De l’inoculation au vaccin moderne, un millénaire d’immunisation

6 février 2017
Mis à jour: 6 février 2017

Le premier vaccin de la médecine occidentale est connu pour avoir sauvé des millions de vies risquant de succomber à la variole, d’en garder des cicatrices défigurantes ou de devenir aveugles. Le vaccin proposé aujourd’hui par les laboratoires n’est plus le même, il est un produit synthétique, très différent de l’inoculation utilisée par les Européens au Moyen-Âge et depuis au moins un millénaire dans la culture orientale.

Ce concept d’inoculation est très ancien, peut-être autant que la variole. Cette maladie existait il y a dix mille ans dans les premières communautés d’Afrique du Nord-Est, selon les données de la National Library of Medicine américaine citées par le National Center for Biotechnology Information (NCBI) .

Les profondes cicatrices dues aux lésions de peau laissées par ce puissant virus ont été constatées sur des momies de dynasties égyptiennes entre 1570 et 1085 av. J.C. . La momie du pharaon Ramsès V mort en 1156 av. J.C. présente de telles cicatrices. La variole est également mentionnée dans des écrits chinois datant de 1122 av. J.C. et dans des textes sanskrits d’Inde, selon NCBI.

Du Ve au VIIe siècle, il s’agissait d’une épidémie courante en Europe, particulièrement répandue durant les premières croisades au Moyen-Orient. En 1800, une épidémie à Londres a mené à la mort 80 % des enfants infectés ; le taux de mortalité varie cependant selon d’autres registres allant de 14 % à 60 %.

Certains des survivants restaient aveugles. Des médecins européens ont ainsi décidé d’appliquer les méthodes orientales, c’est-à-dire l’inoculation du même virus obtenus des pustules de patients malades. « Le mot est dérivé du latin inoculare, qui signifie ‘greffer’ ».

En outre « tout le monde savait que les survivants de la variole devenaient immunisés à la maladie. Déjà en 430 av. J.C. , ils étaient appelés pour prendre soin des affligés », mais la communauté scientifique occidentale était réticente, indique le document.

« L’inoculation se réfère à l’instillation sous-cutanée du virus de la variole chez des personnes non immunisées. L’inoculant utilise généralement une lancette humide avec de la matière fraîche prise d’un pustule mature d’une personne souffrant de la variole. La matière est introduite en sous-cutanée (sous la peau) dans les bras ou les jambes de la personne non immunisée », indique le NCBI.

L’inoculation par injection sous-cutanée du virus de la variole « Smallpox ». (Wikimedia Commons)

Quand l’inoculation a commencé à être pratiquée en Europe, elle a été critiquée car on craignait que ses bénéficiaires puissent disséminer la variole et la propager à d’autres. Cette même préoccupation existe aujourd’hui avec les vaccins créés en laboratoire, qui transportent des virus différents, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies de l’Union Européenne dans son rapport sur la vaccination contre la variole.

Lorsque l’inoculation a été appliquée aux Européens, ceux-ci n’étaient pas seulement touchés par la variole du Moyen-Âge mais également par la syphilis transmise par la promiscuité sexuelle, ainsi que la tuberculose transmise par des gouttelettes de toux dans l’air. Certains ont ensuite cru que l’inoculation venant des pustules de tiers pourrait également transmettre ces maux dans le sang des receveurs.

Sur la pratique de l’inoculation, il est connu qu’en 1670 des femmes du Caucase ayant été emmenées dans le harem du sultan turc à Istanbul ont été inoculées, sur des parties du corps où les cicatrices ne sont pas visibles.

En 1714, la Royal Society de Londres a reçu une lettre de Emanuel Timoni décrivant la technique de la variolisation – la pratique de l’inoculation sous-cutanée – après en avoir été témoin à Istanbul. Une lettre similaire fut envoyée par Giacomo Pilarino en 1716. Ces rapports n’ont pas changé les habitudes des médecins anglais conservateurs.

Les femmes de la cour européenne étaient les plus enthousiastes, ne voulant pas subir de préjudice esthétique sur leurs visages. Un exemple fut celui de Lady Montagu. En arrivant à Istanbul, elle écrivit à une amie sur la méthode de variolisation utilisée à la cour ottomane. « Mme Montagu était si déterminée à éviter les ravages de la variole qu’elle a demandé au chirurgien de l’ambassade, Charles Maitlant, d’inoculer son fils de 5 ans. La procédure d’inoculation a été réalisée en mars 1718 », relate le document.

Charles Maitland reçut ensuite une licence royale afin de faire l’expérience de la variolisation sur six prisonniers à Newgate le 9 août 1721.

Plusieurs médecins de la cour britannique, les membres de la Royal Society et les membres du Collège des Médecins ont constaté que les prisonniers avaient survécu à l’expérience, et les personnes exposées à la variole se sont révélées être à l’abri. Dans les mois qui suivirent ce premier essai, Maitland répéta l’expérience sur des enfants orphelins. Sur une échelle massive, il fut remarqué qu’après l’inoculation seuls 2 à 3 % mourraient de la maladie, selon le NCBI.

Alors que dans les années 1750 plus de princes européens mourraient de la variole, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche et ses enfants ainsi que ses petits-enfants, Frédéric II de Prusse, Louis XVI et ses enfants et Catherine II de Russie et son fils, tous décidèrent de se faire eux-mêmes inoculer. Frédéric II de Prusse se fit également inoculer avec tous ses soldats. La variolisation s’est de fait largement répandue en Europe.

Lorsque l’inoculation fut reconnue et introduite en Europe au XVIIIe siècle, elle fut appelée variolisation car elle traitait le virus de variole. Il est cependant reconnu qu’elle avait été pratiquée bien plus tôt en Afrique, en Inde et en Chine.

Lorsque les Espagnols propagèrent l’épidémie de variole en Amérique, les statistiques montrent un taux de mortalité naturel de 14 %, à comparer au 2% de mortalité avec l’inoculation pratiquée plus tard. Pour cette inoculation voyageaient des porteurs du virus avec des pustules.

La variolisation fut reconnue mais fut remplacée par la vaccine, croyant que cela limiterait la possibilité de dissémination du virus chez les humains. Le risque est cependant toujours présent avec les nouveaux virus.

La vaccine, le premier vaccin occidental

Les femmes ayant travaillé à traire les vaches avaient pour habitude de dire : « Je n’aurais jamais la variole car j’ai déjà eu la variole de la vache ». Cette maladie également connue comme « Cowpox » ne laissait pas d’importantes cicatrices, à la différence  de la variole « Smallpox » et de la syphilis « Greatpox », selon NCBI.

« Je n’aurais jamais un visage criblé par la variole », disaient les femmes trayant les vaches. Bien que ce soit une connaissance ancienne, ce fait n’a pas été considéré par la science.

Il est toutefois connu que Benjamin Jesty (1737-1816), dont la variole était présente dans sa ville en 1774, a pour sauver sa famille, prélevé du matériel sur des mamelles de bovins qu’il savait avoir eu la variole de la vache, et « l’a transféré à l’aide d’une petite lancette dans les bras de sa femme et de ses deux enfants. Les trois vaccinés n’ont plus contracté la variole, bien qu’ils y aient été exposés à de nombreuses reprises dans leur vie future », indique le rapport.

Des années plus tard Edward Jenner, né à Berkeley en 1749, et l’un des inoculés avec succès à l’âge de 8 ans, déclara être surpris de la relation entre la variole de la vache et de la variole humaine. Il pensait que le virus de la vache contracté par les femmes dans les laiteries était moins létal pour les humains et les laissaient immunisés aux deux maladies.

Jenner proposa ensuite d’inoculer le virus de la variole naturelle, en utilisant le virus extrait des pustules sur les bras et les mains des femmes ayant travaillé dans les laiteries et contaminées par la variole de la vache.

Ceci fut expérimenté sur un garçon de 8 ans le 14 mai 1796. « L’enfant eut une légère fièvre et un inconfort aux aisselles. Neuf jours après la procédure il avait froid et avait perdu l’appétit, mais le lendemain il se sentit beaucoup mieux », relate le document.

Jenner vaccinant un enfant contre la variole « Smallpox » à l’aide d’un virus récolté sur le pustule d’une laitière ayant contracté la variole de la vache « Cowpox », le 14 mai 1796. (Robert Thom)

Jenner a ensuite publié l’étude : « Une investigation sur les causes et les effets de la  variolae Vaccinae, une maladie découverte dans certains des comtés de l’ouest de l’Angleterre, particulièrement à Gloucestershire et connu sous le nom de Cawpox. »

Au XIXe siècle a commencé à être envisagé que la vaccination ne conférait pas une immunité à vie, et qu’une revaccination était nécessaire. Certains ont par la suite déclaré qu’il y avait différentes souches.

Il est considéré qu’avec la vaccination massive implantée au niveau mondial en 1950, la variole a été éradiquée en Europe et en Amérique du Nord.

Le 8 mai 1980, l’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé l’éradication de la variole dans le monde et a recommandé à tous les pays d’arrêter la vaccination : « Le monde et tous ses habitants ont gagné, ils ont été libéré de la variole, qui était la maladie la plus dévastatrice qui balayait de façon épidémique de nombreux pays depuis les temps anciens, laissant la mort, la cécité  et la défiguration sur son passage », rapporte NCBI.

Quelles étaient alors les premiers vaccins ?

  1. L’inoculation ou variolisation : L’inoculation du matériel (virus) obtenu de pustules de personnes atteintes de la variole.
  2. La vaccine extraite de bovins infectés : L’inoculation du matériel (le virus des pustules) des mamelles de vaches ayant souffert de la variole de la vache (cowpox).
  3. La vaccine extraite d’humains infectés : L’inoculation du matériel (le virus des pustules) des bras et des mains de laitières ayant contracté la variole de la vache.

De nos jours, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC) confirme que le pays dispose d’une licence d’un vaccin contre le virus de la vaccine : « Le vaccin est préparé à partir de la lymphe de veau avec des souches de virus de la vaccine fournies par le Conseil municipal de la Santé de New York. Le vaccin est administré en utilisant la technique de ponction multiple avec une aiguille bifurquée. » Elle est équivalente à la méthode appliquée au Moyen Âge.

Le virus de la variole, connu sous le nom de virus variolique, appartient au groupe des Orthopoxvirus qui comprend le virus cowpox (variole bovine), le monkeypox (des singes), le camelpox (des chameaux), etc, ainsi que d’autres virus plus rares.

Cependant dans les laboratoires, d’autres virus synthétiques ont été inoculés sur des animaux.

Le danger des virus créés en laboratoire

La CDC note que la fabrication de vaccins par les compagnies pharmaceutiques ont amené d’autres virus que l’on appelle recombinants. Ce sont des produits synthétiques créés par des biotechnologistes. Ils font de « l’ingénierie génétique » du virus sur son ADN et l’insèrent dans un autre environnement pour pouvoir le répliquer. On peut ainsi obtenir des grandes quantités de vaccin.

« Un tel ADN étranger peut coder des antigènes protéiques pour exprimer les antigènes immunisants des herpèsvirus, de l’hépatite B, de la rage, de la grippe, du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et d’autres », soutient la CDC.

Certains virus recombinants de la vaccine « ont été créés à partir de plusieurs souches du virus de la vaccine ». « Aux États-Unis la plupart des virus recombinants ont été faits la souche NYCBOH [contenue aux États-Unis], ainsi que l’utilisation d’une souris neuroadaptée, la souche WR ». Certains recombinants ont également été faits à partir des souches de la vaccine Copenhague et Lister, qui sont plus pathogènes chez les animaux que la souche NYCBOH.

Selon la CDC :

« Les études sur les animaux suggèrent que les recombinants ne sont généralement pas plus pathogènes que la souche mère du virus de la vaccine. Néanmoins, aucun marqueur de test de laboratoire ou animal n’est systématiquement fiable pour prédire l’atténuation du virus de la vaccine ou de tous les virus recombinants particulièrement pour les êtres humains. »

« Il y a eu des signalements d’infections acquises en laboratoire avec le virus de la vaccine et les recombinants. Cependant, étant donné qu’aucun système de surveillance n’a été mis en place pour surveiller les travailleurs de laboratoire, on ne connait pas le risque d’infection pour les personnes s’occupant de cultures ou de matériaux contaminés par ces virus. »

« Avec le commencement des essais sur des humains de vaccins recombinants, des médecins, des infirmières et d’autres professionnels de santé fournissant des soins cliniques aux bénéficiaires de ces vaccins pourraient être exposés à la fois à la vaccine et aux virus recombinants. Cette exposition peut se produire par contact avec des pansements contaminés par le virus ou par l’exposition au vaccin. Le risque de transmission des virus recombinants pour les travailleurs de la santé est inconnu. »

« De nos jours la vaccine ou le vaccin de la variole ne sont pas recommandés contre le virus de la variole. Ils le sont seulement aux travailleurs de laboratoire travaillant en particulier avec des virus synthétiques. »

« La vaccination n’est pas recommandée pour les personnes ne travaillant pas directement à la culture de virus ». La CDC conclut cependant que « puisque les études de vaccins avec les virus recombinants de la vaccine ont atteint le stade des essais cliniques, les travailleurs de la santé (médecins et infirmières) peuvent maintenant être exposés au virus de la vaccine et au vaccin recombinant, et devraient être considérés pour la vaccination de la vaccine. »

Version espagnole : Entre las inoculaciones y la « vaccinia » surgió la primera vacuna, muy diferente a la de hoy

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