La disparition de Jack Ma après avoir critiqué le régime chinois révèle le capitalisme mafieux chinois

Par Fan Yu
5 janvier 2021
Mis à jour: 6 janvier 2021

La chute de l’entrepreneur Jack Ma a été stupéfiante de par sa rapidité et son ampleur.

Depuis que Pékin a suspendu l’introduction en bourse très attendue de Ant Group en novembre 2020, l’entrepreneur chinois Jack Ma s’est heurté à un obstacle après l’autre.

Membre du Parti communiste chinois (PCC), Jack Ma, a également vu les autorités chinoises lancer une enquête sur le groupe géant du commerce électronique Alibaba tout en étant publiquement réprimandé dans les médias d’État et, dans le même temps, s’est vu perdre son statut de personne la plus riche de Chine.

M. Ma, dont le nom chinois est Ma Yun, depuis longtemps dans le collimateur des autorités du PCC, jouit d’un statut de rock star auprès de la jeunesse chinoise et supervise un empire technologique qui repousse les limites de la réglementation. Il est compréhensible que les autorités de régulation du PCC soient irritées.

Mais le retour en arrière soudain et draconien de Pékin contre Ma Yun souligne les problèmes du système économique du pays, un système qui repose sur le capitalisme mafieux. La réaction à fleur de peau du PCC contre Jack Ma prouve que son système politique continue de freiner le pays.

Jack Ma n’est pas si différent d’Elon Musk ou de Jeff Bezos, des entrepreneurs de renom qui dirigent l’innovation d’un pays, affirment leur domination dans un secteur particulier et exercent une influence au niveau mondial. En cours de route, Elon Musk et Jeff Bezos repoussent les limites de la réglementation, ont un impact sur les industries traditionnelles établies et présentent parfois des tendances monopolistiques. Certains diront que c’est le prix à payer pour une véritable innovation.

Pourtant, quelqu’un comme M. Ma est inestimable pour l’image d’un pays. Il est le visage international de l’industrie technologique chinoise. Il participe régulièrement à des conférences mondiales, où sa personnalité libre et informelle lui a valu des adeptes. Il est en fait un « ambassadeur non officiel » pour la Chine.

Tout cela n’est pas pour disculper Jack Ma. Il opère dans un pays communiste, et est probablement un produit sanctionné du Parti. Mais en fin de compte, son franc-parler a fait sa chute.

Lors d’un forum international à Shanghai en novembre, Jack Ma a critiqué le régime réglementaire chinois, attaquant les banques d’État comme ayant une « mentalité de prêteur sur gages » en exigeant des garanties des emprunteurs. Cela contraste avec Ant group, qui utilise apparemment l’intelligence artificielle et ses propres modèles d’informatiques et de données pour prédire la probabilité de remboursement, ce qui pourrait gravement perturber le secteur bancaire et le secteur du prêt. Quelques jours plus tard, de nouvelles règles régissant le secteur du prêt en ligne ont été introduites et l’introduction en bourse de Ant a été retirée.

En décembre, l’Administration d’État chinoise pour la régulation du marché a lancé une enquête sur Alibaba, le géant du commerce électronique fondé par Ma Yun, pour comportement prétendument « monopolistique ». La Chine a introduit des règles antitrust plus strictes au début de l’année, visant apparemment non seulement Alibaba mais aussi d’autres détaillants en ligne.

Puis, fin décembre, les régulateurs ont rencontré les dirigeants de Ant Group et ont exigé que la société de paiement et de prêt remanie ses activités. Ces demandes pourraient modifier complètement les activités de l’entreprise, en soumettre certaines parties à la réglementation en matière de conformité bancaire et, en fin de compte, les rendre beaucoup moins intéressantes que ce qu’elles étaient au départ.

« La meilleure solution est de diviser Ant group en une unité financière pour ses activités de prêt, de courtage et d’assurance en ligne, qui sera soumise à une surveillance réglementaire complète, et en une unité de technologie et de données moins réglementée », a déclaré au Financial Times un ancien régulateur anonyme.

Et c’est là où réside le problème du système économique chinois.

Ant group, étant une société privée appartenant à des actionnaires privés, il n’appartient pas au gouvernement de trouver une « solution ». Le modèle de prêt de Ant, bien que nouveau, n’a pas fait ses preuves et ne fonctionne peut-être même pas à l’échelle. Mais au lieu de laisser le capitalisme déterminer les gagnants et les perdants, le PCC n’a apparemment pas aimé le résultat potentiel et a décidé d’intervenir.

Jack Ma est un homme d’affaires, et il a également le droit de pousser la réglementation dans la mesure permise par la loi. Et le gouvernement a le droit de fixer le cadre réglementaire. Mais le soudain retour en arrière du PCC prouve en fin de compte que Jack Ma a raison de dire que le cadre réglementaire est un système compliqué, ce qui lui a permis de faire de l’arbitrage entre les différents secteurs.

Le Parti Communiste Chinois et M. Ma se seraient opposés pendant des années sur ces questions. Mais l’incapacité du régime à travailler avec lui et d’autres entrepreneurs pour établir un programme et définir une structure réglementaire favorable à l’innovation est préoccupante. Le PCC a décidé qu’il devait déplacer les poteaux de but tout en neutralisant la seule réussite internationale de la Chine.

Cela devrait être très inquiétant pour tout entrepreneur chinois en herbe. Malgré les objectifs de la Chine de devenir une puissance mondiale, son régime au pouvoir continue de faire preuve des caprices et de l’insécurité d’une organisation mafieuse.

Tant que le PCC restera au pouvoir, la Chine ne pourra jamais atteindre son plein potentiel.

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