Chapitre 7 – Persécuter de paisibles citoyens : une réponse politique

Par Edward McMillan-Scott
7 octobre 2019 Mis à jour: 8 octobre 2019

Epoch Times est fier de republier «Une persécution sans précédent : la destruction de la bienveillance humaine» (« An Unprecedented Evil Persecution: A Genocide Against Goodness in Humankind » éd. Dr. Torsten Trey et Theresa Chu. 2016. Clear Insight Publishing). Le livre aide à la compréhension des prélèvements forcés d’organes en Chine en expliquant la cause profonde de cette atrocité: le génocide commis par le régime chinois contre des pratiquants de Falun Gong.

Edward McMillan-Scott, ancien vice-président et membre senior du Parlement européen, il est le fondateur du European Instrument for Human Rights and Democracy (IEHRD). Il a reçu la médaille d’honneur du European Inter-University Center (EIUC) pour les droits humains et la démocratisation. Il est aussi observateur permanent de la situation des droits humains en Chine avec un intérêt particulier pour le Falun Gong et l’avocat des droits humains chinois Gao Zhisheng.

En 2006, Pékin se préparait à accueillir les Jeux Olympiques de 2008 et je visitais alors la ville en tant que vice-président du Parlement européen pour les droits de l’homme et la Démocratie. La Chine se préparait à montrer au monde entier qu’elle était une puissance mondiale « responsable » qui avait progressé économiquement et politiquement. Liu Jingmin, vice-président du Comité de candidature Olympique de Pékin, soulignait alors qu’autoriser Pékin à accueillir les Jeux « aiderait au développement des droits de l’homme ». Dans une chambre d’hôtel miteuse aux rideaux tirés, je découvrais quant à moi la vérité derrière la façade de l’essor chinois.

En réalité, en amont des jeux, la Chine avait durci sa répression envers les dissidents politiques et religieux. Les pratiquants de Falun Gong – une paisible pratique spirituelle mariant méditation et culture de vertus telles que l’authenticité, la compassion, et la tolérance – étaient brutalement réprimés depuis 1999. Cela depuis que le Parti communiste chinois (PCC) avait pris peur que ce mouvement ne devienne une force organisée, à même de lui porter ombrage. J’ai alors appris que le régime chinois avait poussé la persécution jusqu’au génocide.

Les pratiquants que j’ai rencontrés en 2006 – d’anciens prisonniers de conscience, réformateurs et dissidents, m’ont parlé de la violente persécution menée par le PCC à laquelle eux et leurs familles avaient dû faire face. J’ai parlé avec Niu Jinping, qui a été condamné à deux ans de prison pour sa pratique du Falun Gong. Sa femme Zhang Lianying était encore emprisonnée et il s’était retrouvé tout seul pour élever sa fille de deux ans. La dernière fois qu’il avait vu sa femme, son corps entier était meurtri par des chocs électriques répétés, administrés par ses bourreaux qui voulaient la forcer à dénigrer le Falun Gong.

À sa sortie de prison, elle m’a adressé une liste de 50 tortures que les gardiens avaient utilisées pour la faire renoncer au Falun Gong. Les coups qu’elle avait endurés étaient si violents qu’elle était tombée dans le coma pendant sa détention.

Plus abject encore, l’homme a confirmé les simples bruits que j’avais entendus jusque-là : le régime chinois prélevait de force les organes des pratiquants de Falun Gong emprisonnés, pour les vendre à l’industrie en plein essor des greffes. Cao Dong, emprisonné pour sa pratique du Falun Gong, me confia les larmes aux yeux qu’il avait vu dans l’hôpital pénitentiaire la dépouille de son ami – un pratiquant de Falun Gong – avec des trous aux endroits où les organes avaient été retirés.

Le mois suivant, l’ancien membre du Parlement canadien David Kilgour et l’avocat des droits de l’homme David Matas, publiaient un rapport examinant les allégations de prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants de Falun Gong emprisonnés, le premier du genre.

Le rapport arrivait au triste constat « qu’il y a eu et continue à y avoir des saisies d’organes à grande échelle, provenant de pratiquants de Falun Gong non consentants ». Un an après, Manfred Novak, le rapporteur spécial des Nations-unies sur la torture, sortait un rapport qui corroborait les données de Matas et Kilgour.

Il déclarait que « le prélèvement d’organes a été infligé à un grand nombre de pratiquants de Falun Gong non consentants, dans toute une variété d’endroits dans le but de disposer d’organes pour les opérations de transplantation ».

Toutes les personnes que j’ai rencontrées à Pékin ont été détenues par le PCC. Certaines ont disparu, d’autres ont été torturées. Aucune déclaration n’a été faite alors par les dirigeants européens nationaux, de peur d’offenser la superpuissance économique naissante.

Depuis lors, l’attitude du monde à l’égard de la Chine a changé. Dans la perspective des Jeux Olympiques de 2008, j’ai lancé un boycott international des Jeux, au vu des abus répétés des droits de l’homme en Chine. Plusieurs personnalités ont suivi ce boycott. Le réalisateur Steven Spielberg et le Prince Charles ont tous deux refusé de participer à la cérémonie, tout comme le Président du Parlement européen, le Président de la Commission européenne et le Commissaire européen chargé des relations extérieures de l’Union européenne. L’artiste de renommée internationale, Ai WeiWei – co-designer du Nid d’Oiseau du stade où les Jeux Olympiques se tenaient – a exprimé son soutien au boycott, traitant de « répugnant » le régime de son pays d’origine.

J’ai continué à faire campagne pour une réforme en Chine. Au Parlement européen, plusieurs membres ont adopté des résolutions appelant la Chine à respecter les droits humains et à stopper la persécution brutale du Falun Gong. J’ai accueilli de nombreux événements médiatisés afin de maintenir une visibilité sur cette affaire. En janvier 2013 j’ai reçu au Parlement Enver Tohti, ex-chirurgien de Chine, qui délivra un témoignage poignant sur comment il avait été obligé d’extraire les organes d’un prisonnier alors qu’il était encore en vie.

Le Parlement maintient une pression constante sur la responsable de la politique étrangère de l’UE, Catherine Ashton, afin de soulever les questions liées aux droits de l’homme et au commerce avec la Chine. En effet, la promotion du commerce et les droits humains ne sont pas nécessairement incompatibles.

L’Allemagne a vu son commerce avec la Chine exploser ces dix dernières années, mais garde également une approche très ferme en ce qui concerne les droits de l’homme.

Les États-Unis sont également devenus de plus en plus critiques envers la Chine et son mépris des droits humains. À l’approche de la date anniversaire 2013 du massacre de la place Tiananmen, où des milliers de manifestants ont été brutalement réprimés par le PCC, le Département d’État américain a publié une déclaration appelant le gouvernement chinois, à mettre fin aux harcèlements des participants et à défendre les victimes. Le Congrès américain a également pris une position ferme. En amont de la visite du président Obama en Chine en juin dernier, le président de la Commission des Affaires étrangères Robert Menendez, a écrit une lettre ouverte au président américain, le pressant de soulever la question de la poursuite des violations des droits de l’homme en Chine, y compris la persécution du Falun Gong.

Des mots sévères ont souvent été associés à des mesures drastiques. Au début de l’année 2011, le dissident non-voyant Chen Guangcheng a réussi à s’échapper d’une maison d’arrêt du PCC et s’est enfui à l’ambassade des États-Unis à Pékin. Au grand dam de la Chine, l’ambassade lui a donné refuge et il a reçu un soutien dans sa lutte contre le gouvernement chinois. Un porte-parole chinois des Affaires étrangères a exprimé son mécontentement contre l’implication américaine dans l’affaire Chen, demandant des excuses et donnant un avertissement aux États-Unis pour avoir, encore une fois, interféré avec les affaires internes chinoises. Chen Guangchen vit aujourd’hui librement aux États-Unis avec sa femme et sa fille, et l’inanité des menaces de la Chine a été exposée au grand jour.

Afin de continuer à évoquer les droits de l’homme en Chine, Chen Guangcheng et moi-même avons lancé une alliance transatlantique sur les droits humains et la démocratie à Washington et à Bruxelles.

Le projet de Défense des Droits, en association avec Amnesty International et ChinaAid, appelle les membres du Parlement européen et du Congrès des États-Unis à adopter et à plaider en faveur des prisonniers de conscience du monde entier – plusieurs prisonniers de conscience chinois de haut vol sont sur les listes.

Mon choix est allé vers Gao Zhisheng, un avocat des droits de l’homme chrétien, qui commença à défendre la cause du Falun Gong dès 2005 et qui resta plusieurs années en prison.

Au commencement de l’initiative à Washington, j’ai eu le privilège de revoir mon vieil ami Niu Jinping, que je n’avais pas revu depuis notre première rencontre dans l’hôtel de Pékin en 2006. Tout comme Chen, il profitait de sa vie d’homme libre avec sa famille aux États-Unis, mais continuait toujours son combat pour la liberté et la justice en Chine. Sa femme était apparemment totalement remise des horreurs infligées par le PCC.

À travers l’Histoire, il n’y a pas eu un seul régime autoritaire qui ne se soit effondré à la fin. Le soutien politique international a mis en évidence les fissures dans le système de répression brutale de la Chine. Le soutien continu et appuyé pour les personnes harcelées, emprisonnées et torturées par le régime les aidera dans leur lutte pour les droits fondamentaux et la liberté, que beaucoup considèrent encore comme acquis. Nous ne devons plus hésiter.

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