En Chine, la reconnaissance faciale pour «exposer» ceux qui traversent hors des clous

Par DANIEL HOLL
2 juin 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

La surveillance à outrance n’est plus une inquiétante science-fiction mais une réalité omniprésente à l’intérieur des frontières de la Chine continentale. Les caméras couvrent tout le territoire, avec un maillage à 100% des grandes villes par les caméras de surveillance, au niveau de ce que George Orwell décrivait dans son oeuvre d’anticipation, 1984 : les citoyens sont surveillés sur écran à chaque tournant, et même à l’intérieur de leur maison.

Maintenant, le Parti communiste chinois (PCC) prend de nouvelles mesures pour justifier le suivi de chaque mouvement des citoyens, littéralement.

Dans la ville de Taiyuan, capitale de la province du Shanxi, des écrans affichant des visages ont été installés au niveau des passages pour piétons, selon un article publié dans le Beijing Times le 25 mai. Toute personne repérée comme ayant traversé au rouge par le système de surveillance à intelligence artificielle (IA) se retrouve ainsi publiquement affichée en ville.

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Le visage d’une femme, dont le nom n’est pas mentionné, sur un passage pour piétons  dans la ville de Taiyuan. (The Beijing Times / Weibo.com) 
Sur ces écrans, deux images apparaissent : en haut, l’image prise de la personne pendant qu’elle traversait la rue. En bas, sa photographie telle que présente sur ses papiers d’identité, afin de bien montrer la réalité de l’identification du « coupable ».

D’après les informations du Beijing Times, les visages des contrevenants sont affichés sur les écrans pendant environ 20 secondes, les uns après les autres.

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Une femme passe à bicyclette à côté d’un écran. (The Beijing Times/Weibo.com)

Les progrès de la technologie de l’IA ont été largement utilisés par le régime chinois pour accroître le contrôle sur ses citoyens. Dans le cas des passages piétons, les gens n’étant ni punis par une amende ni détenus, la police peut justifier la mesure sous couvert d’éducation sociale.

Cependant, l’utilisation par la Chine de la surveillance, en particulier au Tibet et dans le Xinjiang, est avant tout un outil de répression.

« Ce n’est qu’un avertissement », dit la police

La police chinoise confirme que les visages des adultes, ainsi que des mineurs, sont affichés sans être floutés pour dissimuler leur identité, selon le journal Beijing Times.

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Une vue d’intersection à Taiyuan. (The Beijing Times / Weibo.com)

« Avoir leur photo à l’écran est juste un avertissement », a déclaré au Beijing Times un officier de police responsable de la circulation. « Ce n’est qu’un avertissement puisqu’il n’y a pas d’amende, cela avertit de ne pas traverser au rouge. » La police justifie la divulgation des identités par l’absence de punition financière et confirme que les visages des personnes pointées resteront présents un certain temps pour être vus par la population. « C’est pour environ une à deux semaines », a déclaré l’officier au Beijing Times.

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