Le contrôle social du « Big Brother » chinois s’implante en Australie

Par Epoch Times
1 mai 2019 Mis à jour: 13 juillet 2019

L’Australie s’apprête à lancer sa propre version du système de haute technologie du régime chinois pour surveiller et contrôler ses citoyens. L’initiative sera lancée à Darwin et comprendra des systèmes permettant de surveiller les gens via leurs activités sur leur téléphone portable.

Le nouveau système est basé sur des programmes de surveillance de la ville de Shenzhen en Chine, où le Parti communiste chinois (PCC) teste actuellement son système de « crédit social ». Les responsables du conseil municipal de Darwin en Australie se sont rendus à Shenzhen, selon NT News, pour « voir exactement comment fonctionne leur technologie intelligente avant qu’elle soit entièrement mise en œuvre [à Darwin] ».

Selon NT News, ils ont déjà construit à Darwin des « poteaux équipés de haut-parleurs, de caméras et de Wi-Fi » qui surveilleront les gens, leurs déplacements dans la ville, les sites consultés et les applications utilisées sur leur téléphone portable. La surveillance se fera principalement par intelligence artificielle, mais les autorités seront alertées par le biais de certains termes déclencheurs prédéfinis.

Tout comme en Chine, ce système de surveillance est étiqueté comme un projet de « ville intelligente ». Bien que les responsables australiens prétendent que ce système est inoffensif, ils ont également annoncé qu’il surveille l’activité des téléphones portables et qu’il déclenche une alerte si les gens traversent les « barrières virtuelles » prédéfinies.

Josh Sattler, responsable de l’innovation, de la croissance et du développement de la ville de Darwin a déclaré, selon le NT News : « Nous recevrons un message d’alarme nous disant qu’il y a une personne dans la région où se trouve une « barrière virtuelle »… Boom, une alerte est envoyée à n’importe quelle autorité – que ce soit nous ou la police – pour avertir ‘regardez la caméra No 5’. »

La nature de ces « barrières virtuelles » et le type d’activité qui déclenchera l’alarme ne sont pas encore clairement définis.

Le système est présenté comme étant essentiellement inoffensif. Josh Sattler a expliqué qu’il permettra au gouvernement de savoir « où les gens utilisent le Wi-Fi, pourquoi ils s’en servent, s’ils visionnent YouTube, etc. Toutes ces informations pourront être partagées avec des entreprises… Par exemple, nous pouvons faire savoir aux entreprises que 80 % des gens utilisent Instagram dans cette zone de la ville, entre telles heures ».

Le système de « crédit social » du Parti communiste chinois est capable de surveiller chaque personne dans la société et de connaître les détails de sa vie – y compris ses amis, ses achats en ligne, son comportement quotidien et d’autres informations. Il attribue à chaque citoyen une note qui détermine son niveau de liberté dans la société.

Cet outil est au cœur des programmes du PCC visant à surveiller et à persécuter les dissidents, dont les croyants et les personnes qui s’opposent au système communiste au pouvoir.

Teng Biao, avocat chinois des droits de l’homme et chercheur invité à l’Université de New York, a décrit le système de crédit social comme une nouvelle forme de tyrannie, destinée à réactiver l’emprise totalitaire du Parti communiste chinois sur la société.

« Dans le passé, il y avait le totalitarisme nazi et le système totalitaire de Mao Zedong, mais un système totalitaire alimenté par l’Internet et la technologie contemporaine n’a jamais existé auparavant », a-t-il déclaré dans une récente interview accordée à Epoch Times.

« Le PCC fait maintenant un premier pas dans la création d’un système totalitaire de haute technologie, en utilisant des notes de crédit social et en surveillant et enregistrant chaque détail de la vie quotidienne des gens, ce qui est très effrayant », a-t-il poursuivi.

Le PCC n’est pas non plus intéressé à garder la technologie à l’intérieur de la Chine. Il exporte son « modèle chinois » de gouvernement totalitaire comme un « service » dans le cadre de son immense projet « One Belt, One Road » (une ceinture, une route) connu également comme les « nouvelles routes de la soie ». Lorsque le régime chinois met en application ses projets d’infrastructure à l’étranger, ses programmes de surveillance et de contrôle social en font également partie.

Dans la ville australienne de Darwin, des pressions ont été exercées pour que le programme du PCC soit mis en œuvre. En 2018, les responsables locaux ont conclu un accord d’ « amitié » avec le district de Yuexiu, à Guangzhou, en Chine.

Selon John Garrick, maître de conférence à Charles Darwin University, l’accord a été qualifié par les médias chinois comme faisant « partie intégrante de l’initiative « One Belt, One Road » lancée par le président chinois Xi Jinping ».

Cela faisait suite à un précédent accord entre la ville de Darwin et le régime chinois, selon lequel un bail de 99 ans avait été signé pour louer le port de Darwin à une société chinoise représentant ce régime. Le propriétaire chinois, Ye Cheng, avait évoqué cet accord dans le cadre du programme « One Belt, One Road ».

Ces accords devraient également susciter des inquiétudes pour les marines américains basés à Darwin durant l’ère Obama qui privilégiait le Pacifique dans sa politique. Les marines voudraient savoir si les systèmes du PCC seraient également en mesure de surveiller les données sur leur téléphone portable. En vertu d’un accord conclu en 2011 entre les États-Unis et l’Australie, les troupes américaines seront là jusqu’en 2040.

En outre, la décision de l’Australie de mettre en œuvre les programmes de contrôle social totalitaire du PCC représente une avancée majeure dans la propagation du modèle du régime chinois.

Comme l’a déjà rapporté Epoch Times, ce régime considère l’Australie comme un terrain d’essai pour les programmes qu’il veut étendre vers l’Occident. Après l’Australie, ce sera le tour du Canada et de l’Europe, puis des États-Unis. C’est un exemple de l’application de la stratégie de Mao Zedong consistant à « entourer les villes par les campagnes ».

Joshua Philipp

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions d’Epoch Times.

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