Confinement : « Il y a eu beaucoup de décès de personnes âgées qui sont mortes de chagrin et de l’isolement »

Par Emmanuelle Bourdy
21 novembre 2020
Mis à jour: 21 novembre 2020

Sur France 3, des témoignages poignants de résidents d’Ehpad montrent bien comment les dommages collatéraux de cette politique sanitaire répressive œuvrent dans l’ombre. Les résidents enfermés dépérissent, et on observe de plus en plus chez nombre d’entre eux le « syndrome de glissement ». Ces décès ont été étiquetés décès Covid.

Sur Twitter, « L’Infirmier 0 » a posté un reportage de France 3 dans lequel des résidents d’Ehpad racontent leurs conditions de vie, en cette période de confinement. On comprend aisément comment l’isolement de ces personnes, imposé par une politique sanitaire draconienne en raison de la pandémie de coronavirus, entraîne des dégâts collatéraux irréversibles au niveau moral.

Le tragique « syndrome de glissement » fait des ravages au sein des Ehpad

« J’en ai marre de vivre. On ne peut pas dire qu’on ait du plaisir dans la vie. Ce n’est plus un plaisir c’est… on vit, c’est tout », raconte une résidente d’Ehpad. Une autre explique en pleurant : « J’aimerais beaucoup aller à la maison,  je voudrais bien sortir. »

Les médecins connaissent bien ce phénomène et en sont témoins chaque jour, au chevet de leurs patients. Appelé le « syndrome de glissement », la personne se laisse littéralement mourir.

« Il n’y a pas eu que des décès dus au Covid. Il y a eu beaucoup de décès de personnes âgées qui sont mortes de chagrin, qui sont mortes de l’isolement. J’en ai vu plusieurs qui m’ont dit : ‘J’ai plus envie, j’arrête.’ Ils le formulent. ‘J’en ai marre, j’arrête.’ Et ils ont arrêté de manger et de boire. Et malgré les perfusions, ils se sont laissés mourir. Ceux-là, au bout de quinze jours, ils sont partis. Eux, ils n’avaient pas le Covid, mais ils sont morts. Ils sont morts de chagrin, tout seuls », témoigne une femme.

Même si certains ont un lien avec leur entourage au moyen de photos, d’écrits, par téléphone ou avec internet, il leur manque l’essentiel, le contact direct avec leurs proches. Une souffrance insoutenable qui les ronge, chaque jour l’éloignement se faisant plus durement ressentir.

« L’interdiction de quitter les chambres a eu un effet dévastateur »

« C’est une privation de liberté, et beaucoup disent : ‘Oui, maintenant on est en prison’ », explique Elodie David, psychologue. « Symptomatologie dépressive, perte d’appétit… tout ce qui est en lien avec la dépression. Le danger, c’est de ne plus avoir d’espoir dans l’avenir, et forcément qui dit ne plus avoir d’espoir dans l’avenir dit ne plus avoir de projets, donc dit à quoi bon vivre », explique-t-elle encore dans ce reportage.

De nombreux internautes ont réagi en réponse à « L’infirmier 0 ». « Cela a été notre cas, maman testée négative 4 jours avant son décès a été classifiée Covid. Elle est décédée seule dans sa chambre, impossible de la voir cause confinement. Pas de messe, pas d’amis, pas de proches. Ils lui ont volé sa dignité, son honneur. Notre famille est dévastée », reproche un internaute. Un autre interroge : « Qui va rendre des comptes pour ces douleurs mentales ! » D’autres encore disent : « C’est tout simplement criminel », « c’est triste », « choquant ». « C’est triste […] on leur a volé leurs dernières années à vivre sans leurs enfants, petits-enfants […] Toute la genèse de leur vie sans leur famille, seuls face à la mort […] Il y a des responsables de cela, il faudra les confondre […] », s’indigne un internaute. Un autre dénonce : « Et il y a eu ceux qui ont été soulagés au Rivotril, véritable scandale. On a tué nos vieux. »

Les répercussions dramatiques de ces dommages collatéraux ne sont-ils pas pires encore que le coronavirus lui-même ?

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