Chapitre 5. Infiltration de l’Occident (partie 1)

Par Équipe éditoriale des "Neuf commentaires sur le Parti communiste"
3 mars 2019 Mis à jour: 12 juillet 2019

Epoch Times publie, sous forme de série, un nouvel ouvrage, Comment le spectre du communisme dirige le monde, traduit du chinois et écrit par les auteurs des Neuf Commentaires sur le Parti communiste.

Introduction

1. Le communisme par la violence et par la non-violence

2. La guerre d’espionnage et de désinformation

3. Du New Deal au progressisme

4. La révolution culturelle à l’Ouest

5. Les mouvements contre la guerre et pour les droits civiques

Notes

 

Les élections présidentielles américaines de 2016 ont été l’un des moments les plus agités de ces dernières décennies. Bien que la participation au scrutin n’ait été que de 58%, la campagne a été pleine de rebondissements en tous genres qui continuent encore à faire les gros titres après l’élection. Le gagnant, Donald Trump, le candidat du Parti Républicain, s’est trouvé assiégé par une couverture médiatique négative et des manifestations dans les villes du pays. Les manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire des slogans tels que « pas mon président », taxant Trump de racisme, de sexisme, de xénophobie ou même de nazisme. Ils exigent que les bulletins soient recomptés et l’on voit poindre des menaces d’« impeachment » pour mettre fin à sa présidence.

Des journalistes d’investigation ont prouvé qu’une grande partie de ces manifestations étaient instiguées par certains groupes d’intérêt. Comme le montre le documentaire America Under Siege : Civil War 2017 (L’Amérique attaquée : guerre civile 2017) produit par Trevor Loudon, un activiste politique néozélandais, une partie significative de ces manifestants sont des « révolutionnaires professionnels » ayant des liens avec des régimes communistes et d’autres États totalitaires, tels que la Corée du Nord, l’Iran, le Venezuela ou Cuba. Loudon montre également le rôle central de deux organisations socialistes américaines bien connues, le Parti international des Travailleurs (staliniste), et l’Organisation socialiste de la Route pour la Liberté (maoïste). [1]

Loudon, qui mène des enquêtes sur le mouvement communiste depuis les années 80, est en mesure de dire que les organisations de gauche ont fait des États-Unis la cible principale de leur infiltration et de leur subversion. Les différentes sphères américaines de la politique, de l’éducation, les médias et le monde des affaires se sont de plus en plus gauchisées sous l’influence de quelques individus bien placés. Alors même que les gens partout dans le monde se réjouissaient du triomphe du monde libre au sortir de la Guerre froide, le communisme s’infiltrait subrepticement dans les institutions publiques de la société occidentale en préparation de la lutte finale.

L’Amérique est la lumière du monde libre et elle endosse la mission divine de guider le reste du monde. C’est l’entrée des États-Unis dans les deux guerres mondiales qui a permis de décider du résultat final. Lors de la Guerre froide, face à la menace d’un holocauste nucléaire, l’Amérique a pu contenir le bloc soviétique jusqu’à sa dissolution et la chute des régimes de l’Est.

Les Pères Fondateurs des États-Unis ont mis en pratique leurs connaissances des traditions religieuses et philosophiques occidentales pour rédiger la Déclaration d’Indépendance et la Constitution des États-Unis d’Amérique. Ces documents reconnaissent comme évident que l’homme a reçu des droits inaliénables de Dieu – en particulier la liberté de culte et la liberté d’expression – et ont permis d’établir une séparation des pouvoirs garantissant un système de gouvernement républicain. Même si les Etats-Unis ont connu une guerre civile, cette guerre avait pour but de concrétiser entièrement les principes fondateurs de l’Amérique en abolissant l’esclavage. Sur une période de 200 ans, ces principes ont permis des accomplissements remarquables en termes de « paix intérieure » et de « bien commun », comme le préambule de la Constitution le promet.

La liberté de l’hémisphère occidental est à contre-courant du but du spectre communiste qui cherche à soumettre et détruire l’humanité. En se dissimulant sous les conceptions séduisantes d’une société égalitaire et solidaire, le spectre du communisme a dépêché ses agents au cœur de la société humaine pour mettre ses plans à exécution à l’échelle planétaire.

Alors que le communisme se manifeste dans des pays de l’Est tels que l’URSS et la Chine sous la forme de gouvernements totalitaires, par le biais de meurtres à grande échelle et par la destruction de la culture traditionnelle, c’est de façon silencieuse et systématique qu’il a pu prendre contrôle de l’Ouest en utilisant la subversion et la désinformation. Il ronge l’économie, les processus politiques, les structures sociales et le tissu moral de l’humanité pour la précipiter dans la dégénérescence et la destruction.

Le Parti communiste n’ayant pas le pouvoir politique dans les pays occidentaux, les agents du spectre avancent masqués et infiltrent toutes sortes d’organisations et d’institutions. On compte au moins quatre forces principales dans la subversion communiste de l’Ouest.

Le premier agent subversif est l’Union Soviétique avec la création de la Troisième Internationale (Komintern), outil de propagation de la révolution dans le monde. De même, à partir des années 80, le Parti communiste chinois se lance dans des réformes économiques qui favoriseront les échanges politiques, économiques et culturels leur offrant ainsi la possibilité d’infiltrer l’Ouest.

Le second moyen de subversion réside dans les partis communistes au niveau local, qui travaillent main dans la main avec le Parti communiste soviétique et le Komintern.

Troisièmement, les crises économiques et les contestations sociales des dernières décennies ont incité beaucoup de pays occidentaux à adopter des politiques gouvernementales socialistes, et ainsi gauchiser les sociétés.

La quatrième force de subversion vient des sympathisants et soutiens du Parti communiste et du socialisme. Ces compagnons de voyage sont la cinquième colonne du communisme, les « idiots utiles » de la société occidentale qui participent à la destruction de leur culture, qui sèment la dégénérescence morale et sapent l’autorité légitime de leur gouvernement.

Ce sujet dépasse le propos de cet ouvrage, tant l’infiltration de l’Ouest est opaque et ramifiée. En se familiarisant avec les grandes lignes, nos lecteurs seront en mesure de se faire une idée de la façon dont le spectre maléfique opère et sauront y voir clair, une fois les couches de mensonges identifiées. Pour rester bref, ce chapitre ne propose qu’un aperçu général de l’emprise du communisme aux États-Unis et en Europe de l’Ouest.

1. Le communisme par la violence et par la non-violence

Dans la pensée des gens, le Parti communiste est synonyme de violence, et ce pour une bonne raison – dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels affirment : « Les communistes répugnent à dissimuler leur vision et leur but. Ils déclarent ouvertement que leur but ne peut être atteint qu’en renversant par la force toutes conditions sociales existantes. » [2]

Le fait que les régimes communistes russe et chinois aient pris le pouvoir par la révolution et la violence et aient utilisé la violence comme moyen de répression, détourne l’attention des autres aspects moins visibles du communisme.

La branche du marxisme qui appelle à la révolution violente est représentée par le léninisme, qui adapte la théorie marxiste dans deux domaines distincts. Selon Marx, la révolution communiste devrait prendre naissance dans les pays capitalistes avancés, alors que Lénine pensait que le socialisme pouvait également être mis en pratique en Russie, dont le développement économique était comparativement moindre. La deuxième contribution de Lénine au marxisme réside dans la doctrine du Parti.

La doctrine du Parti consiste fondamentalement à adopter les techniques de coercition, de mensonges et de violence propres aux organisations criminelles, et les alimenter de théorie socioéconomique marxiste. Selon Lénine, la classe ouvrière est incapable de développer une conscience de classe par elle-même, ou d’œuvrer pour la révolution, et doit donc être poussée à l’action par une force externe. Les agents de la révolution s’organiseraient en une avant-garde prolétaire hautement disciplinée du Parti communiste.

La Société fabienne, d’origine anglaise, a été fondée en 1884, un an après la mort de Marx, et a pris une route différente dans sa détermination à imposer le socialisme au monde. Le logo du fabianisme dépeint un loup habillé en agneau et son nom fait référence à Quintus Fabius Maximus Verrucosus, un général et empereur romain, rendu célèbre pour avoir fait de l’attentisme une stratégie gagnante.

Dans la Revue fabienne, le premier pamphlet publié par le groupe, une remarque sur la couverture précise : « Tu dois attendre le moment opportun, tout comme Fabius attendit avec patience, lorsqu’il était en guerre contre Hannibal, et alors même que son entourage lui reprochait son attentisme ; pourtant, quand le moment décisif se présente tu dois frapper fort, tout comme Fabius frappa fort contre Hannibal, ou bien ton attente aura été vaine et inutile. » [3]

Pour installer le socialisme petit à petit, la Société fabienne a inventé le concept de « pénétration » qui consiste à se saisir des opportunités qui se présentent dans les sphères politiques, économiques et civiles de la société. La Société fabienne ne restreint pas les activités de ses membres, mais les encourage à promouvoir les idées socialistes en adhérant à diverses associations ou en cultivant leurs réseaux auprès de personnes influentes, que ce soit dans des cabinets ministériels, ou auprès de fonctionnaires bien placés de l’administration, d’industriels, ou de responsables d’université ou d’église. Sydney Webb, président de la Société fabienne écrit :

« En tant que Société, nous accueillons les hommes et les femmes de toutes dénominations religieuses, ou d’aucune, en insistant bien sur le fait que le socialisme n’est pas séculaire, et que le véritable but et objet de toute action collective raisonnable est le développement de l’âme individuelle, ou de la conscience individuelle, ou de la personnalité. (…) De même, nous ne limitons pas notre propagande au seul Parti des Travailleurs qui commence à peine à prendre forme, ou à ceux qui sont enclins à se déclarer socialistes, ou aux travailleurs manuels, ou à n’importe quelle classe sociale. Nous expliquons nos propositions, une à une, de la façon la plus convaincante possible, à tous ceux qui sont prêts à nous écouter : les conservateurs à chaque fois que l’on peut entrer en contact avec eux, les églises et cultes de toutes dénominations, les diverses universités, les libéraux de gauche et les radicaux, en même temps que les Sociétés socialistes. C’est ce que nous appelons la « perméabilité » et c’est une grande découverte. » [4]

Beaucoup de membres de la Société fabienne étaient de jeunes intellectuels. Ils faisaient des discours, publiaient des livres, éditaient des magazines et des tracts dans toute la société. Au cours du XXe siècle, la Société fabienne a évolué vers la sphère du politique. Sidney Webb est devenu le représentant des Fabiens au sein du tout nouveau Comité représentatif du Travail, organe du Parti des Travailleurs.

Au Parti des Travailleurs, Webb s’est occupé de la rédaction de la constitution du parti ainsi que du programme. Devenu influent dans les choix politiques, il s’attache à ce que le socialisme fabien devienne l’idéologie centrale du parti. Plus tard la Société fabienne connait une influence accrue aux États-Unis, où plusieurs groupes existent au sein des départements universitaires.

Que ce soit le communisme violent de Lénine ou celui non-violent des Fabiens, tous deux sont manipulés par le spectre maléfique du communisme et ont le même but final. Le communisme violent de Lénine ne rejette pas pour autant les stratégies non-violentes. Dans son livre La Maladie infantile du communisme, Lénine critique les partis communistes de l’Europe de l’Ouest quand ils refusent de coopérer avec ce qu’il appelle les syndicats « réactionnaires » ou de se faire élire au parlement « capitaliste ».

Lénine écrit dans son livre : « L’art de la politique (et la manière correcte avec laquelle un communiste doit comprendre la tâche qui est la sienne) consiste à évaluer correctement les conditions et le moment opportun où l’Avant-Garde du prolétariat peut se saisir du pouvoir ; le moment où il est en mesure (durant et après la prise de pouvoir) de gagner le soutien adéquat d’un groupe suffisant de travailleurs et de masses non prolétariennes ; et le moment où il est capable de maintenir sa gouvernance par la suite, de la consolider et de l’étendre, en éduquant, en formant et en attirant à lui toujours plus de masses de travailleurs ». [5]

Lénine insiste encore et encore sur le fait que les communistes doivent cacher leurs véritables intentions. Pour se saisir du pouvoir, les compromis ou l’absence de compromis sont deux choses également acceptables. En d’autres termes, pour arriver à leur fin, ils s’autorisent à ne pas avoir de scrupules. Sur la route du pouvoir, le Parti bolchévik de Russie et le Parti communiste chinois ont tous deux eu recours à des formes de violences et de mensonges extrêmes.

La brutalité des régimes communistes soviétique et chinois a détourné l’attention du communisme non-violent à l’Ouest. Bernard Shaw, un dramaturge irlandais, et représentant de la Société fabienne, écrit : « J’ai également été clair sur le fait que le socialisme voulait dire égalité totale des revenus ou rien, et que sous le socialisme vous n’auriez pas le droit d’être pauvre. On vous nourrirait de force, vous habillerait de force, vous logerait, vous éduquerait et vous emploierait de force, que cela vous plaise ou non. Et si on se rendait compte que vous n’avez pas assez de caractère pour qu’on s’occupe de vous, alors il serait possible de vous exécuter en douceur. » [6]

La Société fabienne a fait de la dissimulation sa marque de fabrique. Elle a choisi Bernard Shaw, un homme de lettres, pour enrober de jolis mots les véritables objectifs du communisme non-violent. Mais la brutalité est sous la surface. Les partis communistes occidentaux et les organisations diverses qui leur servent de vitrine incitent les jeunes à créer un contexte chaotique. Ils attaquent, vandalisent, volent, mettent le feu, posent des bombes et assassinent pour harceler et intimider leurs ennemis.

2. La guerre d’espionnage et de désinformation

Le communisme considère la nation comme une construction oppressive de la société de classe et veut abolir la nationalité. Dans Le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels affirment que « les travailleurs n’ont pas de pays ». Le manifeste se termine par « Travailleurs de tous pays, unissez-vous ! »

Sous la direction de Lénine, les bolchéviks ont créé le premier pays socialiste en Russie et, sans attendre, ont implémenté l’Internationale communiste (Komintern) pour instiguer et encourager la révolution socialiste sur la planète. Le but de l’Union Soviétique et du Komintern était de renverser les régimes légitimes de toutes les nations terrestres, et d’établir une dictature du prolétariat mondiale de type socialiste. En 1921 la branche de l’Extrême Orient du Komintern crée le PCC qui prendra la Chine par la force en 1949.

En dehors du PCC, les partis communistes du monde entier ont cherché les conseils, accepté les fonds et les formations émanant du Komintern. Avec les ressources d’un vaste empire à sa disposition le Parti communiste de l’Union Soviétique (PCUS) a recruté des activistes partout dans le monde et les a formés à mener des actions subversives dans leur propre pays.

Fondé en 1919, le Parti communiste USA (PCUSA) était une de ces organisations qui suivaient les recommandations du Komintern et du PCUS. Bien que le PCUSA ne soit jamais devenu une force politique majeure, son influence sur les États-Unis est pourtant réelle. Le PCUSA s’est associé à des activistes et des organisations d’activistes pour infiltrer les mouvements travailleurs et estudiantins, les églises et le gouvernement.

Le Dr. Fred Schwartz, pionnier de l’anticommunisme américain, a dit en 1961 : « Toute tentative de juger de l’influence des communistes par leur nombre revient à essayer de déterminer la viabilité d’une coque de bateau en comparant la surface trouée à la surface qui ne l’est pas. Un seul trou suffit à couler un bateau. Le communisme est la théorie de la minorité disciplinée qui contrôle et dirige le reste. Une personne à un poste clé peut contrôler et manipuler des milliers d’autres. »

Il a été reconnu que des agents soviétiques opéraient au sein du gouvernement américain durant la Deuxième Guerre mondiale. Pourtant, et en dépit des efforts anticommunistes du Sénateur Joseph McCarthy, les faits ont été oblitérés ou rendus obscurs par les hommes et femmes politiques de gauche, les universitaires et les médias de gauche.

Dans les années 1990, le gouvernement américain déclassifie les « dossiers Venona », décodés par les services secrets américains, et qui couvrent une période allant des années 40 à la fin de la guerre. Ces documents montrent que 300 espions soviétiques travaillaient pour le gouvernement américain, y compris à des postes stratégiques sous Roosevelt, et avaient accès à des informations hautement confidentielles. D’autres agents ont utilisé leur position pour influer sur l’élaboration des lois et sur l’organisation de l’État.

Parmi ceux qui ont été identifiés comme espions soviétiques, on compte Harry Dexter White, un haut-fonctionnaire du ministère des Finances des États-Unis, Alger Hiss, haut-fonctionnaire au ministère des Affaires Étrangères, et Julius et Ethel Rosenberg, le couple exécuté pour avoir transmis à l’URSS des secrets militaires et des technologies liés à l’énergie atomique.

Les communications interceptées et décryptées par le projet Venona ne sont que la pointe de l’iceberg ; l’étendue de l’infiltration du gouvernement américain par les Soviétiques reste encore largement méconnue. Par leur statut d’officiels de haut rang de l’administration américaine, certains agents soviétiques ont été en mesure de peser sur des décisions politiques importantes.

Alger Hiss, espion soviétique au ministère des Affaires étrangères, a joué un rôle clé comme conseiller du président Roosevelt lors de la Conférence de Yalta au sortir de la Guerre mondiale. Il a contribué à l’élaboration des arrangements territoriaux de l’après-guerre, à l’écriture de la Charte des Nations Unies, a décidé de l’échange de prisonniers, entre autres exemples.

Harry Dexter White, un fidèle conseiller du ministre des Finances, Henry Morgenthau Jr, a participé à la rédaction des accords financiers internationaux de Bretton Woods, et a joué un rôle majeur dans la création du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale.

White a encouragé le Parti Nationaliste Chinois (Kouomintang) à recruter Yi Zhaoding, un membre secret du PCC, au sein du Ministère des Finances Chinois. En prenant son poste en 1941, Yi devient l’architecte de reformes monétaires désastreuses qui mineront la réputation du Kouomintang et favoriseront la montée du PCC.

Des historiens affirment que l’influence des espions soviétiques et de leurs sympathisants gauchistes dans le domaine des affaires étrangères américaines, a mené à l’arrêt du soutien militaire des États-Unis au Kuomintang durant la Guerre Civile Chinoise de l’après Deuxième Guerre mondiale. Ainsi la Chine continentale a été laissée à la merci du PCC.

Des universitaires, comme M. Stanton Evans, affirment que les espions soviétiques ont été particulièrement habiles dans leurs interférences sur les choix politiques. [8] Whittaker Chambers, un informateur soviétique et correspondant au PCUSA, qui est par la suite passé à l’Ouest, a pu dire : « Les agents d’un pouvoir ennemi ont été en mesure de faire bien plus que dérober des documents. Ils étaient dans une situation qui leur permettaient de peser sur les choix politiques nationaux en favorisant l’intérêt de la nation ennemie, et pas seulement dans des cas isolés, (…) mais dans ce qui a été la somme astronomique des prises de décisions quotidiennes. » [9]

Yuri Bezmenov, un agent du KGB passé à l’Ouest, a parlé des méthodes de subversion soviétiques dans ses écrits et ses interviews. Selon lui, l’espion à la James Bond tel qu’il est décrit dans la culture populaire, qui fait sauter des ponts et va voler des documents secrets est très éloigné de la réalité de l’espionnage. Seulement 10 à 15% du personnel et des ressources du KGB étaient assignés à des opérations d’espionnage classique, et tout le reste servait la subversion idéologique.

Bezmenov dit que la subversion vient en quatre étapes : la première étape est de susciter la décadence culturelle du pays ennemi et de le démoraliser ; la seconde est de créer le chaos social ; et la troisième est d’instiguer une crise qui mènera soit à la guerre civile, à la révolution ou à l’invasion d’un pays tiers, pour aboutir à la quatrième et dernière étape qui consiste à placer le pays sous le contrôle du Parti communiste. C’est ce qu’ils appellent la normalisation.

Bezmenov, alias Thomas Schumann, dresse la liste des trois domaines de subversion que sont la pensée, le pouvoir et la vie sociale. La pensée comprend la religion, l’éducation, les médias et la culture. Le pouvoir recoupe l’administration du gouvernement, le système des lois, la police, les forces armées et la diplomatie. Quant à la vie sociale, elle correspond aux familles et aux communautés, à la santé et aux relations entre les gens de différentes races et différentes classes sociales.

Par exemple, Bezmenov explique que la notion d’égalité doit être manipulée de façon à créer des mouvements sociaux. Les agents promeuvent la cause de l’égalitarisme et suscitent le mécontentement des gens quant à leur situation politique et économique. L’activisme et les mouvements sociaux doivent amener l’économie à un point mort de façon à exacerber les relations entre le travail et le capital dans un cycle négatif de déstabilisation. Cela permettrait l’avènement d’une révolution ou bien l’invasion par les forces communistes. [10]

Ion Mihai Pcepa, un haut-fonctionnaire des services secrets de la Roumanie communiste, est passé à l’Ouest en 1978. Il expliquera comment l’Union Soviétique et les pays de l’Europe de l’Est adoptent des stratégies de guerre psychologique et de désinformation à l’encontre des pays de l’Ouest. Selon lui, le but de la désinformation est de brouiller les cadres de références des gens. Une fois leurs valeurs idéologiques manipulées, les gens sont incapables de comprendre ou d’accepter la vérité quand on la leur met sous les yeux. [11]

Bezmenov dit que la première étape de la subversion idéologique prend de 15 à 20 ans. C’est le temps nécessaire pour éduquer une nouvelle génération ; la seconde étape prend entre 2 et 5 ans, et la dernière étape à peine 3 ou 6 mois. Dans un discours qu’il a donné en 1984, Bezmenov a dit que la première phase avait donné des résultats qui dépassaient les attentes des Soviétiques.

Les rapports des nombreux agents soviétiques et des officiels du renseignement, ainsi que les documents déclassifiés depuis la fin de la Guerre Froide, suggèrent que les stratégies d’infiltration ont été la force motrice de la Contreculture des années 60.

En 1950, le Sénateur Joseph McCarthy a commencé à exposer au grand jour l’étendue de l’infiltration communiste au sein du gouvernement et de la société américaine. Mais quatre ans plus tard, le Sénat le condamne officiellement et la purge des influences communistes menée par le gouvernement connait une fin brutale. C’est une des raisons principales du déclin américain.

La menace de l’infiltration communiste n’a pas diminué avec la chute de l’Union Soviétique et la fin de la Guerre Froide. Par exemple, Joseph McCarthy continue d’être démonisé par les politiciens de gauche et par les médias. De nos jours, le maccarthisme est synonyme de persécution politique – une indication évidente de la domination de l’idéologie gauchiste en Occident.

Les décennies de répression et de diffamation infligées aux héros anticommunistes américains comme McCarthy sont indicatives d’une tendance générale. Comme un commentateur politique américain et conservateur l’observe, l’antiaméricanisme est le composant principal de la mouvance gauchiste mondiale. La gauche se bat becs et ongles pour protéger les adultères, les avorteurs, les criminels et les communistes, et soutient au contraire l’anarchie en même temps qu’elle condamne la civilisation.

3. Du New Deal au progressisme

Le jeudi 24 octobre 1929, la bourse de New-York s’effondre. La crise s’étend du secteur financier à l’ensemble de l’économie, n’épargnant aucun des grands pays développés de l’Ouest. Le chômage atteint plus d’un quart de la population et le nombre total de demandeurs d’emploi dépasse les 30 millions. En dehors de l’Union Soviétique, la production industrielle des plus grands pays chute d’environ 27%. [12]

Au début de l’année 1933, 100 jours après l’inauguration de Roosevelt, de nombreuses lois ont été passées qui s’attachent à résoudre la crise. Ces politiques accélèrent l’intervention de l’État dans l’économie et mettent en place des réformes majeures : le Congrès vote l’Emergency Banking Act, l’Agricultural Adjustment Act, le National Recovery Act, et le Social Security Act. Bien que le New Deal de Roosevelt ait pris fin essentiellement avec l’entrée en guerre des États-Unis, beaucoup de ces institutions et organisations créées à cette époque continuent de modeler la société américaine actuelle.

Roosevelt publia plus de décrets que le nombre total de décrets publiés par les autres présidents au cours du même siècle. Pour autant, le chômage américain aux États-Unis ne parvint à passer sous la barre des deux chiffres qu’au moment de l’entrée en guerre du pays. Les vrais effets du New Deal ont été de lancer le gouvernement américain sur une trajectoire de taxation élevée, d’une démultiplication des rôles de l’État, et d’un interventionnisme économique.

Dans son livre publié en 2017 Le Grand Mensonge : la vérité sur les racines nazies de la gauche américaine, le conservateur Dinesh D’Souza affirme que le National Recovery Act, qui représente le cœur du New Deal, ne signifie rien d’autre que la fin du libre-échange aux États-Unis. [13]

Selon La Folie de FDR, publié en 2003 par l’historien Jim Powell, le New Deal a prolongé la Grande Crise plutôt qu’il n’y a mis fin : la 4 et les lois sur le travail ont aggravé le chômage, alors même que les taxes sur les entreprises nuisaient aux entreprises en bonne santé. [14] L’économiste et lauréat du Prix Nobel d’Économie Milton Friedman a complimenté le travail de Powell : « Comme Powell le démontre sans l’ombre d’un doute, le New Deal a gêné la reprise de l’économie prise dans une spirale de contraction, l’a prolongée et a aggravé le chômage ; et il a en même temps préparé le terrain à plus d’interventionnisme intrusif et dépensier de la part des gouvernements. » [15]

Le président Lyndon Johnson, qui a pris le pouvoir à la suite de l’assassinat du président Kennedy en 1963, déclare la « guerre à la pauvreté » en 1964 dans son discours sur l’État de l’Union, et lance les plans d’aide de la Grande Société (Great Society). En un temps très court, Johnson publie toute une série de décrets, donne naissance à de nouvelles agences gouvernementales, renforce l’État-Providence, augmente les impôts et étend l’autorité de l’État à des domaines toujours plus grands.

On notera avec intérêt les similarités entre les mesures administratives du président Johnson et le « Nouveau Programme du Nouvel Agenda du Parti communiste américain » publié en 1966. Gus Hall, le secrétaire général du PCUSA a dit : « L’attitude communisme face à la Grande Société peut être résumée par le vieil adage qui dit que ce n’est pas parce que deux personnes dorment dans le même lit qu’ils font le même rêve. Nous les communistes, nous soutenons l’intégralité des mesures de la Grande Société parce que nous rêvons de socialisme. »

Le « même lit » dont parle Hall fait référence à la Grande Société. Bien que le PCUSA ait soutenu l’initiative de la Grande Société, les intentions de l’administration Johnson étaient d’améliorer les États-Unis dans le cadre d’un système démocratique. Les intentions du Parti communiste, en revanche, étaient d’amener petit à petit le pays dans un système socialiste.

Les conséquences les plus graves de la Grande Société et de la Guerre contre la pauvreté sont de trois ordres : ces plans d’actions ont accru la dépendance des gens à l’aide sociale, les ont découragés à travailler, ont institutionnalisé les politiques sociales et ont porté atteinte à l’intégrité de la famille. Les politiques sociales favorisent les familles monoparentales, encourageant par là-même les divorces et les naissances hors mariage. Selon les statistiques, le nombre d’enfants nés en dehors du mariage concernait 3,8 % de toutes les naissances en 1940 ; en 1965 le taux atteint déjà les 7,7%. Et en 1990, 25 ans après les réformes de la Grande Société, le chiffre monte à 28%, pour atteindre 40% en 2012. [17]

La désintégration de la famille a eu toute une série de conséquences diffuses, telles que l’augmentation du coût financier à la charge de l’État, un taux de criminalité en forte hausse, le déclin de l’éducation familiale, la paupérisation des familles incapables de s’en sortir sur plusieurs générations, une mentalité revendicative et a mené à un taux élevé de chômage volontaire.

Une citation attribuée au juriste et historien écossais Lord Alexander Fraser Tytler dit : « Une démocratie ne peut être une forme permanente de gouvernement. Elle ne peut exister que jusqu’au moment où les électeurs se rendent compte qu’ils peuvent voter dans un sens qui va leur permettre d’obtenir plus de largesses du Trésor public. À partir de ce moment-là, la majorité va voter pour le candidat qui lui promet le plus d’argent public, avec pour résultat qu’une démocratie s’effondre toujours en raison de sa politique fiscale laxiste et qu’elle est toujours suivie d’une dictature. » [18]

Comme le dit le proverbe chinois : « Passer de l’économie à l’extravagance est facile, mais l’inverse est difficile. » Une fois que les gens sont devenus dépendants de l’aide sociale, il devient impossible au gouvernement de réduire l’étendue et les modalités de ces aides. L’État-Providence occidental est devenu un réel bourbier face auquel les officiels et les politiques sont désemparés.

Dans les années 1970, l’extrême-gauche abandonne les termes révolutionnaires qui détournent d’eux nombre d’Américains et les remplace par des termes plus neutres comme le « progressisme » ou le « libéralisme ». Nos lecteurs qui ont vécu dans les pays communistes sont familiers de ce genre de phénomènes et ils savent que le mot « progrès » était utilisé par le Parti communiste comme un quasi synonyme du mot « communisme ». Par exemple, l’expression « mouvement progressiste » faisait référence au « mouvement communiste », et les « intellectuels progressistes » étaient les « individus procommunistes » ou bien les membres infiltrés du Parti communiste.

Le libéralisme (tel qu’il est compris aux États-Unis) n’est pas radicalement différent du progressisme, dans le sens où il implique des notions d’imposition élevée, d’aides sociales dispendieuses, d’un gouvernement présent à chaque niveau, d’un rejet de la religion, de la moralité et de la tradition, du recours à la « justice sociale » comme outil politique, le politiquement correct et la promotion active du féminisme, de l’homosexualité, de la perversion sexuelle, entre autres exemples.

Notre intention n’est pas de pointer du doigt telle ou telle figure politique ou tel individu, car il est en effet difficile de faire des analyses et avoir des prises de positions correctes, tant les développements de l’histoire sont complexes. Il est clair que le spectre du communisme est à l’œuvre aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest depuis le début du XXe siècle. La révolution violente a fonctionné à l’Est, et à l’Ouest, c’est par le biais de l’infiltration des gouvernements et des sociétés qu’il est parvenu à les transformer vers toujours davantage de gauchisme.

En particulier à la suite de la Crise des Années 30 et de la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis ont adopté des politiques sans cesse plus socialistes, telles que l’État-Providence, alors même que l’athéisme et le matérialisme érodaient le tissu moral de la société américaine. Les gens se sont éloignés de Dieu et de la moralité traditionnelle, se rendant ainsi plus vulnérables aux mensonges du spectre maléfique.

4. La révolution culturelle à l’Ouest

Les années 60, décennie de bouleversements dans l’histoire moderne, ont été le témoin d’un mouvement de contreculture sans précédent à l’Est comme à l’Ouest. Contrairement à la Révolution culturelle des communistes chinois, le mouvement de contreculture occidental a donné l’impression de cibler plusieurs choses à la fois, ou plutôt de ne rien vraiment cibler.

Durant cette décennie, les participants au mouvement de la contreculture, principalement jeunes, étaient motivés par diverses attentes. Certains s’opposaient à la Guerre du Vietnam, d’autres se battaient pour l’égalité des droits, certains pour le féminisme et contre le patriarcat, et d’autres en faveur des droits des homosexuels. Pour couronner tout cela, on assistait à un spectacle étourdissant de mouvements contre la tradition et l’autorité qui prônait la liberté sexuelle, l’hédonisme, les narcotiques et la musique rock.

Le but de la Révolution culturelle occidentale était de détruire la civilisation juste qu’est le christianisme ainsi que sa culture traditionnelle. Bien qu’en apparence désorganisé et chaotique, ce déplacement des valeurs culturelles au niveau international émane du communisme.

Les jeunes participants au mouvement de la contreculture vouaient un culte à leurs trois idoles, « les trois M » – Marx, Marcuse et Mao.

Herbert Marcuse était un membre éminent de l’École de Frankfort, un groupe d’intellectuels marxistes qui étaient associés à l’Institut de Recherches sociales de l’université de Goethe à Frankfort. Créée en 1923, cette école a utilisé le concept de théorie critique pour attaquer la civilisation occidentale et a introduit le marxisme dans la sphère culturelle.

Un de ses fondateurs est le marxiste hongrois Gyorgy Lukàcs, qui, en 1919 s’est rendu célèbre pour avoir demandé : « Qui peut nous sauver de la civilisation occidentale ? » [20] En développant son propos, il affirme que l’Ouest est responsable de génocides à l’encontre de toutes les civilisations et toutes les cultures qu’il a rencontrées. Les civilisations américaine et occidentales, selon Lukàcs, sont les plus grands dépositaires au monde du racisme, sexisme, nativisme, xénophobie, antisémitisme, fascisme et narcissisme.

En 1935, les marxistes de l’École de Frankfort se relocalisent aux États-Unis et deviennent affiliés à l’université de Columbia à New-York. Il leur est alors donné d’essaimer leurs théories sur le sol américain. Avec le soutien d’autres universitaires de gauche, ils ont corrompu plusieurs générations de jeunes Américains.

En associant le marxisme et le pansexualisme de Freud, les théories de Marcuse servent de catalyse au mouvement de libération sexuelle. Marcuse pensait que la répression de sa propre nature telle qu’elle existe dans les sociétés capitalistes entrave la liberté. Il était donc nécessaire de s’opposer à toutes les formes traditionnelles de religion, de moralité, d’ordre et d’autorité afin de transformer la société en une utopie de plaisirs sans fins et sans contraintes.

L’œuvre majeure de Marcuse Eros et la Civilisation occupe une place importante parmi la grande quantité de livres et d’écrits qu’ont publiés les intellectuels de Frankfort, et ce pour deux raisons : tout d’abord, le livre fait la jonction entre Marx et Freud et applique les critiques politiques et économiques de Marx aux domaines de la culture et de la psychologie. Le livre crée également des ponts entre les théoriciens de Frankfort et les jeunes lecteurs, et rendent possible la rébellion culturelle des années 60.

Marcuse a dit : « [Le mouvement de la contreculture peut être considéré comme] une révolution culturelle car les contestations visent l’ensemble du système culturel, et notamment la moralité de la société existante. (…) Il y a une chose que l’on peut dire sans se tromper : l’idée traditionnelle de révolution et la stratégie traditionnelle de la révolution ne sont plus. Ces idées sont dépassées. (…) Ce que nous devons viser, c’est une désintégration diffuse et dispersée du système. » [21]

Peu de jeunes gens parmi les rebelles étaient en mesure de comprendre les arcanes des théories de l’École de Frankfort, mais les idées de Marcuse étaient en revanche simples : soyez anti-tradition, anti-autorité et anti-moralité. Faites-vous plaisir et sans contrainte avec le sexe, la drogue et le rock-and-roll. « Faites l’amour, pas la guerre. » Tant que vous dites « non » à tout type d’autorité et de normes sociétales, vous pouvez vous considérer comme un participant à la « noble cause révolutionnaire ». Il était tellement simple et facile de devenir un révolutionnaire à l’époque que beaucoup de jeunes se sont laissés convaincre.

Il est important de noter que, bien que les jeunes rebelles agissent de leur plein gré, nombreux étaient les leaders estudiantins bien en vue à avoir été formés et manipulés par des communistes étrangers. Par exemple, les responsables d’étudiants en faveur d’une Société démocratique (Students for a Democratic Society ou SDS) avaient été formés à Cuba.

Les manifestations des étudiants étaient directement organisées et instiguées par des groupes communistes. La faction d’extrême-gauche Weathermen se détache de la SDS et annonce en 1969 : « La contradiction entre les peuples révolutionnaires d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine d’un côté et les impérialistes dirigés par les États-Unis de l’autre, est la principale contradiction du monde contemporain. Le développement de cette contradiction incite les peuples du monde entier à se battre contre l’impérialisme américain et contre ses laquais. » Ces mots viennent en fait de Lin Biao, la seconde personne la plus puissante du régime chinois de l’époque, et sont extraits d’une série d’articles qu’il a publiés et appelés « Vive la Victoire de la Guerre des Peuples ! » [22]

Tout comme la Révolution culturelle a causé des dégâts irréversibles à la culture traditionnelle chinoise, le mouvement de la contreculture a causé un chamboulement colossal dans la société occidentale. En premier lieu, il a normalisé beaucoup de sous-cultures qui n’appartenaient jusqu’alors qu’aux marges de la société ou qui étaient des variations déviantes de la culture principale. La libération sexuelle, les drogues et le rock-and-roll ont rapidement érodé les valeurs morales de la jeunesse, et l’ont transformée en une force corrosive latente qui est contre Dieu, contre la tradition et contre la société.

Deuxièmement, le mouvement de la contreculture a été le terreau de l’activisme chaotique et a généré une panoplie de conceptions antisociales et antiaméricaines, préparant le terrain à la révolution de rue qui viendrait plus tard.

Enfin, après que les jeunes des années 60 ont mis fin à leur quotidien d’activistes, ils ont rejoint les universités et les instituts de recherche, ont obtenu leur doctorat et leur master et sont maintenant dans le courant principal de la société. Ils y ont amené leurs conceptions marxistes du monde notamment en termes d’éducation, de média, de politique et d’économie, et continuent ainsi à propager la révolution non-violente dans tout le pays.

Depuis les années 80, la gauche a largement réussi à établir ses bastions dans les média grand public, dans le monde des idées et à Hollywood. La présidence de Ronald Reagan a pu brièvement inverser la tendance, mais elle a resurgi dans les années 90 pour atteindre des sommets ces dernières années.

5. Les mouvements contre la guerre et pour les droits civiques

Dans le livre de George Orwell, 1984, un des quatre ministères principaux d’Océanie est le ministère de la Paix, qui gère les affaires militaires du Parti. L’inversion sémantique dans le choix du nom est très parlant : quand on est moins fort que l’ennemi, la meilleure stratégie est de proclamer que l’on est pour la paix. Brandir une branche d’olivier est le meilleur moyen de cacher le fait que la guerre est imminente. L’URSS et les autres pays communistes ont été et continuent d’être des adeptes de cette stratégie, qui leur permet d’infiltrer l’Ouest.

Le Conseil mondial pour la Paix a été créé en 1948. Son premier président était le physicien français Joliot-Curie, membre du Parti communiste français. La Deuxième Guerre mondiale venait juste de se terminer et les États-Unis étaient encore le seul et unique pays à avoir produit et testé l’arme nucléaire. Ayant essuyé de lourdes pertes pendant la guerre, l’URSS appelait agressivement à la paix mondiale, pour stratégiquement obliger les Occidentaux à relâcher la pression. Le Conseil mondial de la Paix était sous le contrôle direct de la Commission de Paix des soviétiques, une organisation affiliée au Parti communiste soviétique. Il s’est évertué à promouvoir l’idée selon laquelle l’URSS était un pays pacifiste et les États-Unis un pays de va-t-en-guerre aux visées hégémoniques.

Le haut fonctionnaire – et une référence idéologique du parti – Mikhail Suslov a avancé l’idée de « lutte pour la paix » qui est devenue un aspect important de la rhétorique des Soviets.

« Le mouvement pacifiste actuel témoigne de la volonté et de l’envie de la très grande majorité des masses du peuple de maintenir la paix et d’empêcher les agresseurs de plonger l’humanité dans un autre abîme de massacres, » écrit Suslov dans un tract de propagande en 1950. « Notre tâche maintenant est de transformer cette volonté des masses en actions réelles et concrètes et de contrecarrer les projets et les mesures des Anglo-Saxons fomenteurs de guerres. » [23]

L’Union Soviétique a soutenu une multitude d’organisations et de groupes tels que la Fédération mondiale des Syndicats de Travailleurs, l’Association mondiale de la Jeunesse, la Fédération internationale des Femmes, l’Alliance mondiale de la Jeunesse démocratique, l’Association mondiale des Scientifiques, entre autres exemples, pour soutenir les idées du Conseil mondial de la Paix. « La paix dans le monde » est devenue une des lignes de rhétorique des communistes dans leur guerre contre le monde libre.

Vladimir Bukowski, un important dissident soviétique, écrit en 1982 que « les membres de l’ancienne génération se rappellent encore les marches et les rallies et les pétitions des années 50. (…) Ca n’est un secret pour personne que l’intégralité de la campagne était organisée, pilotée et financée de Moscou, par le biais du soi-disant Fond pour la Paix et du Conseil mondial de la Paix, sous domination soviétique (…) » [24]

Gus Hall, Secrétaire Général du Parti communiste USA, a dit : « Il est nécessaire de promouvoir la lutte pour la paix, la pousser à son maximum, impliquer plus de gens et en faire le sujet de conversation de toute communauté, de tout groupe de gens, de tout syndicat, de toute église, de toute famille, de toutes les rues et de tous les lieux où les gens se réunissent (…) » [25]

Les Soviétiques ont défendu la « lutte pour la paix » en trois vagues successives au cours de la Guerre Froide, avec la première vague commençant dans les années 50. La seconde culmine avec le mouvement anti-guerre des années 60 et 70. Selon le témoignage de Stanislas Lunev, un ancien officier du GRU soviétique (renseignement militaire) qui est passé à l’Ouest en 1992, les sommes d’argent dépensées par l’URSS dans la propagande anti-guerre en Occident étaient le double de ce qu’ils ont dépensé pour soutenir le Vietnam du Nord dans ses actions militaires et son économie. Il affirma que « le GRU et le KGB ont financé quasiment l’intégralité des mouvements et groupes pacifiques aux États-Unis et dans d’autres pays. » [26]

Ronald Radosh, ancien marxiste et activiste lors de l’opposition à la Guerre du Vietnam, admet que « nos intentions n’ont jamais tant été de mettre un terme à la guerre que d’utiliser les sentiments anti-guerre pour créer un nouveau mouvement socialiste révolutionnaire sur notre sol. » [27]

La troisième vague importante du mouvement anti-guerre a eu lieu au début des années 80 quand les États-Unis déploient des missiles nucléaires de moyenne portée en Europe. Les manifestants anti-guerre demandent à l’URSS comme aux États-Unis qu’ils limitent leur arsenal nucléaire, alors même que l’URSS n’a jamais respecté les traités internationaux.

Une étude menée par le Comité Judiciaire du Sénat américain en 1955 montre que sur les 38 années depuis la fondation du régime soviétique, l’URSS a signé près de 1000 traités bilatéraux et multilatéraux avec divers pays dans le monde, mais n’a quasiment jamais respecté les promesses et accords pour lesquels elle s’était engagée. [28] Les auteurs de cette enquête notent ainsi que l’Union Soviétique est probablement la moins fiable de toutes les grandes nations de l’histoire.

Trevor Loudon affirme que dans les années 1980, le mouvement anti-nucléaire était secrètement financé par l’Union Soviétique par le biais d’agents spéciaux formés à cette tâche. En conséquence, la Nouvelle-Zélande s’est retirée du traité de sécurité réunissant l’Australie, la Nouvelle Zélande et les États-Unis (le traité ANZUS), mettant ainsi ce petit pays à la population de moins de 4 millions à la merci de la menace communiste. [29]

Après les attentats du 11 septembre, les États-Unis connurent une vague d’imposantes manifestations et défilés pour s’opposer à la guerre. À l’origine de ces manifestations se trouvaient des organisations proches des communistes. [30]

Même le très populaire mouvement pour les droits civiques a été influencé par le spectre communiste. En comparant les révolutions communistes en Chine, à Cuba, et en Algérie, le théoricien américain G. Edward Griffin a découvert que le mouvement des droits civiques aux États-Unis avait suivi le même schéma. La première étape correspond au moment où les gens sont divisés en groupes différents et conflictuels. Dans la seconde étape, un front uni est établi pour créer l’illusion d’un soutien universel et pour préparer à la confrontation avec l’opposition dans la troisième étape. La quatrième étape est d’inciter à la violence. La cinquième étape est de lancer un coup d’État et de s’emparer du pouvoir sous la forme d’une révolution. [31]

Dès la fin des années 20, le très communiste Parti des Travailleurs a découvert un grand potentiel révolutionnaire chez les Noirs Américains. Ils appelaient à la création d’une « République Nègre » soviétique dans le cœur du Sud des États-Unis, où résidaient beaucoup de noirs. [32] Un manuel de propagande communiste publié en 1934, Les Noirs dans une Amérique Soviétique, proposait d’associer révolution raciale dans le Sud et révolution prolétarienne en général. [33]

Le mouvement des droits civiques aux États-Unis dans les années 60 a reçu le soutien des partis communistes soviétique et chinois. Quand Leonard Patterson, un noir américain, ancien membre du Parti communiste USA, s’est retiré du PCUSA, il a témoigné du soutien appuyé du PCUSA à l’insurrection et aux émeutes dans la communauté noire américaine. Patterson comme Hall, le secrétaire général du PCUSA, s’était rendu à Moscou pour y être formé. [34]

L’intensification du mouvement des droits civiques coïncide avec la campagne du PCC pour propager la révolution. En 1965, le PCC avançait le slogan de la « révolution internationale », enjoignant la « vaste campagne » de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique Latine d’encercler les « villes internationales » de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord, comme l’avait fait le PCC quand il s’était d’abord emparé des campagnes avant de défaire le Kuomintang dans les villes lors de la Guerre Civile chinoise.

Les organisations les plus violentes du mouvement des droits civiques des noirs américains, comme le Mouvement d’Action révolutionnaire et le maoïste Black Panthers, étaient toutes soutenues ou directement influencées par le PCC. Le Mouvement d’Action révolutionnaire appelait à la révolution violente et était considéré comme une organisation extrémiste et dangereuse par le courant principal de la société. Il a été dissous en 1969.

Dans sa forme comme dans ses enseignements, les Black Panthers considéraient le PCC comme leur modèle, avec des slogans tels que « le pouvoir politique se construit au bout du fusil » ou « l’intégralité du pouvoir est au peuple ». Les Citations du président Mao Zedong était leur livre de chevet. Comme le PCC, les Black Panthers prônaient la révolution violente. Un de ses chefs, Elridge Cleaver, prédisait en 1968 une vague de terreur et de violence et des guérillas. À de nombreux meetings politiques, les participants agitaient leur Petit Livre Rouge (Citations du Président Mao). La mer de livres rouges avait une forte ressemblance avec les scènes que l’on pouvait voir en Chine à peu près à la même époque. [35]

Bien que beaucoup des revendications du mouvement des droits civils aient été acceptées par la société courante, l’idéologie noire révolutionnaire et radicale n’a pas pour autant disparue. Elle a récemment refait surface sous la forme du mouvement Black Lives Matter (les Vies Noires comptent). [36]

Les gens partout dans le monde souhaitent la paix, et le pacifisme est un vieil idéal. Au XXe siècle, des personnes d’une grande compréhension et d’une grande compassion ont tout fait pour réduire les incompréhensions et les conflits entre les nations. En raison des circonstances historiques, les discriminations raciales existent aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Les gens essayent d’éliminer les discriminations raciales par le biais de l’éducation, des médias ou de manifestations, ce qui est tout à fait compréhensible.

Mais le spectre maléfique du communisme se sert des courants idéologiques et des conflits sociaux dans les pays occidentaux. Il sème la discorde, incite à la haine, et génère la violence tout en trompant et manipulant des quantités de gens qui, initialement, n’avaient pas de mauvaises intentions.

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Notes

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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