Cinq travailleurs de la santé détenus et condamnés à une amende pour avoir partagé des vidéos sur des patients atteints du coronavirus dans la province du Yunnan

Par Angela Bright
13 février 2020
Mis à jour: 13 février 2020

Li Wenliang, l’un des dénonciateurs qui a été le premier à publier des informations sur l’épidémie du coronavirus, également connu sous le nom de COVID-19, est décédé le 7 février.

Les autorités chinoises l’ont d’abord accusé de « propager des rumeurs », mais elles ont fait des efforts pour honorer M. Li après l’immense chagrin provoqué par son décès.

Le 6 février, cinq autres travailleurs de la santé de la province du Yunnan ont été punis pour avoir révélé la vérité sur l’épidémie via la plateforme de médias sociaux la plus populaire de Chine, WeChat.

Le 6 février, le Quotidien du peuple, le journal porte-parole du Parti communiste chinois (PCC), a rapporté que des travailleurs de la santé, identifiés uniquement par leurs noms de famille Wen, Xie, Guan, de l’hôpital de la préfecture de Wenshan, dans la province du Yunnan, ont réalisé des vidéos montrant des patients infectés.

Pendant ce temps, Liu et Yu de l’hôpital de la ville de Wenshan ont partagé ces vidéos sur WeChat. Wen, Yu, Liu et Xie ont été condamnés à 10 jours de détention administrative et à une amende de 500 yuans (66 €), tandis que Guan n’a été condamné qu’à une amende de 500 yuans (66 €).

Les efforts des autorités chinoises pour censurer les informations ont déclenché une vague de réactions sur Internet.

« Le système du PCC a complètement perdu sa capacité à se corriger lui-même. Il serait insensé de s’attendre à ce qu’ils aient une conscience », a écrit un internaute.

Un autre a dit : « Li Wenliang vient de mourir, et les autorités persécutent les travailleurs de la santé qui révèlent la vérité. »

Li Wenliang, un ophtalmologue, est mort du coronavirus à Wuhan dans la matinée du 7 février, après avoir été diagnostiqué porteur du virus cinq jours plus tôt. Il a contracté la maladie après avoir traité une personne infectée sans le savoir.

Il faisait partie d’un groupe de personnes qui ont été les premières à parler sur les médias sociaux chinois d’une épidémie de « pneumonie inconnue » parmi sept patients de l’hôpital où ils travaillaient, le 30 décembre de l’année dernière. Le lendemain, la Commission de la santé de Wuhan a confirmé l’épidémie.

Plus tard, le poste de police local a convoqué M. Li pour le réprimander d’avoir révélé ces informations.

Mais les internautes ont vu dans la dernière sanction infligée au personnel médical du Yunnan le signe évident que les autorités sont encore plus préoccupées par leur image. « Vous vous attendez donc toujours à ce que le gouvernement s’améliore face à cette épidémie ? Arrêtez de rêver. »

« Le PCC court à sa propre perte », a déclaré un autre.

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