Les chrétiens clandestins chinois unissent les croyances pour s’opposer à la persécution communiste

Par Joshua Philipp
31 juillet 2019 Mis à jour: 1 août 2019

Défendre la liberté religieuse sous le règne du Parti communiste chinois (PCC) n’est pas une tâche facile. Bob Fu, président et fondateur de l’association ChinaAid, le sait très bien.

M. Fu a commencé son combat en tant que leader étudiant du mouvement démocratique en Chine, le mouvement qui a pris fin brutalement le 4 juin 1989, lors du tristement célèbre massacre de la place Tiananmen. Les chants pacifiques des étudiants ont été violemment arrêtés par le régime chinois, et les espoirs des jeunes que le PCC pourrait changer ont été brisés par des coups de feu et écrasés par des chars d’assaut.

M. Fu souligne que lui et les autres membres du mouvement étudiant ont été déçus de voir que « le soi-disant ‘gouvernement populaire’ avait envoyé la soi-disant ‘Armée populaire de libération’ utiliser des chars et des mitrailleuses pour tuer son propre peuple ».

Cette déception s’est transformée en désillusion par rapport au PCC, et M. Fu a abandonné l’espoir dans la politique pour trouver la foi dans le Ciel.

« C’est ainsi que je suis devenu un disciple de Jésus-Christ, un chrétien », a-t-il confié, en ajoutant qu’après s’être tourné vers la religion, il s’est rendu compte que le PCC, par sa nature, vise à exercer un contrôle total sur toute la société et essaye de détruire tout ce qui ne lui est pas totalement loyal.

Cependant, le passage de la politique à la religion n’a pas été facile non plus. Sous le système communiste du régime chinois, la religion est étroitement réglementée. Pendant la Révolution culturelle, le PCC a lancé des campagnes pour détruire les temples et les églises, a tué des prêtres et a établi ses propres versions de religions qui sont gérées par l’État et qui placent le Parti au-dessus du Ciel.

M. Fu a refusé de suivre la version étatique du christianisme et s’est tourné vers les chrétiens clandestins des « Églises de maison » – les chrétiens chinois qui suivent encore la religion telle qu’elle existe en dehors de la Chine – une religion que le PCC persécute toujours.

« Ma femme et moi avons alors été emprisonnés », a-t-il précisé.

Le contrôle des religions par le PCC

M. Fu a expliqué que les gens qui pratiquent une religion en Chine, y compris les chrétiens et les catholiques, « veulent être indépendants dans leur foi » et reconnaître Dieu comme la puissance suprême, plutôt que d’être forcés de placer le Parti communiste au-dessus de Dieu.

Voyant qu’ils ne pourraient pas pratiquer leurs croyances en Chine sans risquer l’emprisonnement, ou même pire que ça, M. Fu et sa femme ont décidé de quitter ce pays. Après avoir lui-même éprouvé la persécution, il a commencé à penser à d’autres personnes qui faisaient face aux persécutions du PCC.

Il a souligné que même les avocats spécialisés dans les droits de l’homme en Chine sont victimes de harcèlement, de torture et d’emprisonnement pour avoir essayé de faire respecter la loi chinoise. Comme ces avocats des droits de l’homme, M. Fu s’est également rendu compte que lorsqu’il s’agit de défendre la foi, « comment peut-on se taire face à ce genre de mal ? ».

C’est cette pensée – une volonté de défendre non seulement sa propre foi, mais aussi celle des autres – qui a conduit M. Fu à créer ChinaAid. Il a déclaré que cette association avait pour mission « de promouvoir la liberté religieuse et la primauté du droit pour tous en Chine, en dénonçant les abus et les persécutions » et en encourageant ceux qui avaient été maltraités par le PCC pour avoir défendu leurs libertés.

Le Parti communiste est un système athée, et le Parti essaye d’imposer l’athéisme à la place des religions en exigeant que les gens ne reconnaissent aucun pouvoir supérieur à celui du Parti. Sous le règne du PCC, le Dalaï-Lama du bouddhisme tibétain doit obtenir l’autorisation du gouvernement pour se réincarner, des photos de dirigeants communistes sont accrochées dans les églises, tandis que la démolition des temples et des églises se poursuit.

Dans les églises, souligne M. Fu, « tout le monde est obligé de chanter l’hymne national – l’Église serait obligée d’enlever la croix et de la remplacer par le portrait du chef du PCC ».

Il a noté que l’année dernière, dans la province chinoise du Hunan, le PCC avait envoyé « un soi-disant inspecteur des affaires religieuses » pour enquêter sur les églises. Après avoir vu une copie des Dix Commandements sur un mur, l’inspecteur a déclaré qu’elle n’était pas conforme à la doctrine du Parti communiste. Il a exigé le retrait du Premier Commandement qui demande aux chrétiens et aux juifs de ne placer aucun Dieu devant le leur.

« Du jour au lendemain, les Dix Commandements sont devenus les Neuf Commandements », a précisé M. Fu en se demandant si, après la suppression du Premier Commandement par le PCC, la version modifiée du christianisme pouvait encore être appelée christianisme.

Défendre la foi

Bien que M. Fu ait pris position pour sa propre foi et pour son propre droit de croire, son association défend également les droits des autres religions et mouvements spirituels en Chine. Il estime que c’est nécessaire, car si les personnes de croyances différentes s’unissent afin de s’opposer à la persécution religieuse, cela leur permettra d’avoir une position plus ferme face à la tyrannie du PCC.

Après avoir quitté la Chine et trouvé refuge aux États-Unis, M. Fu a commencé à se rendre compte que des gens d’autres religions et mouvements spirituels sont également persécutés par le PCC. Il a précisé qu’il s’agit notamment des bouddhistes tibétains, des musulmans ouïghours et des pratiquants de Falun Gong.

Il a expliqué que s’il ne faisait que s’élever contre la persécution de sa propre foi en ignorant la persécution des autres, le régime communiste pourrait l’utiliser à son avantage en divisant les gens et en les poussant les uns contre les autres.

« En outre, a-t-il déclaré, c’est une bonne chose à faire pour notre foi. »

« Comment pouvons-nous fermer les yeux et garder le silence lorsque nous voyons que les pratiquants de Falun Gong, simplement en raison d’avoir pratiqué leur propre croyance, sont détenus arbitrairement et torturés, souvent même torturé à mort, ou sont victimes du prélèvement d’organes à vif ? »

« C’est un crime contre l’humanité », a-t-il poursuivi. « Nous sommes tous créés à l’image de Dieu. Donc, en tant qu’êtres humains, c’est une question fondamentale pour nous, une question des droits de l’homme. C’est pourquoi nous sommes beaucoup plus puissants, plus forts, si nous combattons ensemble et unissons nos efforts. »

M. Fu a précisé que son association ChinaAid vise à « envoyer un message fort » au PCC, que ses membres ne toléreront plus la persécution, l’emprisonnement ou la torture des gens pour leur foi, et qu’ils « se battront pour les libertés de chacun de nous, de sorte que les autres ne puissent plus nous diviser et en profiter ».

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