Chine : toujours pas de liberté religieuse

16 août 2017
Mis à jour: 16 août 2017

La Chine a nié mercredi toute atteinte à la liberté religieuse, après la publication d’un rapport du gouvernement américain accusant Pékin de persécutions contre des chrétiens, des pratiquants du Falun Gong et des bouddhistes tibétains.

« Ce soi-disant rapport ne tient pas compte des faits », a réagi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « La Chine est fermement opposée et a protesté officiellement auprès des États-Unis », a-t-elle souligné.

Le département d’État américain a publié mardi son rapport annuel sur les entraves à la liberté de culte et de croyance dans le monde. Parmi les principaux pays visés figurent la Chine, l’Iran, le Pakistan, l’Arabie saoudite ou encore la Turquie.

Le Parti communiste (PCC) au pouvoir en Chine craint l’émergence de tout mouvement organisé qui échappe à son contrôle. Les religions en font partie et sont étroitement surveillées.

La Chine reconnaît en principe dans sa constitution la « liberté de croyance religieuse » – c’est-à-dire celle de croire en une religion – mais pas la « liberté religieuse », aux contours plus vastes.

Le rapport américain pointe notamment la campagne menée l’an passé dans la province du Zhejiang (est) et visant à retirer les croix du sommet des églises locales. Les autorités arguent que ces symboles jugés trop ostensibles ne peuvent désormais être placés que sur la façade des lieux de culte. Une initiative considérée par ses opposants comme une répression religieuse.

Le mouvement de pratique de Qi Gong Falun Gong, qui avait bénéficié d’un essor considérable et hors du contrôle du PCC dans les années 90, a été banni en Chine en juillet 1999 par le dirigeant de l’époque Jiang Zemin. Ce mouvement spirituel bouddhiste, qui prône les valeurs d’authenticité, bienveillance et tolérance, a été diabolisé par Pékin dans une campagne de diffamation à grande échelle à travers tout le pays ainsi qu’à  l’étranger par le biais des ambassades.

Des rapports ont été publiés relatant les faits de la persécution, notamment les arrestations arbitraires, les tortures, les meurtres et les prélèvements d’organes forcés.

Plusieurs Tibétains bouddhistes, notamment des membres du clergé, se plaignent quant à eux de restrictions: permis spécial pour voyager dans le pays, limitations du nombre de moines dans les monastères, ou encore interdictions du portrait du dalaï-lama.

Depuis 2009, une centaine de Tibétains, en très grande majorité des moines, sont morts après s’être immolés par le feu, selon l’association Campagne internationale pour le Tibet, basée aux États-Unis.

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