Chine: l’ONU se déchire sur les droits humains au Xinjiang

Par Epochtimes.fr avec AFP
30 octobre 2019 Mis à jour: 30 octobre 2019

D’un côté 54 pays sous la houlette du Belarus saluant « positivement les résultats en contre-terrorisme et déradicalisation » de la Chine au Xinjiang. De l’autre, 23 Etats, emmenés par le Royaume-Uni, demandant à Pékin « de respecter ses engagements internationaux » pour respecter la liberté de religion.

Mardi, l’ONU s’est profondément déchirée sur la question des droits de la minorité ouïghoure, illustrée par deux communiqués concurrents et totalement opposés. La confrontation s’est déroulée au sein de la troisième commission de l’ONU, chargée des droits humains aux Nations unies, et qui multiplie comme chaque année les sessions sur cette question entre octobre et décembre.

L’ ONU peut fiable au niveau des droits humains

Parmi les 54 pays ayant soutenu la déclaration du Belarus figurent le Pakistan, la Russie, l’Egypte, la Bolivie, la République démocratique du Congo et la Serbie. « Nous saluons les remarquables réalisations de la Chine dans le domaine des droits humains avec sa philosophie du développement centré sur l’être humain », souligne la déclaration du Belarus.

« Nous apprécions également les contributions de la Chine à la cause internationale des droits humains », ajoute ce texte distribué aux médias à l’ONU.

Cette déclaration critique « la politisation » de la question des droits humains à l’ONU et s’insurge contre la dénonciation et les pressions exercées à l’encontre d’autres Etats.

A lire : https://fr.theepochtimes.com/ouighours-tortures-violes-camps-de-reeducation-chine-temoignent-danciens-detenus-1083651.html

Le texte britannique, soutenu par les Etats-Unis, l’Allemagne, la France et plusieurs autres pays européens, ainsi que par le Canada, le Japon et la Nouvelle-Zélande, dénonce au contraire les « informations crédibles » sur des « détentions massives, les efforts pour limiter les pratiques culturelles et religieuses, la surveillance massive et disproportionnée visant les Ouïghours ainsi que les violations et abus commis dans la région ouïghoure autonome du Xinjiang ».

« Le gouvernement chinois doit urgemment  s’abstenir de procéder aux détentions arbitraires des Ouïghours et des membres d’autres communautés musulmanes », ajoute le texte britannique vivement défendu devant des médias par l’ambassadrice du Royaume-Uni à l’ONU, flanquée de ses homologues américaine et allemand.

L’ethnie ouïghoure, majoritairement musulmane, constitue la principale population du Xinjiang. Cette vaste région du nord-ouest de la Chine a été frappée pendant des années par des attentats commis par des militants ouïghours et est désormais soumise à un contrôle policier drastique.

Selon des organisations de défense des droits humains, un million de musulmans sont ou ont été détenus dans des camps de rééducation politique au Xinjiang. Pékin conteste ce chiffre et parle de « centres de formation professionnelle ».

Pourquoi les chinois voudraient émigrer aux Etats Unis ou en Angleterre?

La Chine a fustigé mercredi la déclaration britannique, se félicitant que « ce triste spectacle anti-chinois offert par une poignée de pays occidentaux ait connu un cuisant échec ».

« Les mesures prises par la Chine au Xinjiang ont permis de protéger efficacement les droits fondamentaux des peuples de tous les groupes ethniques et de préserver la sécurité et la stabilité locales », a assuré Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Tout le monde sait que le bilan de pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis en matière de droits humains est loin d’être glorieux. Ils ne sont pas qualifiés pour pointer les autres du doigt », a déclaré M. Geng lors d’une conférence de presse.

 

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