Charente : un pharmacien lourdement sanctionné pour avoir fabriqué du gel hydroalcoolique au début de la crise

Par Nathalie Dieul
29 avril 2021
Mis à jour: 29 avril 2021

Un pharmacien de la petite commune d’Aigre en Charente ne comprend pas la lourde sanction dont il vient d’écoper. Sa faute ? Avoir fabriqué du gel hydroalcoolique pendant le premier confinement, alors que ce produit manquait terriblement dans tout le pays. Il n’avait toutefois pas attendu l’aval des autorités.

Évoquant une véritable injustice, Vincent Négret est « choqué, révolté », témoigne-t-il au Parisien. « C’est injuste et grotesque. »

L’action qu’on lui reproche remonte au tout début de la pandémie, alors que la France vivait une pénurie de masques, de gel hydroalcoolique et de tests. C’était en mars 2020. « Tout manquait alors. On a cherché des solutions et on s’est débrouillé », se souvient le pharmacien, qui avait alors fabriqué des solutions avec de l’alcool à 96%, rapporte Charente Libre.

Dans un jugement émis un an plus tard, fin mars 2021, l’Ordre des pharmaciens reproche à l’officine de ne pas avoir respecté les délais légaux de production, le produit n’étant pas encore « normé » au moment de la vente. Vincent Négret a donc été lourdement sanctionné, recevant un troisième grade de sévérité sur cinq, soit un blâme avec inscription au dossier, ce qui constitue « la sanction la plus élevée avec l’interdiction temporaire ou définitive d’exercer ».

« C’est inadmissible », s’insurge une cliente de la pharmacie d’Aigre, en entrevue auprès de LCI. « Ça dépannait tout le monde, je ne vois pas où est le problème. En plus ce n’est pas un produit qu’on ingère. »

Le plus incompréhensible dans cette sanction, c’est que Fabien Bruno, un autre pharmacien qui a lui aussi fabriqué du gel hydroalcoolique en mars 2020 à Paris, a de son côté reçu la Légion d’honneur en janvier dernier pour son action.

Pour Charente Libre, qui avait publié un article sur l’« initiative locale exemplaire » de l’officine d’Aigre le 20 mars 2020, le cas du blâme reçu pose des questions de bon sens, d’éthique professionnelle, ainsi que de liberté de la presse puisque l’Ordre des pharmaciens de Nouvelle-Aquitaine reproche aussi à Vincent Négret de s’être laissé interviewer par ce média, ce qui constituerait une forme de « publicité » selon l’institution.

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