La Corée du Sud parvient à endiguer l’épidémie du coronavirus sans confinement

Par Emmanuelle Bourdy
16 mars 2020
Mis à jour: 16 mars 2020

Bien que profondément touchée par le Covid-19, la Corée du Sud a connu une baisse constante des nouveaux cas touchés par ce virus pendant quatre jours consécutifs, ainsi que le relate Causeur.fr. C’est aussi l’un des pays qui a le taux de mortalité le plus faible.

Le magazine précise que sur une moyenne de 500 nouvelles infections par jour au cours des deux dernières semaines, ce nombre est passé à 438 vendredi dernier, pour baisser encore à 367 ce samedi puis à 248 dimanche.

Prudent, le président sud-coréen Moon Jae-in stipule : «Nous ne devons pas du tout nous reposer sur nos lauriers». Sans appliquer de mesures coercitives ou de confinement, le gouvernement a toutefois mis en place un certains nombre de règles et dispositifs.

Tout d’abord, le respect des mesures d’hygiène est rigoureux.

Des tests de masse pour dépister les malades sont également pratiqués et des tests approfondis sont effectués sur les personnes les plus touchées et leur entourage. C’est le cas notamment des membres de l’église Shincheonji de Jésus, liée à plus de 60 % des personnes contaminées dans le pays.

Par ailleurs, de nombreux bâtiments mentionnent sur des panneaux : «Pas de masque, pas d’entrée».

Le gouvernement a également beaucoup misé sur l’augmentation de l’information, grâce aux communications publiques et à la nouvelle technologie. Deux fois par jour, des points de presse sont organisés. Des alertes d’urgence sont également envoyés par messages aux personnes vivant ou travaillant dans les zones où de nouveaux cas ont été diagnostiqués. Sur les sites web municipaux, on peut même accéder à des renseignements sur les voyages effectués par des personnes dont l’infection a été avérée, ce qui représente par ailleurs une crainte par rapport au respect de la vie privée.

Des caméras de surveillance identifient les mouvements des cas confirmés (par le biais des cartes de crédits ou des téléphones portables) et les informations recueillies sont divulguées pour aider à retrouver les personnes qui ont été en contact avec ces malades.

D’autres moyens ont été utilisés, tels que des tests au volant que l’on peut effectuer en 10 minutes et qui sont disponibles dans une cinquantaine de stations. Ces tests sont gratuits et on obtient les résultats en quelques heures seulement.

Bien entendu, les personnes à risque (même léger) sont mises en quarantaine et les autorités sanitaires sont rigoureuses dans la gestion individuelle de ces cas. De nombreuses installations publiques ont d’ailleurs été réquisitionnées et transformées en «centres de vie et de traitement».

Concernant les voyageurs entrant dans le pays, une surveillance est mise en place durant deux semaines grâce à des «procédures spéciales d’immigration», mais aucune mesure de fermeture des frontières n’a été prise pour ces personnes.

La Corée du Sud a gagné de l’expérience en terme de gestion d’épidémie lors de la pandémie de la grippe H1N1 de 2009, ainsi qu’en témoigne le professeur Kim Woo-joo de la faculté de médecine de l’université coréenne : «La Corée du Sud a tiré des enseignements précieux de ces épidémies».

Le président de la Société coréenne d’épidémiologie Kim Dong-hyun a quant à lui déclaré : «Les pays devraient prendre des mesures préventives drastiques, même au stade initial de l’apparition du virus».

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