Dans plusieurs régions de la Chine, les autorités luttent pour contenir les dernières vagues d’épidémie

Par Nicole Hao
1 août 2020
Mis à jour: 2 août 2020

Les autorités chinoises ont instauré des mesures de contrôle sanitaires supplémentaires après que de récentes vagues d’épidémie du virus du PCC* ont été signalées dans l’extrême ouest du Xinjiang et le nord-est de la ville de Dalian. Toutefois, le virus a continué d’infecter davantage de personnes et à se propager dans d’autres régions du pays.

Xinjiang

Dans le Xinjiang, où vivent 24,87 millions de personnes, dont près de la moitié sont des minorités musulmanes ouïgoures, les autorités ont annoncé que des centaines de personnes ont été diagnostiquées avec le Covid-19 depuis le 16 juillet, et que celles-ci vivent presque toutes dans la capitale, Urumqi. Toutefois, les habitants sont incrédules et suspectent que le véritable nombre d’infections soit plus élevé.

Le maire adjoint d’Urumqi, Song Yajun, a déclaré lors d’une conférence de presse le 30 juillet que 12 313 personnes ont été mises dans des centres de quarantaine et sont sous observation pour voir si elles développent des symptômes du Covid-19.

Des résidents ont publié une vidéo montrant les autorités diffuser des propos menaçants par des haut-parleurs dans les complexes résidentiels : « Si vous osez franchir votre porte, nous vous casserons les jambes. Si vous osez vous obstiner avec nous, nous vous arracherons les dents. »

Des personnes ont également imploré pour obtenir de la nourriture sur les médias sociaux. Elles ont affirmé être enfermées chez elles, et que les autorités n’avaient pas prévu suffisamment de moyens pour leur permettre d’acheter des produits de première nécessité avant d’être confinées.

Dilshat Reshit, porte-parole du Congrès mondial des Ouïghours, une organisation internationale de personnes ouïghoures exilées, a déclaré à l’édition en langue chinoise du journal Epoch Times, le 30 juillet, que des résidents locaux estiment que les autorités ne rendent pas compte de l’épidémie.

Le régime chinois prend des mesures extrêmes, non seulement pour empêcher le virus de se propager, mais aussi pour réprimer toute protestation des méthodes des autorités, a déclaré M. Reshit.

Les habitants des villes de Ghulja, Kashgar, Changji et Karamay ont déclaré avoir été mis en confinement, bien qu’il n’y ait pas eu d’annonce officielle.

Dalian

Depuis le 23 juillet, la ville de Dalian a déclaré de nouvelles infections tous les jours. Zhao Lian, directrice adjointe des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) de Dalian a déclaré lors d’une conférence de presse le 29 juillet que la plupart des patients diagnostiqués étaient jeunes.

Lors de la même conférence de presse, Jiang Wei, directeur adjoint du Bureau de la culture et du tourisme de Dalian, a déclaré que la ville avait fermé 1 614 sites culturels, tels que des musées et des galeries d’art, afin de prévenir la propagation du virus.

Mme Zhao a ajouté que la ville envisageait également fermer les gymnases, les centres sportifs intérieurs et les salons de beauté.

Le 30 juillet, Mme Zhao a déclaré que les autorités remettaient en question la première série de tests d’acide nucléique effectués sur les 6,9 millions d’habitants, et qu’une deuxième série de tests de dépistage allait être réalisée sur les habitants des régions « à haut risque ».

Dalian a été mise en confinement après avoir déclaré son premier cas d’infection, pour la vague actuelle, le 23 juillet. Les résidents locaux ont déclaré à l’édition en langue chinoise d’Epoch Times avoir besoin de plus de nourriture, mais qu’ils étaient confinés à résidence et que les réserves de nourriture sur les sites internet d’achat en ligne étaient épuisées.

Un travailleur de la santé administre un test Covid-19 à Dalian, dans la province du Liaoning dans le nord-est de la Chine, le 26 juillet 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Pékin

Pendant ce temps, à Pékin, où des résidents locaux ont été infectés après avoir été en contact avec des résidents de Dalian, le directrice adjointe du CDC de Pékin, Pang Xinghuo, a mis en garde contre les rassemblements, lors d’une conférence de presse le 30 juillet. Elle a déclaré que, si des rassemblements devaient avoir lieu, la distanciation sociale devrait être respectée, le masque devrait être porté et que les fenêtres devraient être ouvertes.

Après la découverte de personnes infectées du Covid-19 dans le plus grand projet de logement abordable de la ville, Tiantongyuan, – avec plus de 400 000 résidents –, les autorités locales ont confiné trois zones du secteur ouest du complexe, le 28 juillet, et ont exigé le dépistage systématique des résidents, selon les propos de certains d’entre eux recueillis par l’édition d’Epoch Times en langue chinoise.

Une résidente, voisine d’une famille dont certains membres sont infectés, a déclaré dans un entretien téléphonique qu’après que les autorités ont confirmé le diagnostic de ses voisins, elle a été mise en confinement chez elle et n’a pas été autorisée à sortir. Tous ses collègues ont été testés pour le virus du PCC, qu’ils aient été en contact avec elle ou non.

Les propriétaires des commerces de l’enceinte résidentielle ont déclaré ne pas avoir reçu de directives claires de la part des autorités quant à la poursuite de leurs activités et qu’ils craignaient que leurs commerces doivent fermer bientôt.

Fuzhou

La ville de Fuzhou, dans la province du Fujian dans le  sud de la Chine, a déclaré un cas positif de Covid-19, un homme surnommé M. Chi qui aurait été infecté après avoir visité Dalian. M. Chi aurait 1 495 contacts étroits, selon les autorités. Le 27 juillet, la ville de Fuzhou a déclaré être en « état de guerre ».

Les résidents locaux ont déclaré à l’édition en langue chinoise d’Epoch Times que M. Chi était arrivé par avion à Fuzhou, en provenance de Dalian, pour un nouveau travail, le 18 juillet. Les jours suivants, il a visité Fuzhou en tant que touriste, a mangé dans plusieurs restaurants, a fait des courses dans les marchés, a séjourné dans différents hôtels et a rendu visite à au moins une prostituée chez elle. Inciter à la prostitution est illégal en Chine.

« Si M. Chi est contagieux, nous sommes dans le pétrin. […] Nous attendons la mort », a déclaré un restaurateur du district de Jin’an, dans la ville de Fuzhou, qui a dit craindre que M. Chi ait largement propagé le virus.

M. Chi a visité une épicerie de raviolis chinois (dumpling) avant d’être diagnostiqué. Le restaurateur tient son commerce à côté de cette épicerie.

Le restaurateur affirme que le propriétaire et les employés de l’épicerie de raviolis ont été mis dans un centre de quarantaine.

Un employé de l’hôtel Huaiyi dans le district de Taijiang a déclaré que lui et ses collègues ont été mis en quarantaine à l’hôtel après que M. Chi a été diagnostiqué. M. Chi y avait séjourné les 18 et 19 juillet. Le 27 juillet, les autorités ont fermé l’hôtel.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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