire l’éducation humaniste de l’intérieur, à rompre la chaîne affective qui nous relie à notre culture. » [22]

La théorie marxiste de l’idéologie

« L’idéologie » est un concept fondamental dans l’enseignement des arts libéraux de type marxiste. Marx considérait la moralité, la religion et la métaphysique comme des idéologies. Il estimait que l’idéologie dominante dans une société de classe était l’idéologie de cette classe dirigeante, dont les valeurs ne reflétaient pas la réalité telle qu’elle existait, mais l’inverse de cette réalité. [23]

Le néo-marxisme du XXe siècle a fait de la destruction de la culture une étape nécessaire à la révolution et fait fréquemment référence à la notion d’idéologie dans ses textes. Le marxiste hongrois Georg Lukács a défini le concept d’idéologie comme la « fausse conscience » par opposition à la véritable « conscience de classe ». Le marxiste français Louis Althusser a proposé le concept « d’appareils idéologiques d’État », qui comprennent la religion, l’éducation, la famille, le droit, la politique, les syndicats, la communication, la culture, et ainsi de suite, qui fonctionneraient conjointement avec un appareil d’État brutal.

Un sophisme sournois se cache dans le concept d’idéologie. Chaque société ou système a ses lacunes qui nécessitent d’être identifiées et corrigées. Cependant, Althusser et les autres marxistes ne s’occupent pas de ces problèmes spécifiques. Au contraire, ils rejettent le système dans son intégralité au seul motif qu’il est une structure mise en place et maintenue par la classe dirigeante pour préserver ses intérêts.

Le choix d’empoisonner le puits s’inscrit dans la fixation marxiste à l’encontre de l’idéologie, et se retrouve dans la critique compliquée qu’en fait Althusser. Au lieu d’examiner les mérites factuels d’un argument, l’approche idéologique consiste à accuser ses opposants d’avoir des motifs cachés ou de venir du mauvais milieu social. Tout comme personne ne peut boire l’eau d’un puits empoisonné, accabler une personne de rumeurs et autres formes de diffamation rend son opinion inacceptable pour le public, aussi raisonnable ou logique soit son opinion.

Ce concept avancé par Althusser d’« appareil idéologique d’État », qui sert à tout englober, reflète le mépris extrême du communisme pour la société humaine : rien n’est acceptable, et tout repose sur le rejet absolu et la destruction totale. C’est une manifestation de la volonté du communisme d’éradiquer la culture humaine.

Le concept marxiste d’idéologie repose sur des propositions qui sont fausses, abstraites, généralisatrices et superflues, et dont le but est de purger les valeurs morales traditionnelles. En dissimulant leurs intentions réelles derrière l’expression d’une prétendue indignation morale, les marxistes ont trompé et influencé un grand nombre de personnes.

Le marxisme postmoderne

Dans le sillage des années 1960, un groupe de philosophes français a créé ce qui est rapidement devenu l’arme idéologique la plus redoutable du marxisme et du communisme auprès de la communauté universitaire américaine. Parmi eux, Jacques Derrida et Michel Foucault en sont représentatifs, et des données récentes permettent de se faire une idée de l’influence qu’ils exercent aujourd’hui. En 2007, Foucault a été l’auteur le plus cité en sciences humaines, avec 2 521 citations. Derrida s’est classé troisième, avec 1 874 citations. [24] On a pu faire des observations très parlantes sur les relations qu’entretiennent le postmodernisme et le marxisme. [25] Il nous semble approprié de les désigner collectivement sous le nom de marxisme postmoderne.

Le fait que le langage se compose de différentes couches de sens qui prêtent ambiguïté, et qu’un texte puisse avoir différentes interprétations, est connu de tous depuis au moins l’époque des Grecs anciens et de la Chine pré-impériale.

La théorie du déconstructionnisme de Derrida est une tromperie bien ficelée, combinant athéisme et relativisme, qui surjoue l’ambiguïté du langage et prétend décomposer des textes, même quand leur sens est clair et bien défini.

Contrairement à l’athéisme conventionnel, Derrida exprime ses convictions dans le langage des philosophes. Par conséquent, ses points de vue sont non seulement destructeurs de l’idée de Dieu, mais ils le sont aussi pour des concepts tels que la rationalité, l’autorité ou le sens, et le lien qu’ils entretiennent avec les croyances traditionnelles, car les théoriciens adeptes de Derrida se lancent dans leur propre déconstruction de ces termes. Après avoir trompé beaucoup de gens en se donnant l’apparence d’une profondeur intellectuelle, la théorie déconstructiviste s’est répandue dans toutes les sciences humaines et est devenue une des armes les plus puissantes du communisme dans sa marche destructrice contre la foi, la tradition, et la culture.

Michel Foucault a, à un moment, été membre du Parti communiste français. L’essence de sa théorie tourne autour de la notion d’absence de vérité, et du fait que seul le pouvoir serait réel. Puisque le pouvoir monopolise le droit d’interpréter la vérité, tout ce qui prétend être vrai est hypocrite et peu fiable. Dans son livre Surveiller et punir, Foucault pose la question suivante : « Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ? » [26] En assimilant les institutions indispensables de la société aux prisons et en appelant les gens à renverser ces « prisons », Foucault met à nu le caractère antisocial de sa théorie.

Avec le déconstructionnisme comme arme, ou la théorie de Foucault ou d’autres théories critiques similaires, les chercheurs ont stigmatisé la tradition et la morale en relativisant tout ce qui pouvait l’être. Ils se nourrissent d’axiomes comme « interpréter c’est mésinterpréter », « il n’y a pas de vérité, seulement des interprétations » ou bien « il n’y a pas de faits, seulement des interprétations ». Ils ont relativisé la compréhension de concepts de base tels que la vérité, la gentillesse, la beauté, la justice, pour les jeter au rebus.

Les jeunes étudiants qui entrent dans les facultés d’arts libéraux (littérature, histoire, humanités) n’osent pas remettre en question l’autorité de leurs professeurs. Rester lucide sous le bombardement idéologique permanent qui s’ensuit devient encore plus difficile. Une fois orienté vers l’étude de la théorie marxiste postmoderne, il est difficile de les amener à penser autrement. C’est l’un des principaux moyens par lesquels l’idéologie communiste a pu s’immiscer dans les sciences humaines et sociales.

c. L’utilisation de nouveaux domaines académiques au service de l’infiltration idéologique

Dans une société saine, les études qui portent sur l’identité féminine ou la recherche axée sur les différentes cultures reflètent la prospérité de la communauté académique, mais à la suite du mouvement de la contre-culture dans les années 1960, certains radicaux ont utilisé ces nouvelles disciplines académiques pour diffuser leurs idées d’extrême gauche dans les universités et les instituts de recherche. Par exemple, certains intellectuels estiment que la création de départements dédiés aux études afro-américaines n’est pas tant le résultat d’une demande propre et interne à ces départements académiques que le résultat d’un chantage politique. [27]

En 1968, une grève étudiante a forcé l’université d’État de San Francisco à fermer ses portes. Sous la pression de l’Union des étudiants noirs, l’université a créé le département d’études africaines, le premier du genre aux États-Unis. Le département avait pour fonction première de soutenir les étudiants afro et caraïbo-américains, et il en est né une science afro-américaine spécifique. Les réalisations des scientifiques afro et caraïbo-américains ont été mises au premier plan, et les documents pédagogiques ont été transformés pour qu’ils fassent une plus grande place aux Afro-Américains. Les mathématiques, la littérature, l’histoire, la philosophie et les autres matières ont subi des modifications similaires.

En octobre 1968, 20 membres de l’Union des étudiants afro et caraïbo-américains ont fait fermer un autre campus de l’université de Californie à Santa Barbara en occupant le centre informatique de l’école. Un an plus tard, l’école créait le département des études afro-américaines ainsi que le Centre de recherche afro-américain.

En avril 1969, plus d’une centaine d’étudiants afro et caraïbo-américains de l’université de Cornell ont occupé le bâtiment administratif de l’école en brandissant des fusils de chasse et des munitions pour exiger la création d’un département de recherche afro-américain employant uniquement des afro et caraïbo-américains. Lorsqu’un enseignant a tenté de les arrêter, un leader étudiant a menacé l’université de Cornell, en disant qu’il ne lui restait plus « que trois heures à vivre ». L’université de Cornell a fini par céder aux étudiants afro et caraïbo-américains et a établi le troisième département de recherche afro et caraïbo-américain du pays. [28]

Shelby Steele, qui sera nommé plus tard au grade supérieur de chercheur à la Hoover Institution de l’université de Stanford, était autrefois un partisan de la création de ces départements de recherche afro et caraïbo-américains au sein des universités. Il affirme que les dirigeants universitaires avaient un tel sentiment de « culpabilité blanche » qu’ils étaient prêts à accéder à toutes les demandes des représentants des associations d’étudiants afro et caraïbo-américains. [29] En même temps, les études sur les femmes, les études latino-américaines, les études gays et autres ont fait leur entrée dans les universités américaines et sont désormais omniprésentes.

La prémisse de base des études sur les femmes est d’affirmer que les différences entre les sexes ne résultent pas de différences biologiques, mais ne sont que des constructions sociales. En raison de la prétendue répression de longue date des femmes par les hommes, ou le patriarcat, la mission des études sur les femmes est de réveiller la conscience sociale de celles-ci et de faire naître un vaste changement social, et une révolution qui s’inscrirait dans cette perspective.

Un professeur féministe de l’université de Californie à Santa Cruz, qui a grandi dans une famille communiste célèbre, expose fièrement son pedigree communiste et militante lesbienne. Depuis les années 1980, elle enseigne le féminisme et considère son orientation sexuelle comme une sorte de mode de vie propre à éveiller la conscience politique des gens. C’est un ami communiste qui l’a motivé à devenir professeur, arguant que c’était sa mission. [30]

Dans une déclaration publique, elle dit que « l’enseignement est devenu pour [elle] une forme d’activisme politique ». Elle est la fondatrice du Département d’études féministes à l’université de Californie à Santa Cruz. Dans l’un de ses programmes, elle écrit que l’homosexualité féminine est « la forme la plus élevée du féminisme »[31]

L’université du Missouri construit ses cours à destination des nouveaux étudiants dans une optique qui les amène à voir les questions du féminisme, de la littérature, du genre et de la paix du point de vue de l’extrême gauche. Par exemple, un cours intitulé « Bannir la notion de genre » considère le genre comme une « catégorie artificielle produite par une culture particulière », plutôt que comme un fait naturel. Un point de vue unique est inculqué aux élèves : celui d’une oppression basée sur le sexe et d’une discrimination à l’encontre des personnes se définissant de plusieurs genres. [32]

Comme nous l’avons vu au chapitre 5, le mouvement anti-guerre dans le monde occidental après la Seconde Guerre mondiale a été fortement influencé par des communistes infiltrés. Au cours des dernières décennies, une nouvelle matière, les « études sur la paix », a fait son apparition au sein des universités américaines. Les chercheurs David Horowitz et Jacob Laksin ont étudié plus de 250 organisations ayant des liens avec ce nouveau domaine académique. Ils en ont conclu que ces organisations étaient de nature politique et non pas académique, et qu’elles avaient pour but de recruter des étudiants pour l’extrême gauche anti-guerre. [33]

Citant le manuel universitaire très répandu Peace and Conflict Studies (Études sur la paix et les conflits), Horowitz et Laksin sont en mesure de mettre à jour les motivations idéologiques au cœur de ce champ d’étude. Le manuel recourt à des arguments marxistes pour expliquer les problèmes de la pauvreté et de la famine. L’auteur condamne les propriétaires terriens et les marchands de produits agricoles, affirmant que leur cupidité a conduit à la famine de centaines de millions de personnes. Bien qu’il s’agisse en toute apparence d’un argument contre la violence, il y a une forme de violence à laquelle l’auteur ne s’oppose pas, et qu’il loue en fait : la violence commise au cours de la Révolution prolétarienne.

Un passage de Peace and Conflict Studies dit ceci : « Bien que Cuba soit loin d’être un paradis terrestre et que certains droits individuels et libertés civiles ne soient pas encore largement exercés, le cas de ce pays indique que les révolutions violentes peuvent parfois entraîner une amélioration générale des conditions de vie de nombreuses personnes. » Le livre ne fait aucune mention de la dictature de Fidel Castro ni des résultats catastrophiques de la Révolution cubaine.

Écrit après le 11 septembre 2001, Peace and Conflict Studies aborde également les problèmes du terrorisme. Étonnamment, ses auteurs semblent avoir suffisamment de sympathie pour les terroristes pour que le terme « terroriste » soit mis entre guillemets. Ils se défendent en ces termes : « Mettre le terme terroriste entre guillemets peut heurter la sensibilité de certains lecteurs, pour lesquels cette désignation va de soi. Cependant, notre motivation n’est pas de minimiser l’horreur de tels actes, mais de souligner l’importance de mettre des mots sur une indignation légitime, en reconnaissant que, souvent, le ‘terroriste’ d’une personne est le ‘combattant pour la liberté’ d’un autre. » [34]

Le monde universitaire doit être objectif et éviter d’avoir des visées politiques. Ces nouveaux domaines académiques ont adopté une position idéologique : les professeurs des études féminines doivent embrasser le féminisme, et les professeurs d’études sur les Afro et Caraïbo-Américains doivent voir dans les difficultés politiques, économiques et culturelles des Afro-américains le résultat de la discrimination exercée par les Blancs. Leur raison d’être n’est pas d’explorer la vérité, mais de promouvoir un récit idéologique.

Ces nouveaux sujets sont des sous-produits de la révolution culturelle américaine. Implantés dans les universités, ils se sont développés en réclamant toujours plus de financement, et en recrutant toujours plus d’étudiants, renforçant ainsi davantage leur discipline. Ces nouveaux domaines sont déjà profondément enracinés dans le monde universitaire.

Ces nouveaux domaines académiques ont été créés par des personnes mal intentionnées qui se font le relais de l’idéologie communiste. Leur but est de fomenter et de généraliser les conflits entre les différents groupes et d’inciter à la haine en préparation d’une révolution violente.

Ils ont peu de liens avec les personnes (Afro-Américains, femmes ou autres) qu’ils prétendent représenter.

d. Promouvoir le radicalisme d’extrême gauche

Dans leur livre One-Party Classroom : How Radical Professors at America’s Top Colleges Indoctrinate Students and Undermine Our Democracy (Un seul parti en salle de classe : comment les professeurs radicaux des meilleures universités américaines endoctrinent les étudiants et sapent notre démocratie), David Horowitz et Jacob Laksin ont énuméré environ 150 cours d’extrême gauche donnés dans 12 universités. Ces cours dissimulent leurs intentions politiques sous un langage savant, mais certains d’entre eux ne prennent même pas la peine de respecter ne serait-ce que les plus élémentaires principes académiques, et ressemblent à s’y méprendre aux cours politiques obligatoires des pays communistes.

L’université de Californie à Santa Cruz propose un séminaire intitulé Théorie et pratique de la résistance et des mouvements sociaux. La description du cours est la suivante : « Le but de ce séminaire est d’apprendre à organiser une révolution. Nous étudierons comment les communautés d’hier et d’aujourd’hui s’organisent pour résister, contester et vaincre les systèmes de pouvoir, notamment (mais sans s’y limiter) le capitalisme mondial, l’oppression étatique et le racisme. » [35]

Bill Ayers, qui a le titre de professeur émérite de l’université de l’Illinois à Chicago, est un radical des années 1960 et le chef du Weather Underground, initialement appelé Weatherman, une faction du SDS, Students for a Democratic Society (étudiants pour une société démocratique). En 1969, le Weatherman est entré dans la clandestinité et est devenu la première organisation terroriste intérieure aux États-Unis. Elle a œuvré à l’organisation de mouvements radicaux chez les étudiants, prenant part à des activités terroristes qui devaient attiser les conflits de races.

Le groupe Weatherman a perpétré des attentats à la bombe contre le Capitole, le quartier général de la police de New York, le Pentagone et les bureaux de la Garde nationale. Comme le dit une citation bien connue d’Ayers : « Tuez tous les riches. Cassez leurs voitures et leurs appartements. Ramenez la révolution à la maison, tuez vos parents. » [36] Les publications académiques d’Ayers concordent avec son curriculum vitae. Dans ses écrits, il soutient que les gens doivent surmonter leurs « préjugés » à l’égard des jeunes délinquants violents. [37]

Un réseau de progressistes d’extrême gauche a réussi à empêcher l’arrestation d’Ayers par le FBI. Il est réapparu en 1980, mais il est parvenu à contourner la loi et éviter une sanction pénale. Il est devenu membre du corps professoral de l’université de l’Illinois, à Chicago, où il enseigne l’éducation de la petite enfance. Ses opinions politiques n’ont pas changé, et il n’a montré aucun remords pour ses attaques terroristes.

Ayers est successivement devenu professeur assistant, professeur, et a finalement atteint son statut actuel de professeur émérite. Il a également reçu le titre de Chercheur universitaire « senior », la plus haute distinction de l’institution.

Chaque titre reçu par Ayers a été le fruit d’une décision collégiale au sein de son département. C’est en soi une preuve de la reconnaissance et du soutien tacites que l’université porte sur son passé terroriste.

e. Nier les grandes traditions de l’Amérique

Sur le campus de la Texas Tech University, un groupe d’étudiants politiquement engagés a mené une enquête sur le campus en 2014 en posant trois questions : « Qui a gagné la guerre civile ? Qui est notre vice-président ? et De quel pays sommes-nous devenus indépendants ? » Beaucoup d’étudiants n’en avaient aucune idée, alors qu’elles sont censées être évidentes pour tous. Ils ignoraient ces éléments fondamentaux de la politique et de l’histoire de leur pays, mais ils étaient très au courant de la vie des stars de cinéma et de leur vie amoureuse. [38]

En 2008, l’Intercollegiate Studies Institute (ISI) a effectué un sondage auprès de 2 508 Américains choisis de façon aléatoire, et s’est rendu compte que seulement la moitié d’entre eux étaient en mesure de nommer les trois branches du gouvernement. [39] Sur 33 questions simples d’éducation civique, 71 % des interrogés se sont placés en dessous de la barre des 49 %, note censée être éliminatoire. [40]

Apprendre l’histoire américaine ne consiste pas seulement à comprendre le processus de construction de la nation, mais également à comprendre les valeurs sur lesquelles cette nation a été construite et ce qu’il est nécessaire de chercher à préserver dans ces traditions. Ce n’est qu’à ce moment-là que ses habitants chériront ce qu’ils ont aujourd’hui, protégeront l’héritage national et le transmettront à la génération suivante.

Oublier l’histoire revient à détruire la tradition. Les gens ignorants de leurs devoirs civiques rendent l’avènement d’un gouvernement totalitaire possible. On ne peut s’empêcher de se demander ce qui a bien pu arriver à l’enseignement de l’histoire américaine et de l’éducation civique. Les réponses à cette question sont dans les manuels que les élèves utilisent et dans leurs enseignants.

Le marxiste Howard Zinn est l’auteur d’un livre d’histoire célèbre intitulé Une Histoire populaire des États-Unis. Ce livre part du principe que tous les actes héroïques et les épisodes inspirants de l’histoire américaine sont des mensonges éhontés et que la véritable histoire des États-Unis n’est que répression, privation et génocide. [41]

Un professeur d’économie d’une université de Boston estime que les terroristes qui sont les ennemis des États-Unis sont en fait les vrais combattants de la liberté et que les États-Unis sont le véritable mal. Dans un article publié en 2004, il mettait sur un pied d’égalité les terroristes qui ont perpétré les attentats du 11 septembre et les rebelles américains qui, en 1775, ont tiré les premiers coups de feu à Lexington et ont déclenché la guerre d’indépendance. [42]

f. Lutter contre les classiques de la civilisation occidentale

En 1988, des étudiants et des enseignants radicaux de l’Université de Stanford ont organisé une manifestation contre un cours de l’université intitulé Civilisation occidentale. Ils chantaient en chœur : « Hey hey, hu hu ! Civilisation occidentale au rebus ! » Stanford a cédé aux demandes des manifestants et a remplacé le cours Civilisation Occidentale par un cours intitulé Cultures, idées, valeurs (CIV), aux caractéristiques multiculturelles évidentes. Bien que la nouvelle classe n’ait pas retiré certains des classiques culturels occidentaux tels qu’Homère, Platon, saint Augustin, Dante, Alighieri ou Shakespeare, elle exigeait que chaque semestre le cours comprenne des œuvres écrites par des femmes, des personnes issues de groupes minoritaires ou d’autres groupes de gens considérés comme ayant été les victimes d’une oppression.

William Bennett, alors secrétaire américain de l’Éducation, a dénoncé cette modification du contenu du cours comme étant le résultat d’un travail d’intimidation. Malgré cela, de nombreuses universités de premier plan ont fait de même, et les universités moins prestigieuses leur ont emboîté le pas de peur d’être en reste. En quelques années, l’enseignement des humanités dans les universités américaines a connu une grande transformation.

Dans son livre Illiberal Education, (Éducation intolérante), le penseur conservateur Dinesh D’Souza fait référence à un ouvrage appelé Moi, Rigoberta Menchú : une vie et une voix, la révolution au Guatemala, lorsqu’il décrit la direction idéologique du nouveau cours CIV de l’Université de Stanford. Ce livre se penche sur les expériences de vie d’une jeune Indienne d’Amérique, Menchú Rigoberta, originaire du Guatemala. Après le meurtre insensé de ses parents victimes d’un massacre, elle décide de se mettre sur la voie de la révolte et finit par se radicaliser.

Rigoberta s’est identifiée au mouvement amérindien d’Amérique du Sud et a lutté en faveur de leur droit à l’autodétermination et en opposition contre la culture latino européanisée. Elle est d’abord devenue féministe, puis socialiste, et finalement marxiste. Vers la fin de son livre, elle raconte qu’elle a participé à l’assemblée du Front populaire à Paris et débat de sujets tels que les adolescents bourgeois et les cocktails Molotov. Un chapitre de son livre s’intitule « Rigoberta renonce au mariage et à la maternité ». [43]
La volonté du politiquement correct d’expurger les classiques des universités américaines a conduit à des résultats divers et catastrophiques, dont voici certains :

1. Des écrits de mauvaise qualité au contenu superficiel et mettant en scène des récits révolutionnaires ou victimaires remplacent les œuvres classiques dont la profondeur est impérissable.

2. Faire des comparaisons entre ces types de littérature et les classiques donne l’illusion qu’ils ont leur place parmi les classiques et va considérablement accroître leur influence sur les élèves. Placer les classiques au même niveau que ces œuvres moyennes rabaisse et relativise l’importance des classiques.

3. Les thèmes abordés dans les classiques sont maintenant interprétés par le biais de la théorie critique, des études culturelles, de la politique identitaire et du politiquement correct. Les spécialistes sont à l’affût du racisme ou du sexisme cachés dans les pièces de Shakespeare, à l’affût des tendances homosexuelles des personnages, et ainsi de suite, ce qui revient à déformer et insulter les œuvres classiques.

4. Les élèves habitués à ce genre d’enseignement trouvent peu de crédibilité dans les personnages nobles, les grandes réalisations ou les leçons de morale des classiques, et développent plutôt un instinct qui consiste à les voir sous un aspect négatif et cynique.

L’éducation littéraire traditionnelle étudie les thèmes propres aux classiques que sont principalement l’amour universel, la justice, la loyauté, le courage, l’esprit de sacrifice et d’abnégation ainsi que d’autres valeurs morales. L’éducation historique s’articule autour d’événements majeurs liés à l’établissement et au développement de la nation et de ses valeurs fondamentales.

Parce que les classiques de la littérature occidentale ont presque tous été écrits par des hommes blancs européens, les activistes d’extrême gauche veulent prendre la défense du multiculturalisme et du féminisme et pousser les gens à lire des œuvres écrites par des femmes, des gens de couleur, etc. Quant à l’enseignement de l’histoire, l’éducation moderne préfère décrire le parcours historique d’un pays comme étant très sombre, habité par l’esclavagisme et l’exploitation des femmes ou d’autres groupes minoritaires. Le but n’est plus de se souvenir de l’héritage traditionnel du pays, mais d’inculquer chez les gens un sentiment de culpabilité envers les femmes ou les minorités.

Les gens n’ont, de façon raisonnable, qu’un temps assez limité à consacrer à la lecture. Lorsque l’éducation est conçue délibérément pour mettre l’accent sur des œuvres politiquement correctes, le temps que les gens peuvent consacrer à la lecture des classiques en est réduit. Il en résulte que des générations entières d’étudiants sont coupés des origines de leur culture, en particulier du système de valeurs qui émane de la foi religieuse et qui se transmet par la culture. La culture de chaque race ou de chaque peuple vient du divin. Elle peut être diversifiée, mais elle ne doit pas être mélangée. Le mélange d’une culture signifie la destruction des liens entre ce peuple à laquelle elle appartient et les divinités qui l’ont créé.

g. Monopolisation des manuels scolaires et des arts libéraux

L’économiste Paul Samuelson décrit le pouvoir des manuels scolaires en ces termes : « Je n’ai pas besoin de me soucier de savoir qui écrit les lois d’une nation, ou qui rédige ses traités élaborés si c’est moi qui écris ses manuels d’économie. » [44] Les manuels scolaires sont largement diffusés et font autorité, et peuvent exercer une influence considérable sur les élèves. Celui qui écrit les manuels scolaires a les instruments pour formater les esprits impressionnables des jeunes.

Après avoir été titularisés et gagné en prestige, les chercheurs et les professeurs radicaux ont pris le contrôle des bureaux et des comités de publication du monde universitaire. Ils ont utilisé ces pouvoirs pour saturer les ressources pédagogiques de leurs idéologies et les inculquer à leurs élèves. Dans certains domaines académiques, les manuels et les lectures requises par les professeurs contiennent davantage d’œuvres d’idéologie marxiste que de toute autre école de pensée.

Le manuel d’histoire Une Histoire populaire des États-Unis, de Howard Zinn, mentionné plus haut, fait partie des lectures obligatoires dans de nombreuses disciplines dont l’histoire, l’économie, la littérature ou la condition féminine.

Une fois que les activistes d’extrême gauche sont en nombre suffisant, ils peuvent utiliser le système de cooptation entre pairs d’une même communauté universitaire pour bloquer les personnes aux opinions différentes. Un travail de recherche qui remettrait en question les idéologies d’extrême gauche est voué à être rejeté par ces mêmes personnes, ainsi que par leurs collègues.

De nombreuses revues en sciences humaines sont guidées par la théorie critique et sont remplies d’un jargon technique abscons, mais en fait le thème central est de rejeter le divin, rejeter la culture traditionnelle et inciter à la révolution pour renverser l’ordre social, politique et économique de la société actuelle. Il existe un champ d’étude qui vise à prouver que toutes les morales ou normes traditionnelles, y compris les processus scientifiques, sont de simples constructions sociales dont le but est de perpétuer le pouvoir de la classe dirigeante et d’imposer leurs normes à toute la société.

En 1996, Alan Sokal, professeur de physique à l’université de New York, a publié un article dans la revue Social Text, une revue d’études culturelles de l’université de Duke. Son article s’intitulait Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformatrice de la gravitation quantique. Citant 109 notes de bas de page et faisant référence à 219 sources, l’article soutient que la « gravitation quantique » est une invention de la société et du langage. [45]

Le jour même de la publication du journal, M. Sokal publie une déclaration dans un autre magazine, Lingua Franca, déclarant que son article dans la revue à visée scientifique Social Text est un canular. Il dit avoir envoyé l’article à Social Text dans le cadre d’une expérimentation en tant que physicien des domaines d’études culturelles. [46]

Lors d’une interview à l’émission radio américaine All Things Considered, Sokal déclare qu’il a trouvé son inspiration à ce canular dans le livre Higher Superstition publié en 1994. L’auteur du livre écrit que certaines publications dans le domaine des sciences humaines accepteront n’importe quoi pourvu que cela aille dans le sens des « idées d’extrême gauche bien en vue », et il cite à ce sujet des penseurs d’extrême gauche bien connus. Sokal a voulu le vérifier en remplissant son article d’idéologies d’extrême gauche, de citations creuses et d’absurdités totales. [47]

Il écrira plus tard : « Les résultats de ma petite expérience démontrent, à tout le moins, que certains secteurs à la mode de la gauche universitaire américaine sont devenus intellectuellement paresseux. Les éditeurs de Social Text ont aimé mon article parce qu’ils en ont aimé la conclusion, qui était que ‘le contenu et la méthodologie propres à la science postmoderne représentent un soutien intellectuel puissant au service des projets politiques progressistes’. Ils n’ont apparemment pas éprouvé le besoin d’en analyser les preuves, la véracité des arguments ou même la pertinence de ces arguments par rapport à la prétendue conclusion. » L’approche satirique d’Alan Sokal a mis en lumière l’absence de principes académiques ou de crédibilité qui sévit dans les domaines de la théorie critique et des études culturelles.

En se penchant sur les titres des revues référencées aux réunions annuelles des grandes associations académiques américaines, on voit clairement que les dernières décennies de pénétration communiste dans les sciences sociales sont une réalité. La Modern Language Association est la plus importante de ces sociétés, comptant 25 000 membres, principalement des professeurs et des chercheurs dans des domaines tels que la recherche et l’enseignement des langues vivantes. Plus de 10 000 personnes assistent à la conférence annuelle de l’association.

Une grande partie des articles répertoriés sur le site web de l’association s’inscrivent dans le cadre idéologique du marxisme, de l’école de Francfort, de la déconstruction, du post-structuralisme ou d’autres théories déviantes. D’autres ont recours au féminisme, aux études gays, à la politique identitaire ou à d’autres tendances radicales. Des organisations similaires, notamment l’American Sociological Association, reflètent à peu près la même chose, quoique à des degrés divers.

Les universités américaines ont une tradition d’enseignement des lettres et sciences sociales et humaines, également appelées arts libéraux, et certains cours de sciences humaines sont obligatoires, quelle que soit la spécialisation des étudiants. Aujourd’hui, ces cours obligatoires concernent principalement la littérature, l’histoire, la philosophie et les sciences sociales. Le chercheur américain Thomas Sowell a noté que, comme le terme l’implique, les cours obligatoires ne laissent aux étudiants aucune alternative face à des professeurs qui, le plus souvent, utilisent leurs salles de cours comme autant d’occasions de diffuser leurs idéologies d’extrême gauche, allant même jusqu’à utiliser les notes comme levier pour convaincre les étudiants d’accepter leurs opinions. Les étudiants qui osent contester les opinions d’un professeur sont punis par des notes basses.

Les vues marxistes de ces professeurs de sciences humaines et sociales corrompent non seulement les étudiants dans leurs domaines d’études, mais touchent également pratiquement tous les autres étudiants.

Les étudiants souhaitent être respectés en tant qu’adultes, mais leurs connaissances et leur expérience pratique restent limitées. Dans l’environnement relativement fermé de l’université, peu d’entre eux soupçonnent que ces professeurs bien vus puissent profiter de leur innocence et de leur confiance pour leur inculquer un ensemble d’idéologies et des valeurs complètement fausses et nuisibles. Les parents paient des frais de scolarité élevés pour que leurs enfants maîtrisent les connaissances et les compétences qui leur permettront de trouver leur place dans la société. Comment pourraient-ils s’imaginer qu’on leur vole leurs précieuses années et qu’on les transforme en adeptes d’idéologies radicales qui les affecteront pour le reste de leur vie ?

Génération après génération, les jeunes sont entrés dans un système éducatif qui a été fortement infiltré par le spectre du communisme. Ils travaillent sur des manuels scolaires rédigés par des auteurs d’extrême gauche, dont ils intègrent les théories déviantes, accélérant ainsi le déclin de la culture, de la morale et de l’humanité.

h. L’université et la « rééducation » : lavage de cerveau et corruption morale

Avec le développement de l’idéologie marxiste dans les universités, les règlements intérieurs des campus depuis les années 1980 se sont de plus en plus concentrés sur la prévention de remarques dites « offensantes », notamment lorsque celles-ci visent les femmes ou les minorités ethniques. Selon le chercheur américain Donald Alexander Downs, entre 1987 et 1992, près de trois cents universités américaines ont instauré des réglementations visant à contrôler le droit de parole, créant ainsi un système para-juridique d’interdictions par le biais duquel un vocabulaire jugé offensant à l’égard de groupes et de sujets sensibles est puni. [50]

Ceux qui soutiennent ces interdictions le font peut-être avec de bonnes intentions, mais leurs actions mènent à un résultat aberrant, car de plus en plus de gens revendiquent le droit de ne pas être offensés. En fait, un tel droit n’existe pas selon la loi, mais la prédominance du marxisme culturel a permis à tout un chacun de se réclamer d’un groupe opprimé, arguant de sa culture, son ascendance, sa couleur de peau, son sexe, son orientation sexuelle, ou autre. Le personnel administratif des universités a toujours accordé un traitement spécifique à ceux qui se déclarent victimes.

Selon la logique marxiste, les opprimés ont moralement raison en toutes circonstances, et beaucoup de gens n’osent pas remettre en question l’authenticité de leurs revendications. Cette logique absurde repose sur une déformation des critères d’appréciation de ce qui est moral. Au fur et à mesure que les identités et les sentiments de groupe s’intensifient (dans le léninisme et le stalinisme, on appelle cela avoir un haut niveau de conscience de classe), les gens abandonnent inconsciemment les normes traditionnelles du bien et du mal et les remplacent par la pensée du groupe. C’est encore plus flagrant dans les états communistes totalitaires, où le prolétariat « opprimé » s’est vu donner le droit de tuer les propriétaires terriens et les « oppresseurs » capitalistes.

La tendance à dénoncer arbitrairement tel ou tel propos comme étant offensant ou discriminatoire vient d’intellectuels se réclamant du marxisme culturel qui ont mis sur pied toute une série de nouveaux concepts propres à élargir le champ possible de la discrimination. Parmi celles-ci, on trouve des concepts tels que les « micro-agressions », les « trigger warnings » (ou la nécessité de prévenir son auditoire qu’un contenu potentiellement sensible sera abordé), les « safe space » (un espace dans lequel une personne peut se réfugier et exiger que personne ne la contredise), et ainsi de suite. Les administrations universitaires ont mis en place des politiques et des programmes d’éducation obligatoires qui y font référence, tels que des formations pour apprendre à gérer la sensibilité des autres ou des formations sur la diversité.

La micro-agression fait référence à une infraction implicite non verbale que l’on rencontre dans la vie de tous les jours et dont les auteurs présumés peuvent ne pas avoir conscience. Ce genre d’offense non intentionnelle ou découlant d’une certaine ignorance est qualifiée « d’insensible » (le léninisme ou le stalinisme considérerait cela comme avoir un bas niveau de conscience sociale). La formation à la sensibilité est devenue un aspect important de l’acclimatation des nouveaux étudiants de l’université. On leur explique ce qui ne peut pas être dit et quels vêtements ne peuvent pas être portés, afin d’éviter de commettre une micro-agression qui pourrait entrer en violation avec la réglementation universitaire.

Sur certains campus, l’expression « bienvenue en Amérique » ne peut être prononcée, car elle peut constituer une discrimination et sera considérée comme une micro-agression : elle pourrait blesser des groupes ethniques qui ont historiquement subi un traitement injuste aux États-Unis, tels que les Amérindiens, les Africains, les Japonais ou les Chinois. Cela pourrait leur rappeler l’histoire humiliante de leurs ancêtres.

Voici quelques exemples tirés d’une longue liste de déclarations considérées comme des micro-agressions par l’université de Californie ; on trouve : « Les États-Unis sont un melting-pot » (discrimination raciale), « Les États-Unis sont un pays plein d’opportunités » et « Les hommes et les femmes ont les mêmes chances de succès » (négation des inégalités de genre ou ethniques). [51] Les micro-agressions sont un motif de discipline administrative, car elles empêchent la mise en place « d’espaces sécuritaires » (safe space).

Une micro-agression typique s’est produite sur le campus d’Indianapolis de l’université d’Indiana, Purdue University (IUPUI). Un étudiant blanc, qui travaillait également à la conciergerie, serait entré en infraction avec l’ordonnance sur le harcèlement racial pour avoir lu dans une des salles de repos du campus un livre intitulé Notre Dame contre le Klan : Comment les combattants irlandais ont vaincu le Ku Klux Klan. Deux collègues de l’étudiant et employé ont vécu comme une insulte le fait que la couverture du livre présente un rassemblement du Ku Klux Klan, et ont réclamé justice, arguant que cela relevait du harcèlement racial. Par la suite, après des pressions de groupes tels que la Fondation pour la défense des droits individuels en milieu éducatif, l’université a reconnu l’innocence de l’étudiant. [52]

Les formations sur la sensibilisation et les formations sur la diversité sont de nature comparable aux programmes de rééducation qui ont eu lieu dans l’ex-Union soviétique et en Chine. Le but de la rééducation est de renforcer les concepts de classe : la « bourgeoisie » et la « classe des propriétaires » (l’équivalent des hommes blancs) doivent reconnaître leur péché originel en tant que membres de la classe oppressante. Quant aux groupes supposés opprimés, ils doivent développer une compréhension « correcte » de la culture « bourgeoise ». Des pressions sont exercées sur eux pour qu’ils éliminent leur « oppression intériorisée » afin qu’ils en viennent à reconnaître leurs conditions d’oppresseurs. Cela ressemble à la façon dont l’éducation féministe enseigne aux femmes à voir la féminité traditionnelle comme une construction du patriarcat.

Selon l’analyse de classe marxiste, tout ce qui relève de la sphère personnelle relève de la politique : les marxistes estiment donc que prendre un problème du point de vue de l’oppresseur désigné est une erreur. Par conséquent, pour réformer la compréhension du monde et être complètement en adéquation avec le programme marxiste, les paroles et les actes qui ne valident pas l’oppression de classe ou la lutte de classe sont sévèrement punis. Des formations de sensibilisation sont organisées pour révéler pleinement les « injustices sociales », pour réorienter le point de vue des groupes « opprimés » (femmes, minorités ethniques, homosexuels, etc.).

Par exemple, en 2013, l’université Northwestern requiert de tous les étudiants qu’ils suivent un cours sur la diversité avant d’obtenir leur diplôme. Selon le descriptif de l’université, après avoir terminé ce cours, les étudiants seraient en mesure « d’élargir leur capacité de réflexion critique » (apprendre le système de classe), « identifier leur propre position dans un système injuste » (reconnaître leur composante de classe) et repenser leurs « propres pouvoirs et privilèges » (se mettre à la place des classes « opprimées »). [53]

Un autre exemple typique est le programme de rééducation idéologique qui a débuté en 2007 à l’université du Delaware. Désigné comme étant un « traitement » pour corriger les attitudes et les croyances erronées, ce programme a été rendu obligatoire pour 7 000 étudiants. Son objectif déclaré était d’amener les étudiants à accepter des points de vue établis sur des questions telles que la politique, la race, le genre et l’environnementalisme.

Des personnels de l’université devaient s’assoir en tête à tête avec les étudiants et les soumettre à un questionnaire sur les différentes races et différents sexes avec lesquels ces étudiants étaient prêts à avoir des relations amoureuses, le but étant d’inciter les étudiants à être plus ouverts aux rencontres en dehors de leur groupe. Lorsqu’une assistante a demandé à une étudiante quand elle avait découvert son identité sexuelle (par opposition au sexe biologique), l’étudiante a répondu que ça ne la regardait pas. L’assistante l’a signalée à l’administration de l’université. [54]

Cet endoctrinement politique de masse a non seulement embrouillé les standards qui permettent de discerner les questions de valeurs morales, mais il a aussi grandement renforcé l’égoïsme et l’individualisme. Ce que les jeunes étudiants apprennent, c’est qu’ils peuvent utiliser les sentiments hautement politisés d’un groupe (politique identitaire) pour poursuivre leurs propres désirs individuels. Le simple fait de se prétendre membre d’un groupe supposé victime d’oppression permet d’accuser et de menacer les autres ou d’utiliser cette identité à son profit personnel. Lorsque les opinions d’autres personnes ne correspondent pas aux siennes, elles peuvent constituer une offense et être signalées à l’université, qui limitera le droit de ces personnes à la parole. Si l’on n’aime pas les idées publiées dans les journaux étudiants conservateurs, on peut même trouver approprié de faire brûler ces publications.

Que l’on soit offensé ou non est une question de ressenti subjectif, mais aujourd’hui, même les sentiments passent pour des preuves objectives. On en est arrivé à un point où les professeurs d’université doivent constamment tourner autour du pot. Récemment, les étudiants de nombreuses universités ont commencé à exiger qu’avant d’enseigner certains contenus, les professeurs doivent d’abord communiquer des « avertissements de sensibilisation » (trigger warnings), car certains sujets de discussion ou certains documents de lecture pourraient provoquer des réactions émotionnelles négatives. Ces dernières années, même des œuvres comme Le Marchand de Venise de Shakespeare et Les Métamorphoses d’Ovide, poète romain de l’antiquité, se sont retrouvées dans la liste des ouvrages nécessitant des avertissements de sensibilisation auprès des étudiants. Certaines universités recommandent même d’éviter autant que possible les œuvres jugées susceptibles de déclencher des émotions chez certains étudiants. [55]

Beaucoup d’étudiants qui grandissent dans ce genre d’atmosphère voient leur ego facilement blessé et font tout pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation. L’identité de groupe (qui est une autre version de la « conscience de classe » prêchée par le communisme) qui est promue sur les campus, prive les étudiants de toute pensée indépendante et de responsabilité personnelle. Comme les étudiants radicaux des années 1960 qui sont maintenant leurs professeurs, ces étudiants sont contre la tradition. Ils se livrent à la promiscuité sexuelle sans vraiment faire de distinction, et deviennent accros à l’alcool et à la drogue. Leur discours est rempli de jurons. Pourtant, sous leur mépris des conventions mondaines se cachent des cœurs et des âmes fragiles, incapables de supporter le moindre coup ou la moindre contradiction, et encore moins d’assumer de réelles responsabilités.

L’éducation traditionnelle s’attache à la retenue, l’indépendance d’esprit, le sens des responsabilités et la compréhension des autres. Le spectre du communisme veut tout simplement que la prochaine génération abandonne complètement ses repères moraux et devienne ses serviteurs dans sa quête de contrôle du monde.

Lire la suite : Chapitre 12 (2e partie) – Le sabotage de l’éducation

Sommaire

 

Références

[1] Robby Soave, “Elite Campuses Offer Students Coloring Books, Puppies to Get Over Trump,” Daily Beast,
https://www.thedailybeast.com/elite-campuses-offer-students-coloring-books-puppies-to-get-overtrump.
[2] Elizabeth Redden, “Foreign Students and Graduate STEM Enrollment,” Inside Higher Ed, October 11, 2017, https://www.insidehighered.com/quicktakes/2017/10/11/foreign-students-andgraduate-stem-enrollment.
[3] G. Edward Griffin, Deception Was My Job: A Conversation with Yuri Bezmenov, Former Propagandist for the KGB, (American Media, 1984).
[4] Scott Jaschik, “Professors and Politics: What the Research Says,” Inside Higher Ed, February 27, 2017, https://www.insidehighered.com/news/2017/02/27/research-confirms-professors-leanleft-questions-assumptions-about-what-means.
[5] Ibid.
[6] Ibid.
[7] Ibid.
[8] “The Close-Minded Campus? The Stifling of Ideas in American Universities,” American Enterprise Institute website, June 8, 2016, https://www.aei.org/events/the-close-minded-campusthe-stifling-of-ideas-in-american-universities/.
[9] Fred Schwartz and David Noebel, You Can Still Trust the Communists… to Be Communists (Socialists and Progressives too) (Manitou Springs, Colo.: Christian Anti-Communism Crusade, 2010), 2–3.
[10] Zygmund Dobbs, “American Fabianism,” Keynes at Harvard: Economic Deception as a Political Credo. (Veritas Foundation, 1960), Chapter III.
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[13] David Macey, “Organic Intellectual,” The Penguin Dictionary of Critical Theory (London: Penguin Books, 2000), 282.
[14] Karl Marx, “Theses On Feuerbach” (Marx/Engels Selected Works, Volume One), 13–15.
(Traduit en français : Les Thèses sur Feuerbach)
[15] Bruce Bawer, The Victims’ Revolution: The Rise of Identity Studies and the Closing of the Liberal Mind (New York: Broadside Books, 2012), Chapter 1.
[16] Ibid.
[17] Franz Fanon, The Wretched of the Earth, traduit par Constance Farrington (New York: Grove Press, 1963), 92.
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(Traduit en français : « Préface », Les Damnés de la Terre, par Franz Fanon)
[19] Roger Kimball, Tenured Radicals: How Politics Has Corrupted Our Higher Education, revised edition (Chicago: Ivan R. Dee, 1998), 25–29.
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(Traduit en français par Anne Birien : Théorie littéraire, Presses universitaires de Vincennes, 2016, 209 p.)
[21] Fredrick Jameson, The Political Unconscious: Narrative as a Socially Symbolic Act (Ithaca, NY: Cornell University Press, 1981), Chapter 1.
[22] Roger Kimball, “An Update, 1998,” Tenured Radicals: How Politics Has Corrupted Our Higher Education, 3rd Edition (Chicago: Ivan R. Dee, 2008), xviii.
[23] Karl Marx, “The German Ideology” (Progress Publishers, 1968).
[24] “Most Cited Authors of Books in the Humanities, 2007,” Times Higher Education,
https://www.uky.edu/~eushe2/Bandura/BanduraTopHumanities.pdf.
[25] Joshua Phillip, “Jordan Peterson Exposes the Postmodernist Agenda,” The Epoch Times, June 21, 2017, https://www.theepochtimes.com/jordan-peterson-explains-how-communism-cameunder-the-guise-of-identity-politics_2259668.html.
[26] Roger Kimball, “The Perversion of Foucault,” The New Criterion, March 1993,
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[27] David Horowitz and Jacob Laksin, One Party Classroom (New York: Crown Forum, 2009), 51.
[28] Ibid., 51–52.
[29] Bawer, The Victims’ Revolution: The Rise of Identity Studies and the Closing of the Liberal Mind, Chapter 3.
[30] Horowitz and Laksin, One Party Classroom, 3.
[31] David Horowitz, The Professors: The 101 Most Dangerous Academics in America
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[32] Horowitz and Laksin, One Party Classroom, 212.
[33] David Horowitz, Indoctrinate U.: The Left’s War against Academic Freedom (New York: Encounter Books, 2009), Chapter 4.
[34] Ibid.
[35] Horowitz and Laksin, One Party Classroom, 1–2.
[36] Quoted from http://www.azquotes.com/author/691-Bill_Ayers.
[37] Horowitz, The Professors: The 101 Most Dangerous Academics in America, 102.
[38] “Who Won the Civil War? Tough Question,” National Public Radio, November 18, 2014,
https://www.npr.org/sections/theprotojournalist/2014/11/18/364675234/who-won-the-civil-wartough-question.
[39] “Summary of Our Fading Heritage: Americans Fail a Basic Test on Their History and Institutions,” Intercollegiate Studies Institute Website,
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[40] “Study: Americans Don’t Know Much About History,” July 17, 2009,
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[41] Howard Zinn, A People’s History of the United States (New York: Harper Collins, 2003).
(Traduit en français : Une Histoire populaire des États-Unis, 1er avril 2003, France, 812 p.)
[42] Horowitz, The Professors: The 101 Most Dangerous Academics in America, 74.
[43] Dinesh D’ Souza, Illiberal Education: The Politics of Race and Sex on Campus (New York: The Free Press, 1991), 71.
[44] Paul Samuelson, “Foreword,” in The Principles of Economics Course, eds. Phillips Saunders and William B. Walstad (New York: McGraw-Hill College, 1990).
[45] Alan D. Sokal, “Transgressing the Boundaries: Toward a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity,” Social Text No. 46/47 (Spring–Summer, 1996), 217–252.
[46] Alan D. Sokal, “A Physicist Experiments with Cultural Studies,” Lingua Franca (June 5, 1996). Available at
http://www.physics.nyu.edu/faculty/sokal/lingua_franca_v4/lingua_franca_v4.html.
[47] Alan D. Sokal, “Parody,” “All Things Considered,” National Public Radio, May 15, 1996,
https://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=1043441.
[48] Alan D. Sokal, “Revelation: A Physicist Experiments with Cultural Studies,” in Sokal Hoax: The Sham That Shook the Academy, ed. The Editors of Lingua Franca (Lincoln, NE: University of Nebraska Press, 2000), 52.
[49] Thomas Sowell, Inside American Education: The Decline, The Deception, The Dogma (New York: The Free Press, 1993), 212–213.
[50] Donald Alexander Downs, Restoring Free Speech and Liberty on Campus (Oakland, CA: Independent Institute, 2004), 51.
[51] Eugene Volokh, “UC Teaching Faculty Members Not to Criticize Race-Based Affirmative Action, Call America ‘Melting Pot,’ and More,” The Washington Post, June 16, 2015,
https://www.washingtonpost.com/news/volokh-conspiracy/wp/2015/06/16/uc-teaching-facultymembers-not-to-criticize-race-based-affirmative-action-call-america-melting-pot-and-more/?
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[52] “Victory at IUPUI: Student-Employee Found Guilty of Racial Harassment for Reading a Book Now Cleared of All Charges,” Foundation for Individual Rights in Education,
https://www.thefire.org/victory-at-iupui-student-employee-found-guilty-of-racial-harassment-forreading-a-book-now-cleared-of-all-charges/.
[53] “Colleges Become Re-Education Camps in Age of Diversity,” Investor’s Business Daily,
https://www.investors.com/politics/editorials/students-indoctrinated-in-leftist-politics/.
[54] Greg Lukianoff, “University of Delaware: Students Required to Undergo Ideological Reeducation,” Foundation for Individual Rights in Education,
https://www.thefire.org/cases/university-of-delaware-students-required-to-undergo-ideologicalreeducation/.
[55] Alison Flood, “US Students Request ‘Trigger Warnings’ on Literature,” The Guardian, May 19, 2014, https://www.theguardian.com/books/2014/may/19/us-students-request-trigger-warningsin-literature.
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