Chauffard sous cocaïne tué à Montauban : garde à vue levée pour le gendarme, l’enquête se poursuit

Par Epoch Times avec AFP
9 août 2020
Mis à jour: 10 août 2020

La garde à vue du gendarme auteur vendredi d’un tir mortel sur un chauffard, qui transportait des colis en sous-traitance pour La Poste et refusait d’obtempérer, a été levée dimanche après-midi, a-t-on appris auprès du procureur de Montauban.

La décision a été prise suite à deux éléments importants, une reconstitution conduite par le bureau enquête judiciaire de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale ainsi qu’au témoignage d’un automobiliste.

L’adjudant, âgé de 36 ans, a donc été laissé libre à l’issue de la  prolongation de sa garde à vue qui avait débuté vendredi. Blessé, le militaire est en arrêt maladie, a précisé le procureur de la République Laurent Czernik.

Un témoignage crucial

Les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse ont recueilli le témoignage d’un automobiliste qui conduisait un 4×4. Le témoin a expliqué qu’il a failli être percuté par le chauffard impliqué qui arrivait en sens interdit sur une route de Grisolles.

L’enquête de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner » a été menée sous l’autorité du parquet, a souligné M. Czernik.

Des « experts » du département véhicule de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) ont reconstitué le déroulement des faits.

Cette enquête a déterminé les circonstances dans lesquelles le militaire a fait usage de son arme contre ce chauffeur de 35 ans, qui venait de percuter un véhicule de la gendarmerie sur l’autoroute près de Montauban, après avoir fui un contrôle routier.

D’après les premières constations, le militaire a tiré à quatre reprises dont un tir mortel.

Nous avons pu constater que le poids lourd avait été mis en joue par quatre Gendarmes sur un rond-point et qu’il s’était volontairement déporté vers deux d’entre eux. Nous attendons désormais les résultats de l’autopsie qui a lieu ce lundi 10 août et les résultats des études balistiques », a précisé le représentant du parquet.

Le routier, de nationalité française, « vivait a priori chez sa mère à Montauban » et était intérimaire pour La Poste dans le Lot-et-Garonne, avait indiqué dès samedi le parquet.

Il avait été condamné à 7 reprises dont 3 fois pour avoir conduit sans assurance, avait-on précisé.

Il n’avait plus de point sur son permis de conduire mais le solde nul ne lui avait pas encore été notifié. Il avait, en outre, été contrôlé positif à la cocaïne.

Vendredi après-midi, ce routier faisait l’objet d’un contrôle alors qu’il circulait en sens interdit mais il a brusquement pris la fuite après que les gendarmes lui eurent pris son permis.

Une course poursuite s’en est suivie, d’abord sur une départementale puis sur l’autoroute. Les gendarmes ont essayé de le stopper à plusieurs reprises avec des mini-herses.

Une première voiture de gendarmerie a été percutée, un gendarme dans un autre véhicule a alors décidé de faire feu, a indiqué le procureur.

Une deuxième enquête concernant le refus d’obtempérer et les mises en danger de la vie des gendarmes a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Toulouse.

Cette affaire intervient après la mort depuis début juillet d’un policier et d’une jeune gendarme, tous les deux tués par des automobilistes refusant d’obtempérer aux forces de l’ordre.

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