Cyberharcèlement : après le suicide de sa fille, une mère tire la sonnette d’alarme

Par Emmanuelle Bourdy
20 septembre 2021
Mis à jour: 20 septembre 2021

Après avoir perdu sa fille qui, victime de cyberharcèlement, s’est donné la mort le 1er mai 2021, une mère de Pessac, près de Bordeaux, s’engage pour lutter contre ce fléau et ainsi transformer « la douleur et la tristesse en une force ».  

« Elle est tombée dans le piège des réseaux sociaux dans lesquels elle a cru trouver des gens qui l’aimaient », explique Alexandra Joris Bouvier, la mère de Juliette, victime de cyberharcèlement. La jeune fille de 15 ans s’est donné la mort par pendaison, le 1er mai 2021, rapporte Actu Bordeaux.

« C’était comme une addiction. Elle voulait être aimée »

Afin de mieux comprendre les circonstances d’un tel drame, une enquête est en cours. Après avoir saisi l’ordinateur et le téléphone portable de la collégienne – qui était scolarisée à Floirac (en banlieue bordelaise) – les enquêteurs ont découvert plus de 2 000 pages de discussions et de commentaires sur le compte Instagram. La jeune fille avait d’ailleurs plus de 50 000 abonnés. Elle disposait donc d’une certaine notoriété. Des marques de prêt-à-porter profitaient de sa popularité pour lui envoyer gratuitement des produits, afin qu’elle les mette en avant sur ses publications.

En contrepartie, Juliette était la cible des haines et des jalousies, que l’adolescente recevait dans des messages. Sa mère explique l’avoir mise en garde plusieurs fois, ce à quoi Juliette répondait : « T’as raison Maman, je vais arrêter ! » Pourtant, « rapidement, elle reprenait. C’était comme une addiction. Elle voulait être aimée », confie encore sa mère à Actu Bordeaux.

Alexandra Joris Bouvier décrit sa fille comme « une ado intelligente, drôle, curieuse » tout autant que « très complexée ». « Quand elle est décédée, j’ai compris. Juliette était très secrète sur son utilisation des réseaux sociaux mais on en avait déjà discuté. Il y a des moments où ça allait et des moments où ça n’allait pas », raconte la mère de Juliette, qui était cependant loin de présager une telle tragédie. « Peut-être qu’elle n’a pas voulu m’alerter pour me protéger, pour pas que je m’inquiète », se demande-t-elle.

C’est Alexandra elle-même qui a découvert le corps de sa fille dans son salon, ce 1er mai, alors qu’elle rentrait d’une soirée avec des amis. Juliette n’a donné aucune explication.

« Toucher un maximum de gens »

De cette douloureuse épreuve, Alexandra veut transformer « la douleur et la tristesse en une force » et partager avec les autres ce drame familial en faisant de la pédagogie auprès des adolescents. Elle a choisi d’utiliser le réseau social LinkedIn, pour « toucher un maximum de gens », précise Actu Bordeaux. « Je veux que mon message soit entendu et que les gens comprennent que le cyberharcèlement doit cesser. Faire en sorte que les parents sensibilisent leurs enfants. J’ai envie de me servir de cette expérience pour faire bouger les choses », explique-t-elle.

« Ma fille de 15 ans n’est pas allée au lycée aujourd’hui… Elle a préféré partir pour toujours ! » a écrit Alexandra, en guise de préambule à un texte émouvant qu’elle a publié le jour de la rentrée scolaire 2021 et qui a d’ores et déjà été lu plus d’un million de fois. Elle a par ailleurs prévu d’intervenir dans des établissements scolaires pour raconter l’histoire de sa fille car, pense-t-elle, « il faut des vraies histoires ». « Je le fais pour Juliette ! » affirme-t-elle.

« Ils pensent qu’ils ne risquent rien derrière leur écran »

« Stop, il faut que ça s’arrête ! » martèle cette mère éplorée, qui estime que si elle arrive « ne serait-ce qu’à toucher un gamin, alors ce sera gagné ». Elle aimerait que l’accès des réseaux sociaux aux mineurs soit limité, un vœu que ne partage certainement pas le patron de Facebook et Instagram, Mark Zuckerberg.

« À 15 ans, un gamin qui harcèle sur les réseaux sociaux n’a même pas l’impression d’être un cyberharceleur. Ils ne se rendent pas compte qu’un commentaire peut être dramatique. Ils n’imaginent pas du tout les conséquences et surtout, ils pensent qu’ils ne risquent rien derrière leur écran », se désole la maman de l’adolescente.

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