Les médias prétendent que la Chine n’est pas communiste

Par Daniel Ashman
6 octobre 2019 Mis à jour: 12 octobre 2019

« La plus grande ruse utilisée par le diable a été de convaincre le monde qu’il n’existe pas. »

Cette idée a souvent été utilisée dans les débats religieux ou philosophiques, mais elle s’applique tout aussi bien à la géopolitique. La plus grande ruse utilisée par les communistes a été de convaincre le monde qu’ils n’existaient plus.

La dévastation causée par les militants communistes au cours du siècle dernier a été rendue possible parce qu’ils ont convaincu les autres qu’ils n’étaient pas véritablement communistes, endormant l’Amérique et d’autres pays et leur faisant suivre une politique naïve et autodestructrice. Aujourd’hui, en ce qui concerne la Chine, la même illusion est avancée.

D’une part, la question semble simple. La Chine est communiste. Ils ont un Comité central, un Politburo et un Secrétaire général. La Chine est dirigée par le Parti communiste chinois (PCC). Le mot « communiste » est juste là, dans le nom.

Et pourtant, les grands médias n’en sont pas si sûrs. Ils minimisent régulièrement la place de l’idéologie dans le fonctionnement du PCC. Ils ont même avancé l’idée que la Chine ne serait pas du tout communiste, mais en fait capitaliste. Par exemple, l’an dernier, le New York Times a publié un article d’opinion d’un ancien premier ministre australien décrivant la Chine comme un pays de « capitalisme autoritaire. » Le Washington Post a poursuivi sur cette ligne cette année en disant : « Non, la Chine et les États-Unis ne sont pas enfermés dans une bataille idéologique. Pas le moins du monde. » L’article expliquait que le PCC est « en faillite idéologique, » et seulement “communiste de nom » parce qu’il a “adopté le capitalisme. » Plus récemment, Forbes a publié un article intitulé « Le succès économique de la Chine prouve le pouvoir du capitalisme. » Forbes y explique que le contrôle du PCC sur la société n’est qu’un fantôme du passé qui s’estompe.

Il semble y avoir une hypothèse sous-jacente à ces affirmations selon laquelle, parce que la Chine connaît de la croissance, elle ne peut être communiste. C’est une définition intéressante qui va empêcher quiconque de s’inquiéter du communisme. Soit quelqu’un est communiste, ce qui signifie pauvre et sans défense, soit il est riche, et donc capitaliste et raisonnable.

Mais l’histoire nous a appris que ce raisonnement est erroné. Dans les jours les plus sombres du règne de Staline, avec ses purges et son agriculture collective, la Russie était assez forte pour conquérir une grande partie de l’Europe et menacer l’existence des Etats-Unis. Un pays peut donc être à la fois communiste et fort.

La Chine est passée de la propriété collective à la propriété privée. Cependant, c’est une compréhension erronée de l’idéologie communiste que de considérer cela équivaut au rejet du communisme et à l’adoption du capitalisme. Les communistes sont souples. L’adoption de marchés libres limités, tant qu’ils sont sous le contrôle du PCC, est entièrement permise dans leur idéologie.

Considérez ces mots du héros de Lénine, Sergey Nechaev, un des premiers révolutionnaires russes. Il expliquait que « le révolutionnaire peut et doit souvent vivre dans la société tout en prétendant être complètement différent de ce qu’il est réellement[…] ».

Le Politburo chinois sait qu’il doit faire semblant d’être quelque chose qu’il n’est pas pour s’intégrer dans la communauté internationale et se renforcer. Pour l’instant.

Nechaev écrivait aussi : « Pour[le révolutionnaire], la morale se résume à ce qui contribue au triomphe de la révolution ».

Il n’y a donc pas de vérité absolue pour les communistes. Il n’y a que des vérités révolutionnaires. Si la Chine doit utiliser les outils du capitalisme pour mener sa révolution, elle le considère comme faisant partie de son devoir moral.

L’utilisation du capitalisme par la Chine pour faire avancer les objectifs communistes à long terme devient encore plus claire lorsqu’elle est prise dans son contexte historique.

Regardez le modèle humain du communisme, Vladimir Lénine. Il a donné à la Russie la Nouvelle Politique Economique (NEP) : L’arrêt du mouvement vers l’agriculture collective et la stimulation de l’entreprise privée.

Les experts des grands médias d’aujourd’hui vont-ils alors expliquer que les bolcheviques étaient en fait des crypto-capitalistes ? Beaucoup de gens, à l’époque, ont fait de telles affirmations. Rétrospectivement, il est facile de voir l’absurdité d’une telle pensée.

Le célèbre historien russe Edvard Radzinsky a expliqué ce qui se passait réellement. Il l’appelait la « Règle numéro 1 » pour les communistes : « Les déclarations des dirigeants du Parti n’étaient que le produit de considérations tactiques, alors que les véritables plans à long terme, la stratégie du Parti, devaient rester cachés[…] ».

La NPE n’était qu’une considération tactique. Elle n’existait que pour servir les plans à long terme du parti. Le plan de Lénine a fonctionné brillamment. Le régime bolchevique a été revitalisé. Les investissements ont afflué de l’étranger. Les Russes anti-bolcheviques, qui avaient échappé à la révolution, ont été dupés et sont revenus en Russie, après quoi les bolcheviques les ont utilisés, ou les ont tués, ou les deux. La NPE a duré quelques années, puis Staline a repris le mouvement de collectivisation de la Russie. Staline a ensuite introduit ses propres considérations tactiques pour poursuivre des plans à long terme cachés. Il a mis de côté l’idée communiste d’une révolution mondiale en faveur du  » socialisme dans un seul pays » et a patiemment attendu de nombreuses années, avant de réaliser d’importants gains territoriaux pour la Russie et le communisme.

Ce n’est que dans ce contexte idéologique et historique que la politique actuelle de la Chine peut être comprise.

La Chine renonce-t-elle vraiment au communisme pour poursuivre le capitalisme, comme le prétendent souvent les grands médias ? Non. La Chine ne fait que mettre en œuvre des tactiques léninistes. Le PCC permet la propriété privée, pour le moment, parce qu’il favorise les objectifs communistes à long terme.

L’année dernière, dans le cadre de la mise en œuvre du fameux système de crédit social de la Chine, le secrétaire général Xi Jinping a prononcé un discours d’une heure sur la vie de Karl Marx. Xi explique que « la vie de Marx est une vie de combat pour renverser l’ancien monde et en établir un nouveau ».

Puis il a élaboré sur le fait que le marxisme est « large et profond », une véritable « théorie scientifique », qui sera « toujours la pensée directrice de notre parti et du pays ». « Il nous aide à connaître le monde, à gérer les lois, à chercher la vérité et à changer le monde. » Il a explicitement attribué le « miracle du développement sans précédent » de la Chine à la mise en œuvre réussie du marxisme.

Peut-être les Américains et les pays libres perdent-ils les idéologies qui leur étaient chères. Mais imaginer la même chose pour le PCC, en concluant qu’il est idéologiquement en faillite, est dangereux.

Daniel Ashman est un analyste du Massachusetts. Il est l’auteur du livre « Agents russes : L’attaque des Clinton contre l’Amérique. » Son site Web est AshmanReport.com et on peut le trouver sur Twitter @dashman76.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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