Le Covid-19 provient d’un laboratoire chinois, selon une journaliste d’investigation

Par Frank Fang et Jan Jekielek
12 octobre 2021
Mis à jour: 12 octobre 2021

La journaliste d’investigation australienne primée Sharri Markson affirme qu’il existe des preuves convaincantes que le virus à l’origine de la pandémie de Covid-19 provient d’un laboratoire chinois lié à l’armée chinoise.

Les conclusions de Mme Markson sont publiées dans son nouveau livre intitulé What Really Happened in Wuhan (Ce qui s’est réellement passé à Wuhan), et les preuves suggèrent que Pékin connaissait l’existence du virus plusieurs mois avant le début de la pandémie.

« Je pense que les preuves indiquent clairement qu’il y a eu une fuite de l’Institut de virologie de Wuhan, soit à la mi-septembre, soit au moins au moment où l’Institut de virologie de Wuhan en a pris connaissance, à la mi-septembre, et qu’ensuite, les autorités chinoises ont délibérément décidé d’étouffer l’affaire », explique-t-elle dans une récente interview accordée à l’émission « American thought leaders » (Maîtres à penser américains) d’EpochTV.

Le régime chinois a nié avec véhémence que le virus du PCC (virus du Parti communiste chinois) se soit échappé de l’Institut de virologie de Wuhan (WIV), malgré les preuves. L’institut effectue des recherches sur les coronavirus des chauves-souris depuis plus de dix ans et il est situé à quelques minutes en voiture du marché local de Wuhan où le premier groupe de cas d’infection est apparu.

Plus important encore, une fiche d’information publiée par le ministère des Affaires étrangères des États-Unis en janvier mentionnait que plusieurs chercheurs du WIV sont tombés malades avec des symptômes de type Covid-19 à l’automne 2019.

Mme Markson annonce qu’elle expose d’autres preuves impliquant le WIV dans son livre, notamment la façon dont une base de données contenant 22 000 virus à l’institut a été « mise hors ligne de façon mystérieuse » pour la première fois le 12 septembre 2019 – trois mois avant que la Chine ne prévienne que le virus était contagieux.

Le même jour, le WIV a lancé un appel d’offres pour améliorer sa sécurité, précise Mme Markson. Dans les semaines qui ont suivi, l’institut s’est mis à dépenser sans compter, payant un demi-million de dollars pour renforcer sa sécurité, notamment en achetant de nouveaux systèmes de vidéosurveillance et en embauchant de nouveaux gardes.

Finalement, l’achat a également porté sur un nouveau système de ventilation, un incinérateur d’air médical et une machine PCR (réaction en chaîne par polymérase) pour le dépistage des coronavirus, selon M. Markson.

Il s’est avéré que la Chine a acheté beaucoup plus d’équipements PCR en 2019 par rapport aux années précédentes dans la province de Hubei, selon un récent rapport de la société de cybersécurité Internet 2.0 basée en Australie.

Environ 67,4 millions de yuans (environ 9 millions €) ont été dépensés en équipements PCR en 2019, soit une augmentation d’environ 83 % par rapport au total de 2018. Sur la base de ce résultat, le rapport conclut : « Nous évaluons avec une grande confiance que la pandémie a commencé bien avant que la Chine n’informe l’OMS [Organisation mondiale de la santé] au sujet du Covid-19. »

« Et puis il y a les preuves ultérieures concernant le général Chen Wei. Elle était le principal responsable de l’armée qui a pris le contrôle de l’Institut de virologie de Wuhan, la règle du silence, et le fait que [le dirigeant chinois] Xi Jinping a ensuite promulgué une nouvelle loi sur la biosécurité. Il y a donc beaucoup d’autres éléments qui indiquent une fuite des laboratoires » ajoute Mme Markson.

La loi sur la biosécurité a fait l’objet d’une procédure accélérée : elle a été adoptée en octobre de l’année dernière, 8 mois après avoir été proposée par Xi Jinping. La loi est entrée en vigueur en avril de cette année.

Une opératrice est vue à l’intérieur du laboratoire P4 à Wuhan, capitale de la province chinoise du Hubei, le 23 février 2017. (Johannes Eisele/AFP via Getty Images)

Histoire de l’origine du virus

Mme Markson déplore qu’en 2020, les gens ont été très largement induits en erreur sur l’origine du virus. En fait, le discours de la Chine – selon lequel le virus avait une origine naturelle – s’est imposé « au détriment de la recherche de la vérité ».

« On nous a donné cette fausse impression qu’il y avait un consensus scientifique sur le fait qu’il s’agissait d’un virus naturel. On nous a dit dans cette lettre du Lancet que c’était une conspiration de suggérer qu’il s’agissait d’une fuite de laboratoire. Il s’est avéré que la plupart des scientifiques à l’origine de cette lettre étaient très divisés », explique-t-elle.

Le 19 février 2020, moins d’un mois après que les États-Unis ont signalé leur premier cas local de Covid-19 dans l’État de Washington, 27 scientifiques ont publié une déclaration commune dans la revue médicale The Lancet. Ils ont déclaré : « Nous nous unissons pour condamner fermement les théories de conspiration suggérant que le Covid-19 n’a pas une origine naturelle. »

Cependant, il est apparu que l’un des 27 scientifiques avait un conflit d’intérêts. En juin, The Lancet a fait le point sur la lettre, nommant Peter Daszak pour avoir omis de divulguer des « intérêts en concurrence », une exigence de l’International Committee of Medical Journal Editors.

L’organisation du Dr Daszak, EcoHealth Alliance, une fondation de recherche à but non lucratif basée à New York, a reçu des millions de dollars de subventions du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) et une partie de cet argent a été envoyée au WIV.

Avant que The Lancet ne fasse cette mise au point, il est apparu qu’EcoHealth travaillait avec des scientifiques chinois depuis plus de 15 ans et que l’organisation à but non lucratif recevait des fonds chinois.

Par contre, les recherches scientifiques qui allaient à l’encontre du récit de la Chine sur l’origine du virus étaient rejetées, rappelle Mme Markson, en indiquant comment l’immunologiste australien Nikolai Petrovsky a peiné pour faire publier ses travaux.

Mme Markson poursuit : « Alors qu’il ne parvenait pas à faire publier son article, même les serveurs de préimpression le repoussaient. Les serveurs de préimpression sont conçus pour diffuser [des conclusions] scientifiques à travers le monde pendant qu’elle sont examinées par des pairs. Même eux le repoussaient.

« Pour moi, à l’époque où j’écrivais ce livre, il y avait eu une incroyable censure de la science », constate Mme Markson.

Nikolai Petrovsky, professeur à l’université australienne Flinders, a fini par publier ses travaux sur le serveur ArXiv preprint. La recherche a depuis été examinée par des pairs et publiée dans la revue Scientific Reports de Nature. Grâce à la modélisation informatique, ses recherches ont permis de constater que la protéine spike du virus du PCC peut se lier plus étroitement à une protéine appelée ACE2 sur les cellules humaines qu’à la même protéine sur d’autres espèces testées, notamment les chauves-souris et les pangolins.

« Cela permet d’écarter l’hypothèse d’une transmission directe du virus de la chauve-souris à l’homme. Par conséquent, si le virus a une source naturelle, il n’a pu parvenir à l’homme que par une espèce intermédiaire qui n’a pas encore été trouvée », conclut M. Petrovsky dans une déclaration.

Pour aller de l’avant, Mme Markson suggère qu’un organisme crédible autre que l’OMS soit chargé d’enquêter sur les origines du virus. Elle recommande la création d’une commission présidentielle ou d’une enquête bipartisane au Congrès.

Elle conclut : « Il y a des pistes très claires à suivre ici, même si la Chine refuse de coopérer, et il n’y a aucun signe que le régime du Parti communiste va soudainement devenir transparent. »


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