De nouvelles règles de cybersécurité permettent à la Chine de contrôler des données dans le monde entier

Par Emel Akan
13 janvier 2020 Mis à jour: 13 janvier 2020

Le gouvernement américain est « très préoccupé » par les nouvelles mesures de cybersécurité de la Chine qui font courir aux entreprises occidentales le risque de perdre des données importantes.

En octobre 2019, Pékin a promulgué une loi sur la cryptographie qui est entrée en vigueur le 1er janvier dernier. La nouvelle loi, combinée aux mesures de cybersécurité globale que le régime chinois a adoptées au cours des dernières années, crée toute une série de problèmes pour les entreprises étrangères opérant dans le pays.

« Nous sommes très préoccupés par des lois comme celles que nous voyons en Chine », a déclaré le 10 janvier, lors d’une conférence de presse, Robert Strayer, sous-secrétaire d’État adjoint en charge de la Cybernétique et des Communications internationales et de la Politique de l’information.

Les entreprises étrangères devront remettre à Pékin les clés de cryptage, qui sont essentielles pour protéger la confidentialité des informations transmises et stockées sur les réseaux, rendant ainsi ces réseaux transparents pour le régime communiste chinois.

Les nouvelles règles devraient alarmer les opérateurs de télécommunications du monde entier, a souligné M. Strayer, car elles permettraient à Pékin d’avoir « accès aux données qui résident sur les réseaux se trouvant dans un pays tiers, disons en Europe ou ailleurs ».

Une fois que les fonctionnaires et les agents chinois auront accès au réseau d’une entreprise étrangère en Chine, ils pourront également pénétrer les réseaux de cette entreprise à l’extérieur du pays.

M. Strayer a mis en garde que les entreprises occidentales n’auraient pas la possibilité de s’opposer à la demande du régime chinois en s’adressant à un système judiciaire indépendant ou en faisant appel aux institutions chargées d’assurer l’État de droit.

Les nouvelles règles de cybersécurité chinoises devraient avoir des répercussions importantes sur les entreprises étrangères opérant en Chine. Le régime est déjà en train d’appliquer des politiques lui permettant de régir les données, y compris la localisation des données, en obligeant les sociétés étrangères et chinoises à stocker leurs données localement. La nouvelle loi sur la cryptographie est sa dernière mesure permettant d’accéder aux données et aux communications importantes des entreprises.

Robert Strayer, sous-secrétaire d’État adjoint en charge de la Cybernétique et des Communications internationales et de la Politique de l’information, tient une conférence de presse à Foreign Press Center à Washington, le 10 janvier 2020. (Emel Akan/Epoch Times)

Étant donné qu’il « ne sera plus permis aux sociétés étrangères de chiffrer des données de bout en bout, elles seront presque certainement considérées comme violant les règles américaines relatives aux technologies stockées sur un réseau en Chine », a déclaré dans son rapport Gordon Chang, auteur et expert de la Chine.

Certains législateurs américains ont déjà fait part de leurs préoccupations au sujet des nouvelles règles de cybersécurité de la Chine, demandant même aux entreprises américaines de cesser de travailler avec ce pays.

Les dangers de la 5G chinoise

Ces dernières années, la cybersécurité et les questions de cyberpolitique sont devenues l’une des principales priorités de la politique étrangère du département d’État, a souligné M. Strayer.

L’un des objectifs du département d’État est de collaborer étroitement avec d’autres pays, en particulier ceux d’Europe, afin de mettre en place des mesures de sécurité pour les réseaux de la cinquième génération de la technologie de communication sans fil (5G), a-t-il indiqué.

Washington essaye de persuader ses alliés en Europe d’interdire l’utilisation dans l’infrastructure des télécommunications du matériel de la société chinoise Huawei, qualifiant ce fournisseur chinois de menace à la sécurité nationale.

« En fin de compte, nous savons que chaque pays prendra ses propres décisions sur les mesures de sécurité qu’il souhaite mettre en place pour le déploiement de la technologie 5G », a déclaré M. Strayer.

Le gouvernement britannique devrait prendre une décision finale sur l’implication de Huawei dans l’infrastructure 5G du Royaume-Uni plus tard ce mois-ci.

Le département d’État a mis en garde les responsables britanniques du fait que le partage de renseignements pourrait être affecté si l’équipement de Huawei est utilisé au Royaume-Uni.

« En communiquant avec d’autres pays, nous sommes conscients des relations très solides que nous avons avec bon nombre d’entre eux en matière de partage de renseignements », a précisé M. Strayer. « Nous ne voulons pas que ces relations se détériorent à cause de fournisseurs de télécommunications non fiables. »

Le 8 janvier, le sénateur américain Tom Cotton (républicain) a présenté un projet de loi qui empêcherait les États-Unis de partager des renseignements avec les pays qui permettent à Huawei d’exploiter leurs réseaux 5G.

« Les États-Unis ne devraient pas partager des renseignements importants avec des pays qui permettent à une branche du Parti communiste chinois chargée de la collecte de renseignements d’opérer librement à l’intérieur de leurs frontières », a déclaré M. Cotton dans un communiqué de presse. « Je demande à nos alliés dans le monde entier d’examiner attentivement les conséquences des affaires avec Huawei à  leurs intérêts nationaux. »

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