Choisir son camp d’été

17 mars 2015
Mis à jour: 7 août 2015

 

Camps de vacances, camps de jour… La panoplie de possibilités pour vos enfants cet été est bien variée, mais comment choisir LE camp qui leur permettra d’avoir les yeux qui brillent encore d’enthousiasme en repensant à ces merveilleux souvenirs lorsqu’ils seront adultes? À l’Association des Camps du Québec (ACQ), on recense 174 sites de camps certifiés, et ce, sans compter tous les autres camps. Comment s’y retrouver? Chloé Melançon-Beauséjour, coordonnatrice aux communications à l’ACQ, répond à nos interrogations.

Époque Times (É.T.) : Qu’est-ce qu’un camp certifié par l’ACQ?

Chloé Melançon-Beauséjour (C.M.-B.) : L’adhésion n’est pas obligatoire pour les camps de jour, les camps de vacances au Québec. […] Les camps certifiés sont des camps qui sont inspectés, on a des consultants qui s’assurent que les camps se conforment à une soixantaine de normes de qualité. On parle de normes encadrant la sécurité, la qualité des bâtiments, de l’environnement, des repas, la qualité de l’eau, la formation des animateurs. C’est vraiment très vaste. Entre autres, une des grandes qualités des camps certifiés, c’est le ratio moniteurs-campeurs qui est plus réduit que dans d’autres camps, des ratios qui sont adaptés à l’âge des enfants et au type d’activités. Les animateurs doivent obligatoirement faire 50 heures de formation pour travailler en camp de jour, ou 60 heures pour les camps de vacances. Cette certification est faite pour dire aux parents : «ce camp est sécuritaire, vous pouvez envoyer votre enfant là sans crainte.» [Note : ce qui ne veut pas dire qu’un camp non certifié n’est pas sécuritaire : aux parents de faire leurs vérifications.]

Qu’il s’agisse d’un camp de jour ou d’un camp de vacances, les enfants se font toujours de nouveaux amis. (Association des camps du Québec)

É.T. : Par où commencer ses recherches?

C.M.-B. : La première étape, c’est de déterminer ses besoins techniques : quel est notre budget, est-ce qu’on préfère que notre enfant aille dans un camp de jour ou un camp de vacances? Est-ce qu’on préfère un camp loin de la maison pour que l’enfant puisse découvrir un autre endroit? Une fois qu’on a établi ses critères, nous offrons des outils pour aider à faire son choix. On a un magazine qui est publié chaque année, qui s’appelle Vacances en camps. Il est distribué en kiosque, dans les lieux fréquentés par les familles : épiceries, pharmacies, restaurants, dans les CLSC, etc. C’est notre outil papier. On a aussi un site Web avec un moteur de recherche très performant qui permet d’entrer ses critères quand on parle par exemple d’activités spécifiques, de régions, pour trouver les camps qui correspondent à nos critères.

É.T. : Faut-il plutôt partir des besoins et envies des enfants ou des contraintes des parents pour choisir son camp?

C.M.-B. : Il faut un peu partir des deux. Il y a des contraintes des parents qui sont difficiles à éviter, par exemple le budget, mais une fois qu’on a établi ça, on peut voir avec les enfants. Ce qu’on recommande aux parents, c’est de faire une présélection, de discuter avec les enfants au sujet des activités qu’ils veulent faire pendant l’été. Une fois la présélection d’environ cinq camps faite, on peut la présenter aux enfants. Nous, à l’association, on trouve que c’est très important d’impliquer les enfants dans le choix du camp, parce que ça leur donne encore plus le goût d’y aller quand ils ont choisi l’expérience qu’ils ont envie de faire. En tant que parent, on peut décider que notre enfant fera de l’équitation, mais si l’enfant a peur des chevaux et que ça ne l’intéresse pas du tout, l’expérience risque d’être un peu plus difficile pour lui.

É.T. : Certains parents préfèrent que leurs enfants continuent leur apprentissage académique pendant l’été. Qu’est-ce que vous leur conseilleriez?

C.M.-B. : On a quelques camps qui présentent des apprentissages un peu plus académiques, par exemple à travers des cours d’anglais. Toutefois, la plupart des camps offrent surtout des apprentissages pratiques, dans le sens d’apprendre à pratiquer de nouvelles disciplines sportives, apprendre à développer de nouvelles habiletés artistiques, apprendre à faire du canot, apprendre à se faire confiance. Beaucoup d’activités qui sont fréquentes en camps de vacances, comme l’hébertisme ou l’escalade, demandent aux enfants de se faire confiance, de vaincre les craintes qu’ils pourraient avoir, de se pousser un peu plus, d’aller un peu plus loin. Ce sont des apprentissages qui peuvent être pertinents: à la fin de l’été, quand l’enfant retourne à l’école, il est plus confiant en lui, l’apprentissage académique devient plus facile. On parle beaucoup d’un esprit sain dans un corps sain, donc le fait de bouger, de permettre aux enfants d’aller dehors, de se dépenser, ça permet de faire des enfants qui sont bien dans tous les aspects de leur personnalité.

É.T. : Est-ce une bonne idée de s’inspirer des références que les gens que nous connaissons nous donnent?

C.M.-B. : Si des parents ont été très satisfaits par une expérience, je pense que c’est un bon gage de qualité. Si c’est un camp certifié en plus, c’est une double preuve. Le bouche-à-oreille est un très bon moyen de découvrir des camps.

É.T. : Quelles autres méthodes permettent de valider le choix d’un camp?

C.M.-B. : On invite les parents à faire une recherche, à visiter le site web du camp, à poser des questions, à aller aux journées portes ouvertes, rencontrer le personnel des camps, voir si l’atmosphère de la place convient aux besoins de leur enfant, pour s’assurer que l’enfant ait la meilleure expérience possible.

Un camp de vacances à l’extérieur de la ville permet aux petits citadins de se reconnecter avec la nature. (Association des camps du Québec)

É.T. : Comment faire le choix final?

C.M.-B. : Si un camp est un coup de cœur, il ne faut pas hésiter à l’essayer. Si ce sont des camps qui sont équivalents, il faut voir quel camp répond le mieux aux besoins de l’enfant. Sur notre site Web, on a une fonction «comparer». Une fois qu’on a des résultats de recherche, on peut les comparer dans un tableau. Quand on est rendu à l’étape finale, ça peut être utile pour faire le choix. Ça nous fait aussi plaisir d’aider, si les parents veulent nous appeler, s’ils ont des questions à nous poser, on est toujours disponible à l’ACQ pour répondre aux questions.

É.T. : Comment aborder le sujet du camp de vacances avec son enfant, surtout si c’est la première fois pour lui?

C.M.-B. : L’important c’est de le communiquer avec enthousiasme, d’expliquer à l’enfant qu’il va vivre des activités qu’il n’a jamais faites auparavant, qu’il va se faire des amis, de montrer ça sous une lumière positive. C’est normal d’avoir des petites inquiétudes en tant que parent quand on confie nos enfants à des gens qu’on ne connaît pas, mais l’important c’est de ne pas communiquer à nos enfants le stress qu’on peut avoir de notre côté. C’est vraiment le fun pour les enfants de partir en camp : ils vivent toutes sortes de choses, ils ont des modèles très positifs chez les moniteurs, ils rencontrent beaucoup de nouveaux amis, ils font des activités que peu d’enfants ont la chance de faire en ville, comme des feux de camp, dormir à la belle étoile, faire du rabaska… Mettre l’accent sur les activités qu’il a la chance de faire, sur le fait que c’est un défi, une aventure. C’est une super expérience. Ça rend les enfants plus autonomes, ils reviennent et ils sont plus responsables, plus matures. Ils apprennent beaucoup à se débrouiller par eux-mêmes, ça travaille le leadership.

(Association des camps du Québec)

É.T. : Quels conseils donneriez-vous aux parents qui veulent envoyer leurs enfants en camp pour la première fois?

C.M.-B. : Certains camps offrent des mini-séjours de deux ou trois nuits pour les campeurs qui essaient les camps pour la première fois : ça peut être une bonne idée pour des enfants qui sont un peu plus craintifs à l’idée de partir une semaine. Ce sont les mêmes activités que dans les camps réguliers. Pour les parents qui ont décidé d’envoyer leurs enfants une semaine ou deux semaines dès le début, pour s’assurer que ça se passe bien, ils peuvent faire des petites pratiques : envoyer les enfants dormir chez des amis, chez des cousins, chez les grands-parents pour une nuit ou deux, juste pour habituer l’enfant à dormir sans les parents, dormir à l’extérieur de la maison. Discutez avec l’enfant aussi : s’il a des craintes, s’il y a des choses qui lui font peur, essayez de le rassurer le plus possible. Il ne faut pas oublier que les enfants, une fois au camp, sont tellement occupés qu’ils n’ont pas beaucoup de temps pour s’ennuyer. Ils sont tellement occupés toute la journée qu’ils ne pensent pas du tout à la maison, et le soir ils sont fatigués, donc ils s’endorment très vite.

Pour en savoir davantage : www.camps.qc.ca ou tél. : 1 800 361-3586 ou 514 252-3113

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