Est-ce que le conflit commercial sino-américain annonce une nouvelle guerre froide, ou pire encore ?

Une nouvelle ère est en train de commencer - est-ce que le monde est prêt ?
Par Epoch Times
1 juin 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

Depuis le début de la présidence de Donald Trump, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle ère dans le monde. Le début de cette nouvelle ère s’identifie le plus clairement par l’aggravation du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Cependant, ce conflit ne reflète qu’une partie de la nouvelle réalité qui englobe des phénomènes beaucoup plus larges et profonds.

Bien sûr, au cours des dernières décennies, le monde s’est habitué à tirer parti de la main-d’œuvre chinoise bon marché et à haut rendement. Cela a permis à des milliers d’entreprises d’engranger d’énormes profits, à des milliards de personnes d’acheter des produits meilleur marché et de voir une explosion des richesses en Chine.

Cette époque est révolue.

La nouvelle réalité

Certains s’en rendent déjà compte, mais beaucoup de gens des médias et des milieux universitaires n’ont pas encore accepté une nouvelle réalité : Trump oblige les pays du monde entier à décider avec qui ils veulent faire des affaires. Pour de nombreux pays, il devient de plus en plus évident qu’ils ont intérêt d’approfondir leurs relations avec les États-Unis et d’autres puissances occidentales plutôt qu’avec la Chine.

De son côté, la Chine comprend très bien ce que peuvent apporter les changements initiés par Trump. C’est pourquoi elle fait tout ce qu’elle peut pour concentrer l’attention mondiale sur son titanesque programme « Belt and Road Initiative », souvent qualifié de « nouvelle route de la soie », plutôt que sur l’état de son économie en plein déclin. Il ne semble pas que ce soit par hasard que le professeur Wu Xiaoqiu, vice-président de l’Université Renmin à Pékin, essaie de convaincre que l’économie chinoise est saine et que c’est l’économie américaine qui est en danger.

Cependant, les faits n’appuient pas cette affirmation. L’économie américaine affiche une performance record pour la plupart des indicateurs clés. Les États-Unis jouissent d’un haut taux d’emploi et des salaires en hausse, d’un marché boursier élevé, d’un marché immobilier en plein essor ainsi que d’un secteur manufacturier qui connaît une reprise. L’imposition des tarifs douaniers pourrait, peut-être, affecter un peu cette situation ou, peut-être, pas du tout.

Entretemps, l’économie chinoise souffre d’un malaise très profond. Par exemple, de janvier à mars 2019, la Banque populaire de Chine a injecté environ 164 milliards de dollars en nouvelles dettes dans l’économie chinoise. C’est quatre fois la dette qu’elle avait émise au cours de la même période en 2018.

L’économie chinoise en crise

Toutefois, cette dette n’a pas réussi à stimuler l’économie chinoise. En fait, elle a eu un effet délétère plutôt que réparateur. Une bulle immobilière reste un risque important pour l’économie chinoise, de même que le risque de l’effondrement du marché boursier. De plus, l’endettement public et privé important et massif a conduit à une surproduction de biens dont de nombreux consommateurs chinois ne veulent pas ou ne peuvent plus se permettre.

Les indicateurs clés de l’état de l’économie chinoise – la confiance et les dépenses des consommateurs – sont négatifs depuis quelques années et cette tendance se poursuit, et cela devra aggraver davantage les difficultés du pays. La confiance des Chinois dans la direction du Parti communiste chinois (PCC) est également endommagée, voire brisée.

Le point principal est le fait que le PCC s’est approprié des gains apportés par son économie. Pendant des décennies, il a échangé la dette contre ces gains afin de les transférer par la suite dans des placements offshore à l’étranger. La classe moyenne, désespérée et effrayée, essaie de faire de même. Bref, le PCC est en train de perdre sa légitimité en manquant à sa promesse d’assurer la prospérité économique.

Le « désamour » envers la Chine

De plus, une grande partie du monde tombe en désamour envers la Chine. Ce n’est pas seulement le cas de l’Amérique de Trump. L’Australie a ouvert la voie à l’interdiction de Huawei, ce puissant mais insidieux fabricant chinois de télécommunications qui a saboté des systèmes de données en volant des données techniques et gouvernementales hautement confidentielles. L’Union européenne suivra probablement l’Australie et les États-Unis pour interdire sur leur territoire Huawei et d’autres fournisseurs d’équipement de télécommunications chinois.

Il n’y a pas que les États-Unis, l’Australie et l’Europe qui tournent le dos à la Chine. Le Japon se rend compte qu’il doit aussi choisir entre travailler avec l’Occident ouvert et libéral ou une Chine dictatoriale et cherchant à se venger (la Seconde Guerre mondiale reste dans la mémoire historique des Chinois, tout comme les guerres de l’opium menées par l’Occident). Même les petits pays de l’arrière-cour de la Chine, comme la Malaisie, renoncent à des accords d’investissement de plusieurs milliards de dollars, invoquant des conditions injustes et économiquement destructrices de la part de la Chine.

Trump met la Chine sous pression énergétique

On peut ajouter à cela les sanctions sévères imposées par les États-Unis sur les exportations de pétrole iranien et vénézuélien, ce qui restreint l’approvisionnement énergétique de la Chine. La production pétrolière de l’Arabie saoudite pourrait combler la différence, mais pour combien de temps ?

Il est bien probable que Trump essaie de prendre des dispositions avec les Saoudiens pour empêcher que cela se produise. Son objectif à court et à long terme est d’exercer une pression très forte et continue sur la Chine afin de l’amener à réorganiser son système économique et, peut-être, même son système politique.

L’impact négatif géopolitique global de ces mesures ne devrait pas être pris à la légère. Il suffit de rappeler que, en 1941, les États-Unis ont bloqué l’accès du Japon au pétrole dont il avait tant besoin. L’attaque japonaise sur la base navale américaine de Pearl Harbor et le déclenchement de la guerre du Pacifique ont suivi peu après.

On pourrait se poser la question sur la réaction de la Chine si elle se retrouve dans une situation similaire.

Choisir son camp

Donald Trump est en train de convaincre des pays de l’Europe et de l’Asie de prendre des mesures commerciales nouvelles et plus nombreuses favorisant les États-Unis et punissant la Chine. Entretemps, la Chine a établi les relations géopolitiques les plus fiables avec les pays qui représentent des cas désespérés sur le plan économique : la Russie, l’Iran et le Pakistan. La Turquie, un autre pays dont l’économie est en train de s’effondrer, pourrait assez vite se joindre à ces trois pays et se tourner vers la Chine. En principe, les camps sont déjà choisis.

D’un côté, on voit un axe de régimes dictatoriaux et brutaux qui cherchent à conserver leur pouvoir et leur influence dans le monde, ou à en profiter davantage. De l’autre, les puissances traditionnelles des États-Unis, de l’Europe, du Royaume-Uni et de l’Australie qui alignent plus ou moins leurs politiques commerciales par rapport à la Chine, à Huawei et à la sécurité de l’information.

Aujourd’hui, certains nous mettent en garde contre une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Chine. Ce serait regrettable, mais certainement préférable si on se rappelle de ce qui l’a précédée.

James Gorrie

James Gorrie est un écrivain texan. Il est l’auteur du livre The China Crisis.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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