Coronavirus : les autorités du Xinjiang forcent les résidents à prendre des médicaments non éprouvés, selon les locaux

Par Frank Fang
30 août 2020
Mis à jour: 30 août 2020

Les habitants d’Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang, à l’extrême ouest de la Chine, affirment que les autorités les forcent à prendre des médicaments censés prévenir les infections par le virus du PCC*.

La ville, qui compte environ 3,5 millions d’habitants, a été placée en quarantaine depuis maintenant plus d’un mois, suite à des rapports faisant état d’une recrudescence de l’épidémie à la mi-juillet. Des tests COVID-19 ont été effectués dans toute la ville et les communautés locales ont été placées sous « gestion d’isolement », ce qui signifie que personne n’est autorisé à entrer ou à sortir.

Il est également interdit aux citoyens de quitter Urumqi, sauf dans des circonstances particulières.

L’ampleur réelle de la recrudescence de l’épidémie au Xinjiang n’est pas claire, car les autorités fournissent peu d’informations. Au début de la recrudescence, certains habitants soupçonnant le gouvernement de dissimuler la gravité de l’épidémie avaient fait état de leur crainte à l’édition chinoise d’Epoch Times.

Médicaments obligatoires

Récemment, les autorités d’Urumqi ont ajouté un nouveau règlement. M. Wang, un habitant d’Urumqi, a déclaré à Epoch Times que dernièrement, les gens se sont fait dire de prendre régulièrement des médicaments livrés par des bénévoles du gouvernement local, trois fois par jour.

« Les volontaires se présentent, prennent notre température, nous regardent prendre le médicament et nous photographient… les enfants prennent une demi-dose du médicament. Nous n’avons aucune idée si le médicament fonctionne ou pas [pour prévenir le virus] », a précisé M. Wang.

Il a ajouté que les autorités n’ont pas indiqué quand cette pratique prendra fin.

Un autre résident d’Urumqi s’est plaint au journal qu’il était également tenu de prendre des médicaments à base de plantes, une certaine forme de phytothérapie, mais que l’emballage n’indiquait pas le nom du médicament.

« Les médecins disent que le médicament est bon pour prévenir la grippe et qu’il est issu de la médecine traditionnelle chinoise. On dit qu’il est bon pour l’immunité. Et les responsables de la communauté distribuent les médicaments », a expliqué le résident, ajoutant que des personnes dans d’autres régions du Xinjiang prenaient également ce médicament.

Que la prise du médicament soit obligatoire ou non n’a jamais été précisé selon le résident, mais les autorités recueillaient les noms de ceux et celles qui le prenaient et les noms des personnes qui le refusaient.

Un autre résident a dit qu’il connaissait quelqu’un qui avait été contraint de prendre cette substance inconnue.

Par crainte de représailles de la part des autorités chinoises, les personnes interrogées par les médias n’ont parlé que sous le couvert de l’anonymat.

Le 23 juillet, le chef de l’hôpital de médecine traditionnelle chinoise d’Urumqi, Li Chongrui, a indiqué lors d’une conférence de presse qu’un hôpital de médecine chinoise de la préfecture de Changji Hui, situé juste au nord-ouest d’Urumqi, avait distribué plus de 5 000 sacs de médicaments à base de plantes aux travailleurs de la santé de première ligne.

Selon les médias d’État chinois, un fabricant de médicaments, CSPC Ouyi Pharmaceutical, basé dans la province du Hebei, au nord de la Chine, a expédié par avion plus de 210 000 comprimés d’un médicament antiviral nommé Umifenovir à Urumqi le 31 juillet. Ce médicament est utilisé pour traiter la grippe.

Efficacité incertaine

Bien que le régime chinois ait encouragé l’utilisation de la médecine traditionnelle chinoise (MTC) et de l’Umifenovir pour traiter les patients infectés par le virus du PCC, l’efficacité de ces deux médicaments a été mise en doute.

Photo d’une éprouvette de test COVID-19 dans un laboratoire de l’Université du Nevada, à Las Vegas, le 6 avril 2020. (Ethan Miller/Getty Images)

En mars, Edzard Ernst, un chercheur en médecine complémentaire à la retraite basé au Royaume-Uni, a été cité dans la revue scientifique Nature : « Concernant la médecine traditionnelle chinoise, il n’y a pas de preuves solides, et son utilisation n’est donc pas seulement injustifiée, mais dangereuse. »

Les hôpitaux chinois utilisent largement l’Umifenovir pour traiter les patients atteints de COVID-19. La Food and Drug Administration n’a pas approuvé l’utilisation de ce médicament pour le traitement du COVID-19. Au moins deux articles scientifiques ont conclu que l’utilisation de l’Umifenovir n’était pas associée à une amélioration de l’état des patients infectés par le virus.

Plaintes

Sur les médias sociaux, les habitants d’Urumqi ont publié des vidéos de personnes contraintes de prendre des médicaments contre leur gré.

Une vidéo en ligne largement diffusée montre une femme ordonnant à 15 habitants de la communauté Ruishen de boire le contenu de leur gobelet en papier, contenant apparemment des herbes médicinales.

« Buvez vite », dit la femme dans la vidéo, en précisant que la date était le 20 août. Les 15 personnes réunies dans la salle obtempèrent.

Dans des captures d’écran largement diffusées d’un chat en ligne, une résidente s’est plainte auprès d’un employé qu’elle avait eu une réaction allergique après avoir bu le médicament et qu’elle avait développé une éruption cutanée. L’employé lui a dit simplement d’obéir aux ordres.

Un autre habitant s’est rendu sur la plateforme chinoise de médias sociaux Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, pour informer les internautes que des fonctionnaires locaux se sont présentés à 3 h du matin et lui ont demandé de boire le médicament devant la caméra.

M. Wang d’Urumqi a également demandé pourquoi les autorités locales ont établi de telles règles, puisqu’aucun nouveau cas d’infection n’ait été signalé dans la région depuis le 16 août. Depuis le confinement, des repas ont été livrés à sa porte et ses déchets ont été ramassés par une entreprise locale à midi une fois par jour, afin de minimiser les contacts physiques entre les gens.

Il a ajouté que lui et sa famille ont été autorisés à sortir de leur appartement et à se déplacer dans le complexe résidentiel à partir du 25 août, mais qu’une seule personne par foyer pouvait le faire à la fois.

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Le 24 août, le média d’État chinois Xinhua a rapporté que les résidents d’Urumqi vivant dans certaines zones exemptes de cas d’infection étaient autorisés à mener des « activités personnelles n’impliquant pas de rassemblement » dans leur complexe résidentiel.

Mme Liu, habitante d’Urumqi, estime que le gouvernement local voulait imposer des mesures strictes pour des raisons autres que pour stopper la propagation du virus.

Elle a expliqué que ces mesures ont été adoptées pour atteindre l’objectif de « maintien de la stabilité sociale ».

En d’autres termes, les fonctionnaires locaux pourraient être plus efficaces pour rassembler et arrêter les dissidents dans une ville confinée, estimait Mme Liu.

Elle a ajouté que récemment, il était difficile d’envoyer des informations sur le Xinjiang. Les gens risquent d’être arrêtés ou emprisonnés, ou de tout simplement disparaître à l’insu de tous.

Qui plus est, les personnes trouvées en possession de logiciels permettant de contourner le pare-feu chinois seront arrêtées et emprisonnées, a également fait remarquer Mme Liu.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la gestion déplorable du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine avant d’être transmis dans le monde entier.

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