Commission européenne : la Chine a été le partenaire commercial le plus restrictif de l’UE en 2018

Par Epoch Times
19 juin 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Selon le rapport de la Commission européenne publié le 17 juin, la Chine avait, l’an dernier, plus de barrières commerciales affectant les produits de l’Union européenne (EU) que n’importe quel autre pays au monde.

Le rapport de la Commission sur les obstacles au commerce et à l’investissement indique que les tarifs douaniers établis par la Chine en 2018 ont affecté 25,7 milliards d’euros des exportations européennes, soit la moitié de l’impact total des nouvelles barrières commerciales.

Au total, 23 pays non membres de l’Union européenne ont mis en place 45 nouvelles barrières commerciales en 2018, portant leur nombre total à un niveau record de 425 barrières installées dans 59 pays différents.

La Chine et la Russie avaient les mesures commerciales restrictives les plus « problématiques » et ont introduit respectivement 37 et 34 mesures.

L’année dernière, la Chine était « responsable des barrières les plus importantes », souligne le rapport, érigeant quatre nouvelles barrières. Elle a été suivie par les États-Unis, l’Algérie et l’Inde.

« Ces obstacles ont affecté les exportations de l’UE qui se chiffrent en milliards d’euros – ils ont jeté une ombre inquiétante sur le système commercial multilatéral fondé sur des règles », a écrit dans le rapport Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du commerce. « C’est aussi inacceptable qu’injustifié. »

Au total, les nouvelles barrières mises en place l’année dernière ont affecté ou risqué d’affecter les exportations de l’UE d’une valeur de 51,4 milliards d’euros.

Barrières liées aux TIC

La Commission européenne souligne que les nouvelles barrières du régime chinois dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont eu le plus d’impact sur les exportations de l’UE. Elles ont affecté 24,9 milliards d’euros de flux commercial.

Le rapport indique que le régime chinois introduit diverses mesures de restriction du commerce dans son secteur de haute technologie, conformément aux objectifs prioritaires tracés dans son programme « Made in China 2025 ».

Ce programme vise à transformer la Chine, d’ici 2025, en un leader mondial avec la position dominante dans les futures industries de hautes technologies, qu’il s’agisse d’aéronautique, de robotique, de télécommunications ou encore d’intelligence artificielle et des produits pharmaceutiques.

Le rapport de la Commission européenne met également en lumière les « règlements injustifiés du régime dans le domaine de cybersécurité et de cryptage », qui ont été mis en œuvre en vertu de la loi sur la cybersécurité entrée en vigueur en juin 2017.

Parmi ceux-ci figure un ensemble renforcé de cyber règlements connu sous le nom de Cyber Multi-Level Protection Scheme qui doit entrer en vigueur en décembre prochain.

D’après le rapport, ces règlements pourraient priver les entreprises étrangères d’entrer sur le marché chinois.

« L’objectif de ces règlements est de classer tous les systèmes d’information en fonction de leur niveau de sécurité », précise le rapport.

« Selon le niveau de sensibilité perçu, les sociétés étrangères pourraient être exclues de certains segments du marché. »

D’après le rapport, le projet de règlements publié en juin 2018 était également « problématique », car il laissait certains concepts clés indéfinis, laissant ainsi « une grande marge d’interprétation ».

Le rapport craint également que, en vertu de ces règlements, les entreprises étrangères soient obligées de se soumettre à des procédures d’essai et de certification inutiles. Ces mesures peuvent également présenter une menace à la propriété intellectuelle de ces entreprises.

En mars 2019, dans son rapport sur les relations UE-Chine, la Commission européenne a déjà critiqué la deuxième économie mondiale pour ses politiques protectionnistes.

Contrairement aux politiques d’ouverture du marché de l’UE, le rapport de mars indique que Pékin a mis en place une série d’obstacles qui empêchent les entreprises européennes d’accéder au marché chinois, notamment en forçant ces entreprises à transférer la technologie de pointe en échange de l’accès au marché et en soumettant les exportations alimentaires et agricoles de l’EU à des procédures discriminatoires et inutilement lourdes.

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