Un cuisinier met fin à ses jours au Pays basque : « Il y a énormément de suicides dans la profession »

Par Nathalie Dieul
29 janvier 2021
Mis à jour: 29 janvier 2021

Un cuisinier de Bayonne s’est donné la mort vendredi 22 janvier. Il était employé dans un restaurant et père de deux enfants en bas âge. Le collectif Kasu Kasu Ostalariak Kexu, dont il faisait partie, est en deuil et craint d’autres drames.

« Il y a énormément de suicides dans la profession partout en France mais on n’en parle pas ! C’est comme chez les étudiants… et cette fois-ci cela arrive au Pays basque… », regrette auprès de Mediabask Karine Orellana, l’une des porte-paroles du collectif d’hôteliers, cafetiers et restaurateurs qui s’est formé « pour se faire entendre, rester debout et rester vivant ».

L’identité de l’ami cuisinier disparu n’a pas été dévoilée par le collectif par respect pour la famille. Le regroupement lui a rendu hommage dans un message sur Facebook illustré d’un tableau réalisé par celui qui est parti trop tôt.

« Notre ami cuisinier nous a quitté hier, il a mit fin à ses jours, laissant derrière lui deux enfants en bas âge », indique le collectif. « Les aides de l’État et le chômage partiel ne compensent en rien la rupture et le lien social dû à la fermeture de nos établissements. Des dommages collatéraux existent même dans les rangs de nos salariés, en voici un tragique exemple. »

Ramuntxo Dulong, Xina, cafetier à Bayonne et ami du disparu, témoigne auprès de France Bleu : « Il y avait déjà des chefs d’établissement qui avaient franchi le pas en France après une faillite. Cette fois c’est un salarié parce que son lien social s’est arrêté d’un coup. »

Plusieurs patrons de restaurants ou bars se sont en effet donné la mort au cours des derniers mois à cause de la fermeture de leur établissement : par exemple une restauratrice de 36 ans s’est suicidée en Bretagne au mois de novembre et un bistrotier de 43 ans, père de trois enfants, a mis fin à ses jours le 12 janvier dernier dans les Vosges.

« Dans tous nos communiqués, nous parlons du contexte psychologique dans lequel nous sommes plongés. Nous redoutions ce drame et j’ai peur que ce ne soit pas le seul… », ajoute Karine Orellana.

La porte-parole pense que ce suicide est principalement dû à l’impact de la crise sanitaire sur la profession. D’autres problèmes personnels ont pu aussi peser dans la balance, toutefois le cuisinier aurait pu obtenir du soutient de la part de ses amis pour ces autres problèmes si on ne lui avait pas retiré le lien social.

« Non seulement on nous retire le droit de travailler mais en plus on nous empêche de nous voir. L’isolement est aussi très dur à vivre car nous avons l’habitude, quand ça ne va pas, d’aller boire un café chez un collègue et de partager nos soucis. Là, ce n’est plus possible et on en arrive là… », regrette Karine Orellana.

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