La Chine prélève de force le sang des pratiquants de Falun Gong, ce qui suscite des inquiétudes quant au prélèvement d’organes

Par Eva Fu
4 septembre 2020
Mis à jour: 4 septembre 2020

Lorsque Shen Fang, une pratiquante de Falun Gong âgée de 70 ans vivant à Shanghai, a refusé d’ouvrir la porte à quatre policiers qui sont arrivés à son appartement le 2 août, ils ont appelé un serrurier et sont entrés par effraction. Malgré ses protestations, les quatre l’ont clouée au sol, lui ont saisi le poignet et l’ont piqué à plusieurs reprises pour lui faire une prise de sang.

La prise de sang était « exigée par l’État », lui ont-ils répété à plusieurs reprises.

« La loi ne s’applique pas à vous », a crié un policier en couvrant son numéro de badge. « Nous allons tous vous éliminer ! »

Ces derniers mois, des dizaines de personnes exerçant la pratique spirituelle du Falun Gong ont été confrontées à des épreuves similaires dans tout le pays, selon les rapports de Minghui.org, un centre d’information basé aux États-Unis qui garde une trace de la persécution du Falun Gong par le régime chinois. Certains, comme Mme Shen, ont reçu la visite de la police, tandis que d’autres ont été emmenés de force au poste de police pour la prise de sang, sans aucune explication.

À quelques pas de la maison de Mme Shen, dans le vaste district de Pudong, la police a également prélevé de force des échantillons de sang de plus de 10 pratiquants, ainsi que leurs empreintes digitales, un enregistrement de leur voix et un échantillon de leur écriture. S’ils refusaient de coopérer, la police déclarait qu’ils seraient arrêtés, selon un rapport d’août de Minghui.

Le Falun Gong, une pratique spirituelle comportant un ensemble d’exercices de méditation et d’enseignements moraux basés sur la vérité, la compassion et la tolérance, est brutalement réprimé en Chine depuis 1999. Au cours des deux dernières décennies, des centaines de milliers de pratiquants ont été jetés dans des camps de travail, des centres de détention, des établissements de « rééducation » et des hôpitaux psychiatriques, où ils sont torturés pour les contraindre à renoncer à leur croyance, selon le centre d’information du Falun Dafa.

Pour en savoir plus
INFOGRAPHIE : Comment le Falun Gong est persécuté en Chine

Les récentes analyses sanguines sont particulièrement préoccupantes dans le contexte de la multiplication des preuves que le régime chinois traite les prisonniers d’opinion comme des marchandises en leur retirant de force leurs organes et en les vendant pour des chirurgies de greffes.

En 2019, un tribunal populaire indépendant à Londres a confirmé « au-delà de tout doute raisonnable » que les pratiquants de Falun Gong emprisonnés étaient la source principale de la vaste industrie chinoise du prélèvement d’organes à but lucratif. Après avoir rendu son jugement final en mars de cette année, le tribunal a estimé que cette pratique effroyable se poursuivait sans relâche. De tels actes, a-t-il dit, constituent un crime contre l’humanité.

« Si les accusations sont prouvées, elles seront inévitablement comparées aux pires atrocités commises dans les conflits du XXe siècle », a déclaré le tribunal dans son jugement de mars.

Des médecins transportent des organes frais pour une transplantation dans un hôpital de la province du Henan, en Chine, le 16 août 2012. (Capture d’écran via Sohu.com)

[Prises de sang] « Illégales sans aucun doute »

Chen Jiangang, avocat chinois et chercheur invité à l’American University Washington College of Law, a déclaré que la collecte de sang par la police ne semble pas être un examen physique de routine, mais plutôt « la collecte d’échantillons biologiques des gens ».

« Lorsque le Parti communiste chinois persécute les gens, ils n’ont pas besoin du soutien de la loi », a-t-il déclaré à Epoch Times, ajoutant que le comportement de la police constituait une violation des droits de la personne et « une humiliation extrême de la personnalité ».

« Ils veulent vous contrôler, créer une terreur psychologique. »

Li Xudong, chirurgien orthopédique et professeur assistant à la faculté de médecine de l’Université de Virginie, a déclaré que la collecte de sang n’était « clairement pas normale » et qu’elle visait probablement à ouvrir la voie à l’identification de correspondances d’organes plus tard.

« Ils ne sont pas là pour assurer votre santé personnelle », a-t-il déclaré.

Le Dr Torsten Trey, directeur général de l’association médicale Doctors Against Forced Organ Harvesting (Médecins contre le prélèvement forcé d’organes), a convenu que les tests sanguins sont « inhabituels ». Le Dr Trey a déclaré que la police semblait avoir effectué un test sanguin au chevet de Mme Shen – un test simple souvent effectué au chevet du malade – ajoutant qu’il était probable qu’ils recherchaient de possibles donneurs d’organes.

S’« ils ont besoin d’un organe pour un groupe sanguin qui est rare chez les Chinois (AB ou O), alors ils peuvent d’abord faire un dépistage et, s’il est positif, faire un test plus précis », a-t-il déclaré au journal The Epoch Times.

Peng Yongfeng, un ancien avocat des droits de l’homme de la province du Hebei qui avait auparavant attiré la colère des autorités pour avoir défendu les pratiquants de Falun Gong devant les tribunaux chinois, a déclaré que les actions de la police étaient « sans aucun doute illégales ».

S’ils ont effectivement collecté les échantillons de sang pour alimenter une banque de données d’organes, la police serait responsable de blessures intentionnelles et d’homicide intentionnel, a déclaré M. Peng, qui s’est enfui aux États-Unis.

Des pratiquants de Falun Gong participent à une veillée aux chandelles commémorant le 20e anniversaire de la persécution du Falun Gong en Chine, sur la pelouse ouest du Capitole, le 18 juillet 2019. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Autres cas récents

Les rapports de Minghui indiquent que des prélèvements sanguins forcés ont récemment été effectués sur des pratiquants de Falun Gong dans la province orientale du Shandong, dans les villes de Pékin et Tianjin au nord, en Mongolie intérieure, dans les provinces du Jilin et Liaoning au nord-est et dans le Henan dans le centre-est du pays.

Dong Xuejing, une pratiquante de Falun Gong à Tianjin, a déclaré à Minghui qu’elle faisait la lessive chez elle en mars lorsque la police s’est soudainement précipitée chez elle, emportant ses livres de Falun Gong et quelques documents présentant la pratique. La police l’a emmenée au poste de police local et l’a enchaînée à une chaise. Plus tard, ils l’ont enfermée dans une cage métallique pendant des heures, puis ont procédé à une collecte forcée de son sang, avant de la relâcher sous caution à minuit. Elle a été placée sous surveillance à domicile et doit se présenter au poste de police tous les mois.

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Cheng Suqin, de la ville de Zhengzhou dans la province du Henan, a été arrêtée par des policiers qui ont frappé à ses portes avant et arrière en mai. Elle a été interrogée et on lui a fait un test sanguin. La police lui a montré des images de caméras de surveillance qui la montraient en train d’afficher un autocollant sur un mur avec les mots « Falun Dafa est bon » en avril.

Le 22 juillet, la police de la ville de Gaomi, dans le Shandong, a arrêté 46 pratiquants locaux dans le cadre d’une opération qui a mobilisé plus de 400 policiers. Les 46 personnes ont été identifiées par un groupe sanguin.

Wang Juan, une pratiquante de la ville de Changsha, dans le Hunan, a été arrêtée lors d’un voyage à Chongqing en octobre 2019, selon Minghui. Comme la police n’avait pas pu prélever son échantillon de sang dans le poste de police local en raison de problèmes techniques, elle a été envoyée au bureau de police du canton de Youyang, où un policier nommé Zhang Tao lui a fait une prise de sang.

« Je suis déjà sur la liste noire de Minghui », lui a dit Zhang, en se référant à une liste compilée de responsables locaux qui sont actifs dans la campagne de persécution du régime chinois. Le policier a déclaré qu’il n’avait « tout simplement pas peur » et a dit : « Je vais prélever vos organes. »

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