La Chine invite l’ONU à prendre des mesures contre la liberté d’Internet

Les populations doivent protéger leurs libertés sur Internet contre la Chine
Par Anders Corr
12 octobre 2021
Mis à jour: 12 octobre 2021

Les démocraties ne parviennent pas à s’opposer au projet de Pékin visant à restreindre mondialement la liberté de l’Internet.

La proposition de Pékin de réécrire les règles d’Internet et de réorganiser sa charpente, pour atteindre prétendument la sécurité à des vitesses 6G, pourrait conduire à une montée de la censure, a déclaré la BBC aux parlementaires britanniques.

« La Chine promeut actuellement une nouvelle méthode de gestion du trafic Internet qui, si elle est couronnée de succès, fournira un moyen facile d’inhiber le flux des médias internationaux », a poursuivi la BBC.

Cette « nouvelle méthode » consiste à obliger les utilisateurs du monde entier à s’enregistrer pour utiliser Internet. Aux gouvernements de les radier ensuite selon leurs besoins.

L’avertissement de la BBC a été formulé dans un document soumis à la commission parlementaire des affaires étrangères du Royaume-Uni. La proposition chinoise, qui modifierait radicalement les normes d’Internet, a de fortes chances d’être adoptée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’agence des Nations unies chargée de réglementer les technologies de l’information et de la communication.

Les médias d’État chinois et russes ont actuellement libre accès aux marchés occidentaux, mais les règles Internet proposées par l’ONU pourraient bloquer l’accès des utilisateurs aux médias occidentaux bien au-delà des frontières de la Chine. Rappelons que les médias internationaux qui parviennent à franchir le pare-feu numérique chinois constituent une brèche gênante dans le vaste ensemble de nouvelles très orientées auxquelles sont soumis les Chinois.

Parmi les groupes qui proposent de restreindre l’accès à Internet, figure le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information, Huawei et d’autres entreprises d’État chinoises. Dans les documents promotionnels fournis à l’UIT, ces restrictions draconiennes sont désignées par des noms vagues tels que « New IP » (nouveau protocole Internet) ou « futurs réseaux de communication verticaux ».

Les partisans de Pékin affirment que le fait de donner aux gouvernements un plus grand contrôle sur le trafic Internet permettra de renforcer la sécurité et d’optimiser la vitesse et l’efficacité des réseaux pour des technologies telles que la réalité virtuelle ou la réalité augmentée. Selon eux, les protocoles Internet actuels, conçus pour un usage universitaire et militaire, sont dépassés.

Les représentants de Huawei ont suggéré aux gouvernements de prendre le contrôle d’Internet et de mettre de côté ses « propriétaires actuels » : toute personne possédant un serveur ou ayant accès au réseau. C’est au moyen d’hologrammes et de voitures autonomes qu’ils ont essayé d’impressionner les membres de l’UIT en leur présentant l’idée la première fois, en 2019, sans aborder alors les aspects techniques.

La Chine se propose, bien sûr, de construire le nouveau protocole Internet de ce meilleur des mondes, et c’est d’ailleurs un enjeu majeur de sa « politique numérique étrangère ». En 2020, le Financial Times paraphrase un représentant de Huawei, en écrivant que la compagnie « guide un groupe de l’UIT dédié aux futures technologies indispensables d’ici à 2030, le nouvel IP étant adapté pour répondre à ces exigences ».

Certains affirment que l’Internet non réglementé est en réalité contrôlé par les Big Tech américaines, comme Apple, Google, Facebook et Amazon, etc. Certes… Néanmoins, le passage de ce système non réglementé, dominé par les Américains, à un système réglementé, que la Chine pourrait contrôler, marquerait un recul mondial de la démocratie. Si la Chine ne parvient pas à monopoliser Internet, les nouvelles réglementations qu’elle propose augmenteront toutefois le pouvoir des gouvernements au détriment des citoyens.

« Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe, par exemple, souhaitent adapter le système actuel pour introduire davantage de pouvoir réglementaire, et donner aux agences de renseignement un plus grand accès aux données personnelles des utilisateurs », selon le Financial Times.

Cela explique partiellement l’incapacité des grandes démocraties à s’opposer aux idées anti-libérales de Pékin concernant l’Internet du futur. Elles cherchent elles-mêmes des moyens de restreindre la protection de la vie privée pour devenir plus efficaces dans l’application de la loi, contre le terrorisme par exemple.

Pékin souhaite morceler le fonctionnement d’Internet selon les nations. Si l’Occident est incapable de défier la Chine à ce niveau, c’est parce qu’il n’a, pour l’heure, aucun moyen de s’y opposer, si ce n’est en essayant d’employer des sanctions économiques. À terme, un pouvoir devra s’imposer pour prendre le dessus sur la nature non réglementée d’Internet, ce qui attire les gouvernements autoritaires.

Selon le Financial Times, des sources présentes aux réunions de l’UIT en 2019 et 2020 ont affirmé que « l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Russie ont précédemment montré leur soutien aux propositions chinoises de technologies alternatives pour le réseau ». Par ailleurs, « les propositions ont révélé que les plans de ce nouveau réseau ont déjà été élaborés, et que la construction est en cours. Tout pays sera libre de l’adopter ».

À l’heure actuelle, personne ne pilote véritablement les données Internet. L’Occident autorise leur libre circulation. La Chine souhaite innover en la matière et proposer son modèle de contrôle aux autres pays.

Selon les experts de la Foundation for Defense of Democracies : « La sécurité intrinsèque signifie que les individus doivent s’enregistrer pour utiliser Internet, que les autorités peuvent couper l’accès d’un utilisateur individuel à tout moment. En bref, Huawei cherche à intégrer le système de ‘crédit social’, de surveillance et de censure de la Chine dans la charpente d’Internet. »

La BBC a fait remarquer qu’en général les pays, y compris le Royaume-Uni, ne s’opposent pas ouvertement à cette mesure. Ainsi, est-il probable que la Chine parvienne à imposer son modèle auprès d’une majorité des pays membres de l’ONU grâce à sa diplomatie du chéquier. À noter que les médias occidentaux se contentent parfois de répéter les points de discussion du PCC sur la question. Autant d’éléments qui justifient les inquiétudes de la BBC.

En 2020, les journalistes du Financial Times ont écrit : « Les gouvernements du monde entier semblent s’accorder sur le fait que le modèle actuel de gouvernance d’Internet – essentiellement une autorégulation anarchique par des entreprises privées, principalement américaines – est brisé. »

Si tel est le cas, il est temps de rappeler aux « gouvernements du monde entier » l’importance de la liberté d’expression. Tandis que le PCC cherche à exporter sa censure Internet à travers le monde (en générant des bénéfices à l’occasion), les démocraties se dérobent à leurs obligations et à leur devoir de protéger les libertés.

Les populations doivent se mobiliser et faire pression sur les gouvernements, défendre énergiquement la liberté d’Internet. C’est aujourd’hui qu’il faut mettre à profit les moyens à disposition pour faire circuler librement et rapidement nos idées. Ce ne sera peut-être plus possible demain.


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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