Coronavirus : un coup dur pour les refuges d’animaux menacés de saturation

Par Emmanuelle Bourdy
27 mars 2020
Mis à jour: 27 mars 2020

En cette période de confinement dû au virus du PCC (Parti communiste chinois), la Société Protectrice de Animaux (SPA) doit faire face à de nombreux problèmes, découlant directement de la pandémie. Cette dernière s’est propagée dans de nombreux pays en raison de la rétention d’informations exigée par le PCC lorsque ce virus a été découvert à Wuhan, ainsi que l’explique un article de Epoch Times.

Depuis le 16 mars, les refuges sont fermés au public, le nombre d’adoptions a donc chuté dramatiquement et on observe en parallèle une recrudescence d’animaux abandonnés, rapporte le journal Le Monde. Même si le gouvernement autorise provisoirement que le nombre des animaux recueillis soit plus élevé que les normes, certains centres risquent d’arriver très vite à saturation. On assistera alors à une augmentation des euthanasies.

Hervé Bélardi, le délégué général de la confédération Défense de l’animal, explique : «Sur Internet, nos refuges proposent bien de repérer un animal, et il n’est pas interdit à un salarié de l’association concernée d’aller le déposer chez celui qui veut l’adopter, Mais en pratique, cela ne marche pas vraiment». Il ajoute : «À cela viendront s’ajouter les nombreuses portées de chatons dans les prochaines semaines». Les refuges ne sont donc pas prêt de désemplir !

Par ailleurs, l’épidémie de coronavirus touche les humains mais à Hong Kong, des échantillons ont été prélevés sur un loulou de Poméranie et sur un berger allemand. Il s’avère qu’ils sont bien porteurs du virus. Il semblerait que ces animaux aient été infectés par leurs maîtres. Cette découverte aurait pu jouer dans l’augmentation des abandons d’animaux mais cela n’a pas été le cas et de plus, rien ne prouve que le virus se transmette de l’animal à l’homme. «Il n’existe aucune preuve que des animaux comme des chats ou des chiens pourraient transmettre le virus à l’homme», précise la SPA. «Donc ne les abandonnez pas !» supplie l’association.

Outre le fait que les animaux abandonnés aient augmenté, les refuges doivent également faire face à des difficultés financières. Les structures – déjà fragiles pour certaines – ne pourront peut-être pas se relever d’une telle épreuve. Mardi 24 mars, la confédération Défense de l’animal a d’ailleurs lancé un appel aux dons. Son message est clair : «Fonctionnant uniquement grâce à la générosité publique et aux produits des adoptions, nombre d’associations risquent très rapidement de n’être plus en mesure de nourrir les animaux».

Désormais, à cause du confinement obligatoire, il n’y a plus de bénévoles non plus. Beaucoup étaient des personnes âgées et représentaient un grand soutien pour promener les animaux ou jouer avec eux.

Le manque de personnel est aussi devenu un problème de taille. Certains salariés ont été mis en chômage technique alors que d’autres sont en quarantaine parce qu’ils ont contracté le virus de Wuhan.

Un autre constat ; l’ambiance n’est plus la même dans les refuges. Annie Benezech, qui gère le refuge de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) s’en est aperçu. «Vous connaissez le silence actuel dans les rues vidées par le coronavirus ? Il est arrivé jusqu’à nous», se désole-t-elle. Car l’attitude des animaux a évolué, se calquant sur celle des humains. «Notre comportement a changé, alors celui des animaux aussi», remarque-t-elle à son plus grand regret.

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