Chine : la police soudoie et lave le cerveau des écoliers pour qu’ils dénoncent leurs parents et voisins

Par Jocelyn Neo
18 octobre 2020
Mis à jour: 18 octobre 2020

Avez-vous déjà entendu parler de policiers qui soudoyaient des écoliers pour leur faire subir un lavage de cerveau, afin qu’ils dénoncent leurs parents et leurs voisins ? C’est l’un des nombreux moyens peu scrupuleux que le Parti communiste chinois (PCC) utilise pour réprimer les croyants et inciter les autres à prouver leur loyauté au régime.

Depuis son arrivée au pouvoir, le PCC a lancé des campagnes, les unes après les autres, pour réprimer les groupes religieux et spirituels. Non seulement le régime rejette la foi en Dieu, foi qu’il considère comme étant « de la superstition », mais le Parti interdit également à ses membres, y compris ceux qui sont à la retraite, d’avoir des croyances spirituelles.

Aujourd’hui, le régime communiste utilise des vidéos et des pots-de-vin pour inciter les enfants à colporter sur des parents ou des voisins qui ont des croyances religieuses, a révélé Bitter Winter, un magazine qui promeut la liberté religieuse et les droits de l’homme en Chine.

Lavage de cerveau des enfants avec des « leçons vidéo »

Une vidéo diffusée dans une école primaire de Hohhot, en Mongolie-Intérieure, montrait un professeur apprenant aux élèves à surveiller leurs parents ou voisins qui sont croyants, selon le magazine quotidien.

Dans la vidéo d’avril 2019, un garçon révèle ensuite comment un groupe de croyants s’était réuni chez son voisin. La vidéo montre l’enseignant qui va rapporter l’incident à la police, ce qui entraîne l’arrestation des voisins religieux de l’enfant.

Voyant que le contenu de « la leçon vidéo de lavage de cerveau » avait été accepté par les élèves, le directeur adjoint de l’école leur a dit de suivre l’exemple de ce garçon et de ne pas croire en Dieu, sous peine d’être expulsés de l’école, selon l’article. Les élèves ont également été invités à remplir un formulaire qui demandait des détails sur le statut religieux de leur famille, les choses qu’ils faisaient pendant leur temps libre et si des étrangers leur rendaient souvent visite.

Un parent a été indigné d’apprendre ce qui s’était passé, selon l’article.

Des élèves lisent dans leur classe à l’école primaire Yang Dezhi « Armée rouge » de Wenshui, dans le comté de Xishui, dans la province de Guizhou, en Chine, le 7 novembre 2016. Ces écoles sont un exemple extrême de « l’éducation patriotique » que le parti communiste au pouvoir en Chine promeut pour renforcer sa légitimité, mais que les critiques condamnent comme étant simplement du lavage de cerveau. (Fred Dufour/AFP via Getty Images)

Le parent, qui est chrétien, a déclaré : « Mon enfant m’a raconté que dans la vidéo, on disait aux élèves que ceux qui ne se rendent pas dans les lieux de culte approuvés par le gouvernement croient en un xie jiao, et qu’ils doivent être dénoncés à la police immédiatement. En agissant ainsi, le gouvernement trompe nos enfants. Ils sont si jeunes et ignorants. Mon enfant était effrayé après avoir vu cette vidéo, mais il a promis de ne pas me dénoncer à son professeur. »

« Xie jiao », ou « religion hérétique », est un terme utilisé par le régime communiste pour attaquer toutes les croyances en Chine qui se situent en dehors des organisations religieuses du Parti officiellement agrées et contrôlées par l’État. Le régime a opté pour une traduction anglaise trompeuse du terme « secte » ou « culte du mal » pour donner une légitimité à sa répression brutale de la foi.

Corruption des enfants et des voisins

En fait, depuis la Révolution culturelle, le PCC a dit à ses membres de se dénoncer les uns les autres, y compris les membres de leur famille.

L’article de Bitter Winter cite un incident survenu en octobre 2019, lorsque des policiers de la province de Hunan se sont rendu dans une école primaire et ont utilisé des récompenses monétaires et des bons de voyage pour inciter les élèves à révéler le statut religieux de leurs parents et de leurs proches. Les élèves ont également été avertis qu’ils seraient expulsés s’ils croyaient en Dieu.

Une tactique similaire a également été employée par la police dans la province de Lanzhou. En septembre 2019, des professeurs et des élèves de collège ont été attirés par la police avec une récompense comprise entre 130 à 5 120 €, selon si la personne dénoncée était un chef d’église ou un croyant ordinaire, a déclaré Bitter Winter dans un autre article. Les écoliers ont également été incités à dénoncer leurs propres parents si ces derniers avaient des convictions religieuses.

Par ailleurs, un directeur d’école primaire de la ville de Bozhou, dans la province d’Anhui, a déclaré aux élèves que ceux qui croient en Dieu « seront arrêtés et condamnés », que la personne soit « un enfant, un adulte ou une personne âgée ».

Lors d’un autre incident aussi inquiétant, survenu en octobre 2018, le doyen d’un collège de la province du Zhejiang a déclaré ouvertement : « Le gouvernement a déjà qualifié le Falun Gong, le catholicisme et le protestantisme de xie jiao —vous ne devez pas croire à ces religions, vous devez seulement croire au Parti communiste. »

Selon Minghui.org, un site web qui diffuse des rapports de première main sur la persécution du Falun Gong en Chine, depuis que le Parti communiste a commencé à persécuter la discipline spirituelle en 1999, le régime utilise des récompenses monétaires pour corrompre et encourager les gens à dénoncer toute personne qui pratique le Falun Gong.

Le Falun Gong, également connu sous le nom de Falun Dafa, est une ancienne discipline spirituelle basée sur les principes d’Authenticité, de Bienveillance et de Tolérance, et consiste en cinq séries d’exercices de méditation douce. Après son introduction au public en 1992, le système pacifique d’amélioration de soi était pratiqué par environ 70 à 100 millions de personnes rien qu’en Chine. Cependant, le régime a lancé une répression brutale de cette pratique en juillet 1999, qui a conduit à l’emprisonnement, la torture et même la mort de nombreux pratiquants pour prélever leurs organes.

Pratiquants de Falun Gong (ou Falun Dafa) pratiquant un exercice de la discipline spirituelle dans Central Park à Manhattan. (Dai Bing/The Epoch Times)

Selon un rapport de Minghui.org, deux policiers ont tenté de soudoyer le mari d’une pratiquante de Falun Gong, lui demandant de faire un rapport sur les pratiquants qui distribuent des tracts d’information exposant la persécution brutale ; ils lui ont offert près de 65 € pour chaque rapport. Le mari a rejeté la demande.

Le pratiquant a également déclaré que la police a demandé au propriétaire d’une épicerie de surveiller les pratiquants du Falun Gong et a promis de donner au propriétaire près de 40 € chaque mois, mais le propriétaire n’a pas accepté de coopérer en trahissant sa propre conscience.

Selon un article d’Epoch Times datant de 2015, un avis a été publié dans un journal de Hebei annonçant des récompenses monétaires pour ceux qui dénoncent aux autorités les sympathisants du Falun Gong. L’avis précisait que les récompenses monétaires pouvaient aller de 65 à 640 € pour les rapports réguliers, mais qu’elles pouvaient aller jusqu’à 1 280 € pour les rapports qui conduisaient à « démanteler des cas importants ».

Système de surveillance des quartiers

Ces dernières années, les autorités chinoises ont divisé les communautés de voisinage en une grille, où chaque secteur est composé de 15 à 20 ménages avec un administrateur chargé de surveiller les résidents, selon un article de Bitter Winter.

Un administrateur de secteur anonyme de la province du Shandong a révélé dans l’article qu’une partie de son travail consiste à se tenir au courant de « chaque faits et gestes des résidents, même les bagarres des gens et les disputes des couples ». L’administrateur a également déclaré qu’il devait accorder une attention particulière à certaines personnes, comme les personnes ayant des croyances religieuses et les personnes qui sont sorties de prison. Il a ajouté qu’il devait surveiller et signaler les membres de l’Église de Dieu tout-puissant (CAG).

Décrivant à quel point la surveillance en grille est détaillée, il a donné un exemple de son expérience personnelle alors qu’il surveillait une pratiquante de Falun Gong vivant dans son quartier.

« Elle ne le sait pas, mais d’autres personnes que moi, parfois des policiers, la surveillent certains jours », a-t-il déclaré. « Par exemple, lorsque le gouvernement organise un événement important, elle n’est pas autorisée à quitter le quartier. Même si elle prend une citrouille à son voisin, le gouvernement le saura. »

(Guang Niu/Getty Images)

La surveillance constante s’accompagne de récompenses monétaires.

Dans la province de Fujian, les personnes qui dénoncent un pratiquant de Falun Gong ou des membres du CAG et qui les font arrêter peuvent être récompensées par une somme de près de 130 €.

Toutefois, s’ils ne font pas leur travail, ils seront pénalisés et verront leurs points déduits ; un point équivaut à 10 yuans (1,48 $ US), et chaque administrateur reçoit 100 points au début du mois.

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