Le décès du chef du programme russe de vols spatiaux met en lumière les liens entre l’Agence spatiale russe et la Chine

Par Yang Ning
24 mai 2020
Mis à jour: 24 mai 2020

Le chef du programme russe de vols spatiaux habités, Yevgeny Mikrin, est récemment décédé à l’âge de 65 ans après avoir contracté le virus du PCC* (Parti communiste chinois), a annoncé le 5 mai l’agence spatiale nationale Roscosmos. Le président Vladimir Poutine a présenté ses condoléances à sa famille et à ses amis.

Depuis 1981, M. Mikrin, concepteur en chef de la fusée Energia, travaillait pour Roscosmos en contribuant au développement de systèmes de contrôle d’engins spatiaux habités, de complexes spatiaux multi-modules et d’engins spatiaux automatiques de la plus grande entreprise aérospatiale de Russie.

Son décès est une perte importante non seulement pour ses proches et amis, mais également pour tout le secteur aérospatial russe et la communauté scientifique du pays.

Dmitry Rogozin, le directeur général de la société aérospatiale russe Roscosmos, a tweeté le 1er mai : « Données sur les travailleurs de l’industrie spatiale et des fusées infectés par une nouvelle infection à coronavirus (2019-NCOV) à 20 h le 30/04/2020 MALADIE TOTALE : 173, RÉCUPÉRATIONS : 16, DÉCÈS : 6. »

Au 22 mai, la Russie compte 326 448 cas confirmés du virus du PCC, avec 3 249 décès, selon les données recueillies par l’université Johns Hopkins.

CORONAVIRUS : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

Pourquoi y a-t-il autant de cas de Covid-19 dans l’industrie spatiale et des fusées russes ? Les pays, régions et organisations qui ont des liens étroits avec le régime chinois ont été fortement touchés par le virus du PCC, qui a éclaté en Chine fin 2019. Quel est le lien entre industrie russe des fusées et de l’espace et le Parti communiste chinois ?

La course aux armements entre les États-Unis et l’Union soviétique pendant la guerre froide s’est intensifiée lorsque les deux puissances se sont lancées dans une course pour envoyer un homme sur la Lune. Après la désintégration de l’Union soviétique, en raison d’un ralentissement économique et d’un manque de fonds, le programme aérospatial russe a diminué, la technologie et le talent étant à la traîne. Les États-Unis ont également ralenti leurs programmes spatiaux en raison de l’absence de concurrents solides.

Au contraire, le PCC a investi massivement dans le programme spatial de la Chine avec un fort capital accumulé après les réformes économiques des années 1980, en particulier dans le lancement de satellites et de fusées. Cependant, il reste un énorme vide à combler dans le domaine de la technologie aérospatiale pour la Chine. Le PCC savait qu’il serait impossible de collaborer avec les États-Unis. Il s’est donc tourné vers la Russie pour obtenir un soutien technique en échange de bénéfices économiques.

Le 1er novembre 2017, la Chine et la Russie ont convenu de travailler ensemble sur six technologies aérospatiales pour la période 2018 à 2022. À Pékin, lors de la 22e réunion régulière entre les chefs d’État des deux pays, une vingtaine d’accords ont été signés par le Premier ministre chinois Li Keqiang et son homologue russe Dmitri Medvedev à cet effet.

Selon un communiqué de presse de l’agence spatiale Roscosmos, les six secteurs de coopération sont la Lune, l’espace profond, le développement conjoint d’engins spatiaux, l’électronique spatiale, les données de télédétection terrestre et la surveillance des débris spatiaux.

« La coopération dans le domaine des services de transport spatial pourrait impliquer le lancement d’engins spatiaux chinois à bord de lanceurs de fusées russes pour déployer la constellation multisatellite chinoise, ainsi que la livraison éventuelle de moteurs-fusées », a déclaré l’agence de presse russe Spoutnik, citant le directeur général de Roscosmos, Dmitry Rogozin. « [De la part de] la Chine, c’est de l’approvisionnement en microélectronique dont nous avons besoin. » Il a également déclaré que la navigation par satellite était un domaine potentiel de coopération, la Chine devant achever son système de navigation par satellite BeiDou d’ici l’année prochaine, et la Russie déployant sa constellation GLONASS.

Sergei Anatolyevich Gavrilov est le chef adjoint de la Chambre basse du Parlement russe, représentant le Parti communiste. Selon le Quotidien du peuple, journal du régime chinois, Gavrilov a déclaré que la collaboration chinoise dans les programmes spatiaux apportera d’énormes avantages à la Russie.

Pour le régime chinois, la collaboration avec la Russie stimulera les avancées techniques de la Chine, lui permettant de dépasser potentiellement les Américains dans le domaine de la navigation par satellite, et d’exercer l’influence du PCC dans le monde entier.

Le 29 novembre 2017, la Russie a ratifié un accord avec la Chine protégeant les technologies classifiées utilisées dans les activités spatiales, signé le 25 juin 2016 à Pékin lors de la visite officielle du président Vladimir Poutine en Chine.

De multiples collaborations ont également eu lieu entre les instituts de recherche et les universités russes et chinoises. En 2017, l’école d’aéronautique de l’Université Jiao Tong de Shanghai et l’Institut d’aviation de Moscou ont lancé un programme éducatif commun.

L’université aérospatiale d’État de Samara a également collaboré avec l’université d’aéronautique et d’astronautique de Nanjing, et a procédé à des échanges universitaires au sein de l’Institut universitaire des moteurs et des centrales électriques, créé en 2014.

Le 3 mars 2018, Roscosmos et l’Administration spatiale nationale chinoise ont signé un accord pour travailler ensemble dans le domaine de l’exploration de la Lune et de l’espace profond, et la création d’un centre de données sur les projets lunaires.

Le 12 juin 2019, le Bureau des Nations unies pour les affaires spatiales et l’Agence chinoise des vols spatiaux habités ont annoncé les gagnants de leur initiative conjointe d’opportunité de mener des expériences à bord de la station spatiale chinoise. L’Agence spatiale chinoise a sélectionné neuf projets, auxquels ont participé des scientifiques de 17 nations. Parmi ces projets figurait un observatoire russo-indien.

Lors du Salon international de l’aviation et de l’espace 2019, qui s’est tenu du 27 août au 1er septembre à Joukovski, une petite ville près de Moscou, la Chine a présenté ses drones, ses lanceurs de fusées et ses avions amphibies développés dans le pays. La Chine était le pays partenaire de l’événement cette année-là.

Dans une interview accordée à Xinhua, un média d’État chinois, Alexander Zheleznyakov, membre de l’Académie russe de cosmonautique Tsiolkovsky, a déclaré qu’il était impressionné par l’avantage concurrentiel de la Chine sur le marché international du lancement commercial et par l’avantage technique des fusées chinoises.

Les systèmes de navigation par satellite sont connus pour avoir de multiples applications dans les domaines des communications, de l’armée et de la navigation. Les États-Unis ont développé le système de positionnement global (GPS) utilisé dans des opérations de combat à grande échelle, comme celle de  la guerre du Golfe. De même, le GLONASS est le système de navigation mondial appartenant à la Russie. Le BeiDou de la Chine sera le quatrième système mondial de navigation par satellite à être créé, après le GPS américain, le GLONASS de la Russie et le Galileo de l’Union européenne.

En collaboration avec la Russie, la Chine a développé son propre système avancé de positionnement, de navigation et de chronométrage, connu sous le nom de PNT (Positioning, Navigation and Timing), pour le système de navigation BeiDou. La Chine prévoit d’étendre BeiDou avec un objectif militaire. Le système BeiDou est maintenant passé à sa troisième phase de développement, qui comprendra des satellites en orbite moyenne, trois satellites géostationnaires et trois orbites géosynchrones inclinées. Le système compte actuellement 33 satellites en orbite. Il est prévu de finaliser le programme en 2020 avec 35 satellites en orbite.

La Chine commercialise BeiDou auprès des pays qui font partie de son initiative Une Ceinture, une route, également connue sous le nouveau nom de la Nouvelle Route de soie en leur offrant des incitations. Grâce à cette initiative, Pékin investit dans les projets d’infrastructure des pays tout en renforçant son influence géopolitique.

Selon le site Web de nouvelles sur l’espace Spaceflight Now, lorsque le système sera terminé, BeiDou possédera huit satellites en orbite géosynchrone, la Chine devenant le seul pays à réussir cet exploit.

Un rapport publié en 2017 par la Commission américaine d’examen des questions économiques et de sécurité de la Chine (USCC) détaille les implications du système BeiDou sur le système de positionnement mondial des États-Unis. « BeiDou pourrait poser un risque pour la sécurité en permettant au gouvernement chinois de suivre les utilisateurs du système en déployant des logiciels malveillants transmis soit par son signal de navigation, soit par sa fonction de messagerie (via un canal de communication par satellite), une fois que la technologie sera largement utilisée », affirme le rapport.

Il ne fait aucun doute que le développement et l’avancement rapides des programmes et projets aérospatiaux chinois ont été soutenus par des experts et des instituts de recherche russes. Pourrions-nous dire que le véritable facteur à l’origine de l’épidémie de virus chez de nombreux experts russes de l’aérospatiale repose sur  les liens lucratifs et politiques de l’agence spatiale avec le parti communiste chinois ?

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale

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