Combien de vies les politiciens vont-ils sacrifier au nom de la lutte contre le Covid-19?

Par Bradley Thomas
16 mai 2020
Mis à jour: 16 mai 2020

Pendant la période actuelle de confinement du coronavirus, je paierais cher pour qu’on demande à un fonctionnaire :

« Combien de vies êtes-vous prêt à sacrifier pour éviter une mort causée par le coronavirus ? »

Thomas Sowell a écrit à plusieurs reprises : dans un monde de pénurie, il n’y a pas de solutions, seulement des compromis. Jusqu’à présent, le débat sur le confinement s’est concentré sur le compromis entre sauver des vies et éviter une crise économique momentanée.

Tom Woods a écrit récemment « Nous l’avons entendu de la bouche d’Andrew Cuomo, gouverneur de New York, et de beaucoup de personnes depuis lors : si nous sauvons ne serait-ce qu’une vie avec ces mesures draconiennes, cela en aura valu la peine. »

Mais il y a tellement plus que cela. Le confinement lui-même coûte des vies, peut-être plus que le virus lui-même.

Les opposants au confinement se rendent un mauvais service en se concentrant presque exclusivement sur l’importance de la « réouverture de l’économie », comme si l’intérêt financier personnel était désormais la seule raison de renoncer au confinement et risquer une accélération de la propagation du Covid-19 et une augmentation du nombre de morts.

Comme l’a écrit Heather Mac Donald dans ce récent article de American Greatness, « L’accent mis sur le fait de sauver ‘une seule vie’ du coronavirus, comme l’a dit M. Cuomo au mois de mars, à l’exclusion de toute autre considération, risque de se traduire par un échec catastrophique de la politique. »

« La destruction des capacités des individus à s’épanouir ou même à survivre pourrait bientôt devenir irréversible », a-t-elle ajouté.

En effet, le confinement lui-même présente des risques sanitaires importants, y compris d’innombrables décès. Le public a été submergé par des informations en constante évolution qui prétendaient montrer le nombre important d’hospitalisations et de morts causées par le coronavirus que provoquerait la levée des restrictions.

Mais où se trouvent les études qui prédisent le nombre de morts et les souffrances causées par le confinement lui-même ? Pourquoi nos dirigeants sont-ils si déterminés à empêcher que ces compromis ne soient pris en compte dans le débat public sur le confinement ?

Les recherches ont clairement montré une corrélation positive entre l’augmentation du chômage et le taux de suicide. Une étude publiée par The Lancet a révélé que « le risque relatif de suicide associé au chômage a augmenté d’environ 20 à 30 % » au cours de leur période d’étude.

L’étude attribue en outre environ 45 000 suicides par an à travers le monde en raison du fardeau mental et psychologique que représente le chômage.

De nombreux travailleurs licenciés espèrent que le chômage sera temporaire, mais une grande incertitude demeure quant à la durée de cette période. Plus cet arrêt économique et ses conséquences dureront, plus il y aura de suicides.

Les pertes de vies dues à l’abus de substances psychoactives vont également augmenter. La clinique de désintoxication Recovery Ways note : « Une étude réalisée à partir de l’année 2017 a montré que lorsque le chômage augmente d’un point de pourcentage dans un comté donné, le taux de décès dus aux opioïdes augmente de 3,6 % et le taux de visites aux urgences de 7 %. »

Ironiquement, l’anxiété et le stress causés par la lutte contre la propagation du coronavirus peuvent en fait affaiblir le système immunitaire et rendre les gens plus vulnérables à la contagion. Comme l’indique le site Healthline.com :

« Mais si vous vous sentez anxieux et stressé de façon répétée ou si cela dure longtemps, votre corps ne recevra jamais le signal nécessaire pour revenir à un fonctionnement normal. Cela peut affaiblir votre système immunitaire, et vous rendre plus vulnérable aux infections virales et aux maladies fréquentes. Par ailleurs, vos vaccins habituels risqueraient de ne pas fonctionner aussi bien si vous souffrez d’anxiété. »

La crise économique mondiale déclenchée par le confinement causé par le coronavirus va entraîner une famine massive. Même si les États-Unis vont connaître une augmentation du nombre de décès en raison des difficultés économiques, la souffrance qui en résultera au niveau mondial sera bien plus grave.

Un article de Reuters du 16 avril a mis en lumière un rapport de l’ONU dans lequel l’organisation avertit que « les difficultés économiques rencontrées par les familles en raison du ralentissement économique mondial pourraient entraîner des centaines de milliers de décès d’enfants supplémentaires au cours de l’année 2020, annulant ainsi les deux ou trois dernières années de progrès réalisés pour réduire la mortalité infantile au cours d’une seule année ».

Dans un article du New York Times paru le 22 avril dernier, on pouvait lire que dans les pays du tiers monde, « les campagnes d’éradication de la polio ont été suspendues, annonçant une ‘pandémie de famine, d’analphabétisme et de pauvreté’ provoquée par les mesures de confinement prises par le gouvernement. Il en va de même pour la distribution de vitamine A, qui sauve la vie d’enfants et prévient la cécité. Les programmes d’alimentation scolaire ont souvent été interrompus et les écoles fermées ».

Au Bangladesh, l’article fait état d’une enquête qui a révélé que « quatre personnes interrogées sur dix disposaient de trois jours ou moins de nourriture à la maison ».

L’hystérie et la panique de masse conduisent également de nombreuses personnes souffrant de graves problèmes de santé à fuir les hôpitaux par peur d’être infectées. Cette attitude peut entraîner des conséquences graves et parfois irréversibles qui auraient pu être évitées.

De plus, comme l’a écrit un médecin de Stanford dans cet article du journal The Hill, « des gens meurent parce que les autres soins médicaux ne sont pas dispensés en raison de la peur qui règne ».

La plupart des États et de nombreux hôpitaux ont brusquement cessé les procédures et les opérations « non essentielles », a écrit le médecin. « Ces mesures ont empêché le diagnostic de maladies mortelles, le dépistage du cancer, les biopsies de tumeurs non encore découvertes et les anévrismes cérébraux potentiellement mortels. »

« Les patients atteints de cancer ont différé leur chimiothérapie. On estime que 80 % des cas de chirurgie du cerveau ont été évités. Les patients victimes d’accidents vasculaires cérébraux aigus et de crises cardiaques ont manqué leur unique possibilité de traitement, certains sont morts et beaucoup sont maintenant confrontés à une invalidité permanente », a-t-il poursuivi.

Tom Woods a également souligné un article paru dans l’Express britannique, qui conclut que « l’augmentation des décès dus au cancer résultera du redéploiement des ressources sanitaires provoqué par l’hystérie du Covid ».

Selon Richard Sullivan, professeur de cancérologie et de santé mondiale au King’s College de Londres et directeur de I’Institut de politique du cancer, « le nombre de décès dus à l’interruption des services de cancérologie est susceptible de dépasser le nombre de décès dus au coronavirus lui-même ».

La réaction du gouvernement face au danger causé par le coronavirus a été sans précédent. La question de savoir si cette réaction était justifiée ou non s’est résumée à sauver des vies et non à « relancer » l’économie. De nombreux opposants aux mesures de confinement ont été accusés de vouloir que des gens meurent pour sauver quelques points de leur portefeuille à Wall Street.

C’est absurde.

Le confinement coûte des vies. Beaucoup de vies. Les retombées économiques provoqueront d’autres séries de décès, notamment dans les pays les plus pauvres. Les décès et les problèmes de santé qui auraient pu être évités sont en augmentation, car les maigres ressources médicales sont réservées au traitement des vagues prévues de cas de Covid-19 qui, pour la plupart, ne se matérialiseront pas.

Dans un récent tweet, le podcasteur et comédien libéral Dave Smith a posé la bonne question à poser, une question jusqu’ici ignorée :

« Pour ceux d’entre vous qui pensez qu’il est absurde de remettre en question le confinement général, combien de temps ce confinement devra-t-il durer encore avant que vous reconnaissiez qu’il est pire que le virus lui-même ? Quand est-ce que les emplois, vies, santé mentale, temps passé en famille, etc. deviendront un prix trop cher à payer ? »

Malheureusement, il semble de plus en plus que nos dirigeants ne veulent même pas reconnaître publiquement ces compromis, ou qu’ils ne le feront jamais.

Dans la vie, rien n’est gratuit, il y a toujours des compromis. Cela inclut le confinement dû au coronavirus. Sauver « une seule vie » du coronavirus n’est pas gratuit. Malheureusement, la véritable nature de ces coûts est ignorée et réduite à un désagrément économique temporaire.

Comme l’a conclu M. Woods, « ce n’est pas seulement que nous voulions sortir et nous faire couper les cheveux, comme ces génies ne cessent de le dire. C’est que nous sommes contre la destruction ».

Bradley Thomas est le créateur du site web Erasethestate.com et il est un activiste et écrivain libéral avec près de quinze ans d’expérience dans la recherche et l’écriture sur la philosophie de la politique et l’économie.

Cet article a été publié à l’origine sur Mises.org.

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