« De plus en plus de personnes faisant de la méditation expérimentent l’apparition de pouvoirs surnaturels »

12 juin 2017 Mis à jour: 12 juin 2017

La méditation devient une pratique de plus en plus courante en Occident. Dans les années 60 et 70, l’Amérique s’éveillait lentement mais sûrement à la méditation transcendantale. Les travaux du corps médical ont peu à peu mis à jour des bienfaits insoupçonnés de cette pratique, et aujourd’hui, elle est présentée comme un moyen thérapeutique alternatif ou complémentaire, et trouve même sa place dans les hôpitaux.

L’expérience de la méditation est  une tradition trouvant son origine en Orient. Alors que sous nos latitudes, elle est souvent associée au bien-être et au maintien de la santé, dans les pays asiatiques, celle-ci possède de profondes connotations. Dans la religion bouddhiste, le Bouddha Shakyamuni et ses disciples possédaient et démontraient des capacités surnaturelles développées à travers le recueillement en méditation.

C’est ce que nous apprennent les écrits du bouddhisme ou encore du taoïsme. Mais en pratique ?

Dean Radin est doctorant en physique et chef d’équipe scientifique de l’Institut des sciences noétiques (IONS) – sciences s’intéressant à l’étude et l’origine des pensées.  Diplômé en génie électrique, celui-ci a obtenu une mention honorifique en physique à l’Université du Massachussetts-Amherst, suivi par l’obtention d’une maîtrise en génie électrique et d’un doctorat en psychologie de l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign.

Avant son poste à l’IONS, il a travaillé chez AT& T Bell Labs, et aux universités de Princeton, d’Édimbourg et à SRI International. Avec un CV si impressionnant, Dean Radin avait sans doute ses entrées dans n’importe quel programme de recherche. Il a cependant choisi de se tourner vers l’étude des phénomènes psychiques, une branche frôlant avec ce qu’on pourrait appeler le surnaturel.

En septembre 2016, Dean Radin a publié les résultats d’une étude. Il a demandé à 2 000 personnes adeptes de la méditation si elles avaient déjà fait l’expérience de certaines situations telles que la clairvoyance, la télépathie, la précognition et d’autres phénomènes similaires. Résultat : 75% des personnes interrogées avaient fait cette expérience, et pensaient que cela était une conséquence de la méditation.

« À bien des égards, à mesure que de plus en plus de gens méditent pour des raisons de santé physique, ils expérimentent des pouvoirs surnaturels. C’est la raison pour laquelle j’ai écris l’ouvrage ‘Supernaturel' », a t-il déclaré.

L’éducation de Dean Radin a fait de lui un agnostique. S’il voit la méditation comme une pratique laïque, il garde son oreille ouverte au mystique.

En Occident, il ne semble pas facile d’admettre l’existence de tels pouvoirs ; cependant, d’après les résultats de sondages, les incrédules seraient plutôt minoritaires. Dans un sondage Opinion Way pour La Vie paru en 2012, une majorité de Français croient en l’au delà, et une moitié croît aux rêves prémonitoires et aux guérisseurs.

En Amérique, une étude de Gallup indique que 3 Américains sur 4 croient au paranormal. Et une étude de Pew Forum sur les religions menée sur 35 000 Américains le confirme : 80% des sondés ont indiqué « croire aux miracles ».

Cet enthousiasme du public ne se répercute pas vraiment sur la communauté scientifique, qui ne considère pas le sujet comme quelque chose de sérieux. D’après le professeur Radin, moins d’1% des universités dans le monde ont dans leur communauté quelqu’un qui s’intéresse aux recherches sur la parapsychologie. Même son de cloche du côté des professeurs en histoire des religions, qui n’accordent pas de crédits à l’existence de « miracles ».

Pr Dean Radin, lors d’une interview accordée au réalisateur du film “What the Bleep do we Know?” (amabilité de Dean Radin)

D’après Dean Radin,  Hollywood serait le premier à « vendre » le surnaturel auprès du public. Avec un effet pervers. « Il y a une énorme crainte associée aux phénomènes surnaturels, principalement parce qu’ils sont le moteur de films d’horreurs hollywoodiens », relève t-il.

« Toute l’ironie, c’est qu’en soutenant une thèse sur « L’herméneutique dans Buffy contre les vampires », vous aurez droit à un discours de la part des doctorants, mais si vous dites que vous vous intéressez à la télépathie, ils vous tourneront le dos ».

Il existe bel et bien un fossé entre Orient et Occident, peut être en raison de croyances populaires. Dans les années 70 en Chine, quelques maîtres de Qigong faisait la démonstration de super-pouvoirs à travers des guérisons – et les scientifiques étaient capables de mesurer des éléments atomiques émis à travers une énergie, appelé le « qi ». En Occident, les pouvoirs surnaturels n’ont pas bonne presse.

Pour comparer l’attitude actuelle envers ces phénomènes, le professeur mentionne la chasse aux sorcières du Moyen Âge européen. Les tribunaux prononçaient à l’époque des condamnations à l’encontre de toute femme supposée pratiquer la sorcellerie ou manifestant des comportements hors de l’ordinaire. « Si aujourd’hui, quelqu’un possède des habiletés particulières… au mieux, les gens en seront effrayés, au pire, il sera vu comme un démon », explique t-il.

Cependant, les choses pourraient changer, notamment dans les milieux universitaires. Le Royaume-Uni semble en avance dans l’étude de tels phénomènes, avec une douzaine de programmes universitaires étudiant les effets du psychisme.

Il y a vingt ans, de telles recherches auraient été inconcevables. Mais aujourd’hui, d’après le professeur Radin, « c’est possible et même faisable : de nombreux journaux considérés comme des références publient des articles de recherche sur le psychisme. Un de nos récents articles a été publié en ligne par ‘Frontiers in Neuroscience’, et la plupart de nos études sur la physique trouvent leur place dans les journaux spécialisés ».

D’après lui, de plus en plus d’étudiants deviennent familiers avec les phénomènes étranges dès qu’ils étudient la mécanique quantique. Cela favorise l’exploration de phénomène défiant l’imagination dès le plus jeune âge, avec l’étude de l’intrication quantique, un phénomène qui transcende ce que l’on connaît sur l’espace et le temps.

Ce changement de perspective sur notre façon de comprendre la physique est très important, car les phénomènes liés au psychisme transcendent également les contraintes comprises par la science actuelle sur l’espace et le temps.

Scientific American et d’autres revues scientifiques importantes explorent maintenant des sujets comme la biologie quantique. On pourrait également citer la théorie de l’action à distance, surnommée « action effrayante à distance » par Albert Einstein. Cette théorie a ouvert le champ à l’électromagnétisme et de nouvelles conceptions de la gravité. Pour résumer, il est possible pour un objet d’être déplacé, ou modifié dans son état sans qu’il n’y ait de contact physique.

Dans «Supernormal», Dean Radin cite entre autres le psychologue britannique et sceptique Richard Wiseman, qui a déclaré au Daily Mail : «Selon les normes posées par les différentes disciplines scientifiques, le phénomène de l’observation à distance est prouvée».

Radin a ajouté: « Le sens de cette déclaration ne doit pas être pris à la légère. Un scientifique sceptique sur tout ce qui concerne le psychique… a admis qu’il croit que le fonctionnement psychique est scientifiquement prouvé. Il a précisé plus tard qu’il avait l’intention de dire que non seulement la visualisation à distance (c’est-à-dire la clairvoyance) a été prouvée, mais que tous les phénomènes psychiques «répondent aux normes habituelles pour une revendication normale», et sont ainsi entérinés selon les standards scientifiques ». Il reste cependant un long chemin avant de voir l’étude de la clairvoyance devenir quelque chose d’académique, de près ou de loin. De nombreux sceptiques affirment que des revendications extraordinaires exigent des preuves extraordinaires.

Au fur et à mesure que les traditions de méditation de l’Est continuent de s’étendre vers l’Ouest, il est de plus en plus reconnu que « le sens de l’extraordinaire est dans l’œil du spectateur » – une formule dont on ne sait si elle relève des mystiques ou de ceux qui étudient la physique quantique.

Dean Radin explique dans son livre: « Pour un universitaire formé en occident, la simple existence de la télépathie serait considérée comme étant surnaturelle et donc extrêmement extraordinaire. Mais pour un yogi expérimenté, ce n’est qu’un siddhi mineur, superficiel et presque banal [siddhi est un terme sanskrit pour un accomplissement lié à la méditation ou un pouvoir] ».

« À l’inverse, un scientifique sceptique, n’a pas bénéficié de milliers d’heures de pratique en yoga et en méditation. Il ne saura être convaincu que par des données expérimentales reproductibles et rigoureusement obtenues. Le yogi exige simplement sa propre expérience. »

Article original : Supernormal Abilities Developed Through Meditation: Dr. Dean Radin Discusses

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