Des commerçants affichent leur soutien à Charlie Hebdo: ils sont menacés et insultés

Par Michal Bleibtreu Neeman
1 novembre 2020
Mis à jour: 1 novembre 2020

Attachés à la liberté d’expression, ils sont plusieurs à afficher les unes de Charlie Hebdo sur la devanture de leur magasin. Certains le font depuis de longues années. Parfois ils sont menacés, insultés, mais pour eux, souhaitant agir à leur niveau, il s’agit d’un acte citoyen important pour valider la démocratie.

Depuis vingt ans, Pierre Pay, un restaurateur grenoblois, affiche les dessins de Charlie hebdo dans son établissement. Défenseur de la liberté de l’expression dans une République laïque, pour lui les caricatures et l’humour sont inhérents à la démocratie. « Je suis là », dit-il au micro de France Info, « pour que mes enfants puissent continuer à être dans un pays libre. »

Présenter les couvertures de Charlie Hebdo n’est pas sans risque. Il y a quelques années, un cocktail Molotov a été lancé sur la terrasse de son restaurant.

« Les hussards noirs de la République ont été sur tous les fronts depuis la Troisième République, c’est eux qui ont fait cette laïcité contre laquelle on a dû se battre.  Avec ces gens-là, on a dû se battre contre l’obscurantisme et aujourd’hui, un siècle et demi plus tard, on revient à des moments barbares et terribles », déplore-t-il sur France info.

Interviewé par Le Figaro, Gérard (le prénom a été changé), 48 ans, commerçant en Seine-Saint-Denis, est lui aussi un défenseur ardent de la liberté d’expression. « Marqué par les attentats de janvier 2015 », quand le procès des attentats contre Charlie Hebdo a commencé, il a décidé d’afficher les unes du journal « chaque semaine, le temps du procès ».

Gérard espère ne pas être seul dans son combat. « J’aimerais qu’on soit plus nombreux à se mobiliser pour défendre la liberté d’expression », dit-t-il dans les colonnes du Figaro.

Le commerçant raconte avoir eu du soutien, des gens qui passaient devant sa boutique en levant le pouce. Mais malheureusement il a été aussi agressé et a reçu des menaces. Depuis le mois de septembre, il a été la cible d’intimidations à plusieurs reprises. Certaines personnes sont passées pour prendre en photo son magasin, d’autres sont rentrées pour déchirer les journaux, puis l’ont insulté en vociférant. Gérard, qui a essayé de tenir bon jusqu’à la fin du procès, a fini par céder et a enlevé les journaux de sa vitrine.

« Après l’assassinat de Samuel Paty, j’étais totalement sonné. Certains amis m’ont dit : ‘S’il te plaît, enlève tes unes.' »

Encouragé par la police, mardi dernier, il a déposé plainte.

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