La crise énergétique de la Chine : une urgence créée par le régime chinois

Par Antonio Graceffo
14 octobre 2021
Mis à jour: 15 octobre 2021

En Chine, les usines sont contraintes de fermer leurs portes dans le cadre d’une crise énergétique, car plus de la moitié des provinces ont imposé des restrictions sur la consommation d’électricité. Les réductions forcées concernent également les provinces du Jiangsu, Zhejiang et Guangdong, qui génèrent environ un tiers du PIB du pays.

Les gouvernements locaux appliquent des règles de fermeture dans le but d’atteindre les objectifs de réduction de consommation d’énergie et d’émissions fixés par Pékin. En conséquence, certaines entreprises ont réduit leur production de près de 50 %, ce qui vient s’ajouter aux perturbations existantes de la chaine d’approvisionnement. La situation est d’autant plus critique que les exportateurs s’efforcent d’honorer les commandes pour la prochaine période de Noël.

Les précédentes mesures de confinement liées au Covid-19 comprenaient la fermeture d’usines, l’interdiction pour les travailleurs migrants de se rendre dans les villes pour travailler et la fermeture des ports. Après un an et demi de perturbations, de nombreuses entreprises espéraient que les commandes de Noël les sortiraient de ce marasme économique, mais elles ont été frappées par de nouvelles restrictions.

Les perspectives économiques globales de la Chine étaient déjà assez sombres, après plus d’un an de baisse des exportations et de hausse du chômage. Plombés par une crise potentielle du crédit, les secteurs bancaire et immobilier chinois sont tous deux confrontés aux retombées probables des défaillances d’Evergrande. Il semble que la société, l’un des plus grands promoteurs immobiliers au monde, va faire défaut sur des prêts équivalant à 2 % du PIB de la Chine. D’autres mesures de répression prises par Xi Jinping pèsent également sur l’économie, comme l’interdiction de l’enseignement à but lucratif, une mesure qui a entrainé la suppression immédiate de 11 millions d’emplois.

Les nouvelles restrictions imposées par Xi Jinping aux entreprises technologiques et l’arrêt de l’introduction en bourse du groupe Ant provoquent des remous sur le marché boursier, car les investisseurs sont incertains quant au risque et aux bénéfices potentiels (ou à leur absence) dans les différents investissements qu’ils croyaient solides. Des rendements réduits, combinés à un risque accru de changements arbitraires dans les réglementations gouvernementales, pourraient signifier une réduction des investissements, ce qui se traduirait, en dernier lieu, par une augmentation du chômage et un ralentissement de l’économie.

Les coupures de courant perturbent les industries manufacturières, ainsi que les fonderies d’aluminium et les producteurs textiles. Les usines de transformation de soja ferment également leurs portes, ce qui représente une menace pour la sécurité alimentaire de la Chine. Environ 160 entreprises à forte consommation d’énergie ont été fermées. Des entreprises plus petites, cotées en bourse, ont déjà informé les régulateurs qu’elles devront réduire leur production de moitié.

Des pénuries globales sont attendues dans les secteurs des jouets, du textile et des pièces mécaniques, tandis que les fabricants d’iPhone eux-mêmes devraient restreindre leur production. L’industrie lourde, telle que la production d’acier, ainsi que les secteurs en aval, devraient tous ressentir la crise entrainant une hausse des prix. Apple Inc. et Tesla Inc. ont arrêté la production dans certaines de leurs installations en Chine. Les analystes chinois ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas prévoir quand la chaine d’approvisionnement cesserait d’être saturée.

Le Parti communiste chinois (PCC) a publié des déclarations indiquant qu’il s’efforçait d’éviter que les coupures de courant n’affectent les foyers. Face aux promesses non tenues du PCC, les coupures ont déjà un impact sur la vie des citoyens. Les provinces du Liaoning, du Jilin et du Heilongjiang subissent des coupures de courant depuis des semaines. Le Guangdong a demandé aux habitants d’utiliser la lumière naturelle à l’intérieur et de débrancher la climatisation. Dans le Jiangsu, les aciéries ont fermé et les lampadaires sont éteints. Certaines entreprises ont été priées de ne fonctionner qu’un jour sur deux. Les autorités locales prévoient que les problèmes persisteront jusqu’à l’année prochaine. Ils ont également prévenu les habitants qu’ils devaient s’attendre à des coupures d’eau périodiques.

La Chine, le plus grand pollueur du monde, s’est fixé pour objectif d’être neutre en carbone d’ici 2060. À l’approche de la COP26, la 26e conférence des Nations unies sur le changement climatique, il semble que le PCC souhaite montrer au monde qu’il prend le changement climatique au sérieux. En outre, Xi Jinping souhaite que le ciel soit bleu lors des Jeux olympiques d’hiver de 2022. En conséquence, le gouvernement central a fixé des objectifs draconiens de réduction de la pollution, que plus de la moitié des régions chinoises ont manqué d’atteindre. Aujourd’hui, le PCC renforce les mesures d’application.

Une autre raison de ces pannes est la flambée des prix du charbon et du gaz. Le charbon représente 70 % de la production d’électricité en Chine. Au fil des ans, la demande d’électricité de la Chine a augmenté presque au même rythme que son PIB. Dans le cadre de son programme climatique, Xi a limité l’exploitation du charbon. Les fermetures dues aux pandémies ont stimulé la demande refoulée, tandis que la diminution des investissements dans le secteur minier a réduit l’offre de charbon. En conséquence, les prix à terme du charbon thermique ont bondi en Chine alors que la production ralentit, juste avant l’hiver.

La mine de charbon Dendrobium à Wollongong, Nouvelle-Galles du Sud, Australie, le 1er février 2021. (Brook Mitchell/Getty Images)

En plus de réduire la production locale de charbon, le PCC a interdit les expéditions de charbon depuis l’Australie en raison d’un différend politique. Pékin pourrait combler le déficit en augmentant les importations de charbon de Mongolie, mais les exportations du charbon de Mongolie vers la Chine diminuent également en raison des restrictions accrues de la Chine aux frontières.

Les prix mondiaux du charbon augmentent, alors que le prix de l’électricité que les entreprises de services publics chinoises facturent à leurs clients est fixé par le gouvernement central, ce qui entraine une pénurie d’énergie électrique. Le prix de l’électricité n’est pas autorisé à s’ajuster aux niveaux du marché, car Pékin craint que l’augmentation du coût de l’électricité et du prix des matières premières ne fasse grimper le prix de gros des produits chinois. La Chine serait alors moins compétitive. En outre, elle serait moins attrayante pour les entreprises étrangères qui souhaitent y fabriquer leurs produits.

Quoiqu’il en soit, les pénuries d’électricité et les perturbations de la chaine d’approvisionnement ne sont en aucun cas des conséquences inévitables des forces du marché. Une grande partie du problème a été causée et est exacerbée par les mauvais choix politiques du PCC. Désormais, les habitants de la Chine, des États-Unis et du monde entier vont devoir faire face à une augmentation du chômage, à des interruptions de la chaine d’approvisionnement, à des pénuries de produits, à un ralentissement de l’économie et à une hausse des prix.


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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