La Chine oblige les sous-marins étrangers à remonter à la surface dans « ses eaux »

18 février 2017 Mis à jour: 20 février 2017

Selon l’agence de presse officielle China News Service, la Chine prévoit d’amender sa législation maritime concernant le passage des sous-marins étrangers dans ses eaux territoriales. Les sous-marins devront remonter à la surface et informer les autorités chinoises de leurs itinéraires.

« Les appareils sous-marins étrangers traversant les eaux territoriales de la République populaire de Chine doivent refaire surface, naviguer avec le drapeau national levé et informer les autorités chinoises de leurs déplacements », explique l’agence. Toutefois, elle ne précise pas clairement si tout cela concerne bien la mer de Chine méridionale.

Les amendements prévoient également l’expulsion des navires étrangers des eaux territoriales s’ils représentent une menace pour la sécurité nationale ou un obstacle à la navigation, ils « permettront d’améliorer l’interaction avec les navires étrangers entrant et sortant des eaux territoriales chinoises qui effectuent un passage pacifique, mais il sera désormais possible aussi de les poursuivre et de les expulser ».

Incident avec les États-Unis

Selon certains experts, ces amendements font suite à un incident entre la Chine et les États-Unis ; la Chine a saisi un drone sous-marin américain. En décembre 2016, le Bowditch, un navire de recherche océanographique de la marine américaine, se prépare à récupérer deux drones sous-marins dans la mer de Chine méridionale, à environ 50 milles au nord-ouest de Subic Bay, à proximité des Philippines. À ce moment, un navire de guerre chinois apparaît et s’approprie un des drones sous les yeux des marins américains.

Geoff Davis, le porte-parole du Pentagone, prétend que le navire chinois recevra des radiogrammes du navire américain mais ne répondra pas aux demandes de retourner le drone.

L’appareil était utilisé par les Américains pour collecter des données non classifiées dans la mer de Chine méridionale, qui est revendiquée par la République populaire. Par la suite, le drone a été rendu mais les Chinois ont réclamé qu’il n’y ait plus aucune exploration dans ces eaux.

Une législation pour la mer de Chine méridionale ?

Selon les observateurs, malgré le fait que les amendements ne mentionnent pas la mer de Chine méridionale, ils ont été introduits précisément pour cibler cette région. Outre la Chine, l’archipel Spratly dans la mer de Chine méridionale est revendiqué par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines, Brunei et Taiwan. Or, depuis 2013, la Chine y mène de grands travaux afin de construire des îles artificielles sur lesquelles elles souhaite édifier des installations – « exclusivement à des fins pacifiques ».

En juillet 2016, la Cour internationale de La Haye rend son jugement. Selon elle, les revendications territoriales de la Chine concernant la mer de Chine méridionale ne sont pas recevables et le territoire de l’archipel Spratly ne peut pas être considéré comme un ensemble d’îles ni faire partie de sa zone économique exclusive (l’espace maritime sur lequel un État exerce ses droits jusqu’à 200 milles marins à partir de ses côtes).

La Cour internationale conteste également ses chantiers à proximité de l’archipel car ils provoquent des « dommages irréparables » dans l’écosystème des récifs coralliens.

Selon le rapport du Centre d’études stratégiques et internationales des États-Unis, la Chine ne reconnaîtra pas ces décisions et déploiera sur l’archipel des systèmes antiaériens et antimissiles.

Les États-Unis sont l’un des pays qui s’opposent à sa mainmise sur l’archipel Spratly et effectuent régulièrement des exercices militaires à proximité des îles artificielles. Par ce moyen ils souhaitent lui signaler qu’ils ne reconnaissent pas son droit sur ces eaux, pour eux « internationales », et qu’ils ne demanderont pas sa permission.

Les nouveaux amendements dans la législation maritime risquent de compliquer davantage la situation dans la mer de Chine méridionale. D’autant plus que la Chine a annoncé à Donald Trump qu’elle maintiendrait sa souveraineté et ses médias préviennent que les États-Unis auront à déclencher une guerre s’ils veulent lui bloquer l’accès à ses îles.

Version russe : Китай в своих водах заставит иностранные подлодки плавать на поверхности

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