Chauffeur de bus agressé à Bayonne : « J’ai l’impression de vivre un cauchemar », témoigne sa femme

Par Séraphin Parmentier
7 juillet 2020
Mis à jour: 7 juillet 2020

Au lendemain de la violente agression dont son mari a été la cible pendant son service, Véronique Monguillot s’est confiée aux journalistes du Parisien

Dans la soirée du dimanche 5 juillet, Philippe Monguillot, un conducteur de bus de 58 ans, a été sauvagement agressé au niveau de l’arrêt « Balishon ». Le quinquagénaire était au volant de son véhicule au moment des faits.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’agression se serait déroulée sur le quai, vers 19 h 15, alors que M. Monguillot était descendu afin de régler un différend avec un petit groupe d’individus.

« On a visionné les caméras embarquées qui se trouvent dans le Tram et à l’extérieur et on a pu voir que l’origine du différend, c’est un monsieur qui souhaitait monter avec un chien, alors que c’est interdit par le règlement d’exploitation. On voit ensuite descendre mon collègue par la porte arrière, suivi de plusieurs individus, trois ou quatre. Et là, on commence à voir une bagarre », a expliqué Jean-Philippe Paulmier – délégué syndical CFDT Chronoplus, le réseau de transports de la communauté d’agglomération Pays basque – sur BFMTV.

Roué de coups, le quinquagénaire s’effondre. « Il est tombé de tout son long »,  après avoir « pris encore un coup à la tête, un coup de poing […] On l’a retrouvé inconscient sur le quai », a indiqué Marc Mariée, procureur de Bayonne par intérim, à l’AFP.

L’enquête a été confiée au commissariat de police de Bayonne. Un homme d’une trentaine d’années a été appréhendé dimanche soir et quatre autres personnes ont été placées en garde à vue ce lundi, dont l’un serait soupçonné d’avoir porté le coup le plus violent à la victime d’après Le Parisien.

« Ce sont des individus qui vivent en marge de la société et qui s’alcoolisent régulièrement », a affirmé Olivier Lahet, délégué syndical unité SGP police, aux journalistes de BFMTV.

La victime en état de mort cérébrale

Évacué à l’hôpital de Bayonne, Philippe Monguillot est en état de mort cérébrale. Son épouse et leurs trois filles, âgées de 18, 21 et 24 ans, ont été autorisées à se rendre à son chevet dans la nuit du 5 au 6 juillet.

« On l’a touché, senti, on lui a parlé. Sa tête était déformée », témoigne sa femme, Véronique, dans les colonnes du Parisien. « On va embrasser mon mari, on va lui dire au revoir. »

« Je n’ai pas envie de me rendre à l’évidence, j’ai l’impression de vivre un cauchemar. Il ne peut pas partir comme ça, il allait avoir 59 ans », ajoute-t-elle, en pleurs.

« Non, on ne fait pas ça pour un ticket de bus ! On ne tue pas gratuitement comme ça ! » poursuit Mme Monguillot.

Selon elle, son mari aurait eu une altercation avec deux personnes vers 14 h, quelques heures avant l’agression. Elle explique que les deux passagers en question ne disposaient pas de titre de transport et que son époux les aurait forcés à descendre du bus.

Une marche blanche organisée le 8 juillet

Et Véronique Monguillot de s’interroger : Qu’ont fait ces deux individus entre cette première altercation et l’agression de son mari ? Auraient-ils pu être rejoints par d’autres personnes pour s’en prendre à lui un peu plus tard à l’arrêt de Tram’bus « Balishon » ? Autant de zones d’ombre que l’enquête de police va devoir éclaircir.

Bouleversée, Véronique Monguillot se rappelle des projets d’avenir qu’elle échafaudait avec son mari la veille du drame, dans un restaurant de Biarritz.

« Philippe allait être à la retraite dans un an et on s’était dit qu’on allait acheter un camping-car, en septembre. On voulait encore profiter. On nous a tout détruit en l’espace de quelques secondes. On nous a détruits, oui… »

Très choqués par l’agression ultra-violente de leur collègue, les chauffeurs de bus de Chronoplus ont exercé leur droit de retrait. Ils ne sont toutefois pas étonnés qu’un drame ait fini par avoir lieu, du fait de l’insécurité sur les lignes de bus ainsi que des tensions quotidiennes avec les usagers.

Une page Facebook de soutien à Philippe Monguillot a été créée. Une de ses filles y a relayé la tenue d’une marche blanche le mercredi 8 juillet. Elle doit partir de l’arrêt « Balishon » à 19 h 30.

 

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