La collaboration scientifique entre les États-Unis et la Chine pourrait soutenir les programmes militaires du PCC, avertissent les experts

Par J.M. Phelps
18 septembre 2021
Mis à jour: 19 septembre 2021

Selon les experts en sécurité, les États-Unis devraient mettre un terme à leur collaboration en matière de recherche avec le régime chinois afin que les scientifiques américains ne contribuent pas par inadvertance au programme de guerre biologique de Pékin.

Cette mise en garde est d’autant plus urgente que des documents récemment publiés montrent que des fonds américains ont été alloués à la recherche sur le coronavirus à l’Institut de virologie de Wuhan (IVW), l’établissement au centre de la théorie selon laquelle la pandémie est née d’une fuite de laboratoire.

Selon les documents obtenus par The Intercept, les National Institutes of Health – par l’intermédiaire de l’organisation sanitaire américaine EcoHealth Alliance – ont accordé près de 600 000 dollars à l’IVW pour mener des recherches, notamment pour modifier les coronavirus de chauve-souris jugés susceptibles d’infecter les humains.

Selon le colonel Lawrence Sellin, retraité de l’armée américaine, tout financement occidental ou toute collaboration en matière de recherche avec le Parti communiste chinois (PCC) soutient directement ou indirectement les objectifs militaires du régime, y compris son programme de guerre biologique. le Colonel Sellin a également travaillé auparavant à l’Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l’armée américaine (U.S. Army Medical Research Institute of Infectious Diseases) et a mené des recherches fondamentales et cliniques dans l’industrie pharmaceutique.

« Il est important de reconnaître qu’en Chine, il n’y a pas de distinction entre la recherche militaire et la recherche civile », a déclaré le colonel Sellin, mettant en évidence la stratégie nationale de « fusion civilo-militaire » du PCC.

Fusion civilo-militaire

La doctrine de fusion civilo-militaire de Pékin prescrit que les avancées technologiques développées par le secteur privé soient mises à profit pour favoriser le développement militaire du régime. Cette stratégie a été « mandatée par le 13e plan quinquennal du Parti communiste chinois en 2016 », même si elle fonctionnait officieusement avant cela, a déclaré M. Sellin à Epoch Times dans un courriel.

Clare Lopez, ancienne officière d’opérations de la CIA, a déclaré : « Il existe une collaboration transparente entre les laboratoires militaires et civils en Chine », ajoutant que ce type de fusion n’existe pas aux États-Unis.

« La loi chinoise exige que les installations militaires aient accès à tout ce qui est réalisé dans les laboratoires civils », a déclaré Mme Lopez. Selon elle, cela est devenu très évident lorsque le général de division Chen Wei de l’Armée populaire de libération, expert en biologie et en défense contre les armes chimiques, a pris le contrôle du laboratoire de Wuhan pendant les premiers stades de la pandémie, début 2020.

Bien que l’IVW, qui abrite un laboratoire P4 (le niveau de biosécurité le plus élevé possible), ait nié toute relation avec l’armée chinoise, l’institut a travaillé pendant des années avec des dirigeants militaires sur un projet parrainé par l’État menant des expériences sur des animaux de laboratoire. Une fiche d’information publiée en janvier par le ministère des Affaires étrangères américain indique également que l’IVW s’est livré à des expériences sur des animaux de laboratoire pour le compte de l’armée chinoise depuis au moins 2017, et a travaillé sur des recherches de « gain de fonction » pour concevoir des virus chimériques.

Le laboratoire P4 sur le campus de l’Institut de virologie de Wuhan, à Wuhan, dans la province du Hubei, en Chine, le 13 mai 2020. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Origines de la pandémie

M. Sellin estime que la pandémie « a été le résultat direct d’un programme de guerre biologique hautement organisé et étendu du PCC ».

À l’appui de cette thèse, M. Sellin a déclaré : « Il suffit de regarder la structure du virus pour savoir qu’il contient des caractéristiques, en particulier le site de clivage polybasique de la furine, qui ne se trouve dans aucune des centaines de coronavirus de chauve-souris similaires à partir desquels le virus du Covid-19 aurait pu évoluer. »

« Le site de clivage polybasique de la furine est, depuis plus de vingt ans, connu pour augmenter la transmissibilité et la létalité des coronavirus et les scientifiques de l’Armée populaire de libération chinoise ont démontré l’insertion artificielle d’une telle séquence en 2013 » – une technique de génie génétique qui est utilisée depuis au moins une décennie.

La communauté du renseignement américaine, qui a été chargée par le président Joe Biden d’étudier les origines de la pandémie, y compris la théorie de la fuite en laboratoire, a récemment fourni un rapport détaillé.

Collaboration scientifique avec les États-Unis

Selon M. Sellin, l’Armée populaire de libération de la Chine exploite « les connaissances et les compétences scientifiques internationales, en particulier celles des États-Unis, par le biais de programmes de collaboration en matière de recherche et d’échange scientifiques ».

« La Chine a fait pleinement usage de [cette collaboration], colonisant de facto des programmes de recherche américains spécifiques susceptibles de faire avancer ses objectifs militaires », a-t-il déclaré, notant que cela inclut le développement d’armes biologiques.

Dans un processus qu’il a appelé « migration en chaîne scientifique », M. Sellin a déclaré que les scientifiques chinois ont établi des laboratoires aux États-Unis, invité leurs collègues et accédé non seulement aux connaissances et aux compétences, mais aussi au financement du gouvernement américain. En conséquence, il soupçonne que des centaines de millions de dollars des contribuables américains ont été utilisés pour soutenir directement ou indirectement le programme de guerre biologique du PCC.

« Des mesures doivent être prises immédiatement pour mettre fin à l’hémorragie de connaissances, de compétences et de fonds de recherche américains, qui continuent d’être acheminés vers le programme de guerre biologique de la Chine », a déclaré M. Sellin.

Tenir le PCC pour responsable

Exposer l’organisation et le fonctionnement des programmes de guerre biologique du PCC devrait être une priorité absolue pour la communauté internationale, selon M. Sellin. Si l’on veut mettre un frein au programme de guerre biologique du PCC, les États-Unis doivent d’abord agir.

Mme Lopez abonde dans le même sens, mais souligne la difficulté de le faire.

« Il n’existe aucun mécanisme d’application permettant de tenir véritablement le régime chinois pour responsable », a déclaré Mme Lopez, également fondatrice et présidente de Lopez Liberty.

Les États-Unis et la Chine sont tous deux signataires de la Convention sur les armes biologiques, qui interdit aux États de développer des armes biologiques. Mais le seul recours en cas de plainte, a-t-elle dit, serait de s’adresser au Conseil de sécurité de l’ONU, dont l’un des cinq membres permanents est la Chine, qui opposerait son veto à toute action.

« Par conséquent, a déclaré Mme Lopez, il n’y a pas beaucoup d’incitatifs à porter la question devant l’ONU. »

Dans une large mesure, l’élimination du programme de guerre biologique du PCC repose sur le dos des chercheurs qui continuent de fermer les yeux sur la dissimulation permanente des origines de la pandémie par le régime, selon Mme Lopez.

Elle se demande si les chercheurs américains n’ont pas involontairement aidé le PCC en ce sens.

« Ce n’est pas que les chercheurs américains fournissent nécessairement une assistance, mais ils savent parfaitement que les laboratoires en Chine travaillent ensemble sur des armes biologiques – et ils ne s’en soucient pas.

« À ce niveau de la recherche internationale, il semble que l’on ne tienne absolument pas compte du fait que la Chine dispose d’un programme d’armes biologiques d’une telle ampleur », a déclaré Mme Lopez.

Dans le cas de la question examinée de plus en plus minutieusement à savoir si l’IVW serait potentiellement à l’origine de la pandémie, Mme Lopez affirme : « Les chercheurs américains s’en moquent. Ils veulent faire les recherches qu’ils veulent faire. Et si cela nécessite de travailler avec Wuhan, ils le feront de toute façon. »

Selon Mme Lopez, cela indique « un manque total de considération pour la sécurité sanitaire internationale, [car il y a une] indifférence totale à l’égard du type de recherche menée en Chine qui alimente un programme d’armes biologiques ».

J.M. Phelps est auteur et chercheur sur les menaces islamistes et chinoises.

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