Décès du haut dirigeant palestinien Saëb Erakat infecté par le virus

Par Epoch Times avec AFP
10 novembre 2020
Mis à jour: 10 novembre 2020

Saëb Erakat, l’une des personnalités politiques palestiniennes les plus connues à l’étranger, est décédé mardi à l’âge de 65 ans après avoir contracté le nouveau coronavirus, laissant les Palestiniens orphelins d’un « grand combattant » pour la paix.

Atteint de fibrose pulmonaire et greffé du poumon, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est décédé à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, où il avait été admis le 18 octobre.

La mort de Saëb Erakat est une « perte immense pour la Palestine et pour notre peuple, et nous en sommes profondément attristés », a réagi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le président palestinien Mahmoud Abbas, en « pleurant » la mort de son « ami » et « frère ».

« A la Palestine manque aujourd’hui un chef patriotique, un grand combattant qui a joué un rôle crucial dans l’élévation du pavillon de la Palestine », a ajouté M. Abbas, en décrétant un deuil national de trois jours.

Gravitant dans le cercle restreint du président de 85 ans, Saëb Erakat passait pour certains pour l’un de ses successeurs potentiels avant d’être foudroyé le mois dernier par le Covid-19. C’est l’une des rares personnalités politiques à être décédée du coronavirus.

-L’ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni annonce sa retraite de la vie politique, dans la ville côtière de Tel Aviv, le 18 février 2019. Photo de Jack Guez / AFP via Getty Images.

En tant que négociateur en chef côté palestinien, il avait participé à de nombreux pourparlers de paix avec Israël, actuellement dans l’impasse.

« Attristée », l’ancienne négociatrice israélienne Tzipi Livni a présenté ses condoléances « aux Palestiniens et à la famille » de M. Erakat. « Saëb a consacré sa vie à son peuple. Malade, il m’avait écrit: +Je n’ai pas terminé de faire ce pour quoi j’étais né+ », a-t-elle écrit sur Twitter.

Avait critiqué la normalisation

Celui qui était communément appelé « Docteur Saëb » avait récemment critiqué la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes, décidée sans paix préalable entre les Palestiniens et l’Etat hébreu.

Dans une vidéo-rencontre en août dernier avec des journalistes, notamment l’AFP, il avait fustigé cette normalisation qui, disait-il, « mine la possibilité de la paix » israélo-palestinienne.

Elle « renforce les extrémistes » chez les Israéliens et les Palestiniens, les premiers pensant ne plus avoir besoin à négocier avec les Palestiniens et les seconds ne plus avoir à attendre quoique ce soit d’Israël, affirmait -il.

« Des générations de Palestiniens se souviendront de lui comme l’un des géants qui a consacré sa vie à l’indépendance », a affirmé mardi sur Twitter Ayman Odeh, chef de la « Liste unie » des partis arabes israéliens.

« Vous nous manquerez mon ami », a tweeté l’émissaire de l’ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov. « Vous êtes resté convaincu qu’Israël et la Palestine pouvaient vivre en paix, n’avez jamais abandonné les négociations et avez défendu fièrement votre peuple », a-t-il salué.

Un combattant inébranlable

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a présenté les « condoléances » du mouvement islamiste aux « frères » du Fatah, parti laïc de MM. Abbas et Erakat.

Au Caire, le ministère égyptien des Affaires étrangères a estimé que « la cause palestinienne a(vait) perdu un combattant inébranlable … qui a passé sa vie à faire valoir les droits du peuple palestinien par la politique et la diplomatie ».

« En tant que défenseur de l’autodétermination palestinienne, Saëb Erakat a mené des débats controversés, mais a toujours compté sur les négociations avec Israël … mais il n’a jamais renoncé au courage et à l’espoir, même face aux défis sanitaires de ces dernières années », a commenté de son côté le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

Mis sous respirateur et endormi

L’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, qui l’avait admis à la demande de responsables de l’Autorité palestinienne, avait qualifié de « défi » le fait de soigner M. Erakat en raison de ses problèmes pulmonaires.

-Les Israéliens protestent contre l’hospitalisation du négociateur palestinien Saeb Erekat à l’hôpital universitaire Hadassah Ein Kerem à Jérusalem le 19 octobre 2020. Photo par Ahmad Gharabli / AFP via Getty Images.

Son hospitalisation était survenue quelques mois après la décision de l’Autorité palestinienne de stopper la coopération avec Israël, ce qui a notamment eu pour effet de compliquer les transferts médicaux de Palestiniens vers des hôpitaux israéliens.

Après être arrivé « dans un état grave », selon l’hôpital, M. Erakat avait été mis sous respirateur et endormi, puis placé sous une machine appelée « Ecmo », qui remplace de facto le cœur et les poumons pour oxygéner et faire circuler le sang dans le corps.

Son transfert depuis son domicile de Jéricho, en Cisjordanie occupée, vers un hôpital israélien avait rapidement suscité des critiques de manifestants en Israël se demandant pourquoi l’Etat hébreu acceptait de soigner, selon eux, un « ennemi » palestinien.

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