Derniers jours: Frans Hals Portraits de famille à la fondation Custodia

Par Michal Bleibtreu Neeman, Epoch Times
16 août 2019 Mis à jour: 17 août 2019

Jusqu’au 25 août la fondation Custodia présente les Portraits de famille du peintre hollandais Frans Hals. L’exposition réunit pour la première fois depuis 200 ans trois parties séparées jusque là de l’œuvre monumentale Portrait de la famille Van Campen. Une quatrième partie est toujours considérée comme perdue.

Frans Hals (1582-1666) est l’un des plus grands portraitistes du siècle d’or hollandais avec Rembrandt. Son œuvre est caractérisée par des coups de brosses audacieux et la recherche du dynamisme. L’œuvre présentée à la fondation Custodia, caractérisée par la joie rayonnante de visages enfantins, le mouvement, et les sourires tendres ou complices permet de comprendre la fraicheur et la contribution du peintre à l’innovation de l’art du portrait de groupe. Réputé pour ces grandes compositions, seuls quatre des ses portraits de famille ont traversé les siècles et sont rassemblés à l’exposition.

Frans Hals (Anvers 1582/1583 – 1666 Haarlem) Enfants de la famille Van Campen avec une voiture tirée par un bouc (fragment), vers 1623-1625 Huile sur toile. – 152 × 107,5 cm Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, inv. 4732. Appliqués au XIXe siècle le long des bords verticaux de la toile, des «surpeints» cachaient des fragments représentant des vêtements et une jeune fille, ce qui signifie que l’œuvre était en réalité un seul fragment d’un monumental portrait de famille.

La reconstitution des trois parties de l’œuvre Portrait de la famille Van Campen a été permise grâce à la restauration achevée en 2016 du tableau jusque là intitulé Trois enfants dans une charrette tirée par un bouc (1623-1625) conservé au musée Royal des Beaux Arts à Bruxelles. Liesbeth De Belie et Catherine Van Herck, les restauratrices ont découvert que des «surpeints» faits au XIXe siècle ont caché des fragments représentant des vêtements et une jeune fille. Cette peinture selon les restauratrices a certainement faire partie d’une grande composition avec La famille Van Campen dans un paysage, conservé au Toledo Museum of Arts (Ohio États Unis) et Portrait de jeune garçon (collection privée)

Proposition de reconstitution du portrait de famille originel de Frans Hals par Liesbeth De Belie et Catherine Van Herck, incluant l’enfant peint par Salomon de Bray (à gauche en bas).

La toile d’origine a certainement mesuré 3,80m et a probablement été commandée par Gijsbert Claesz Van Campen (1585–1645), un riche marchand de draps de laine de Haarlem et son épouse Maria Jorisdr (1582–1666) pour célébrer leur 20e anniversaire de mariage.

L’œuvre, représentant le couple et leurs 12 enfants, est impressionnante par sa taille monumentale mais aussi par le mouvement et la joie qu’elle dégage, les échanges de regards, la gestualité et les expressions des visages.

Maria Jorisdr regarde son mari avec attention, presque inquiétude, posant sa main avec tendresse sur sa cuisse, symbole de fidélité. Le mari Van Campen fixe le spectateur avec un sourire à la fois satisfait, fier et amusé, comme si l’un de ces enfants joyeux et plein de vie, venait de faire une plaisanterie. On peut quasiment entendre les rires jaillissant de la toile. Les regards réjouissant témoignent d’une famille heureuse et prospère. Le panier de pommes, le bouc déguisé, les étoffes des vêtements, fraises et dentelles contribuent eux aussi à un effet de mouvement et d’abondance.

L’exposition est une occasion de découvrir cet artiste déjà admiré par ses contemporains au VIIe siècle et sa contribution à l’innovation des portraits de familles.

Enfants du siècle d’or

Il était juste naturel d’accompagner ces portraits de familles d’une deuxième exposition consacrée aux enfants peints par les artistes du siècle d’or hollandais: Enfants du siècle d’or. Octroyer une place à part entier à ce magnifique monde enfantin qui est souvent au centre des portraits de familles était depuis toujours le rêve de Frits Lugt et Jacoba Klever, les fondateurs de la fondation Custodia.


Govert Flinck (Clèves 1615 – 1660 Amsterdam), Enfant endormi, 1643
Plume et encre brune, lavis brun clair. – 165 × 148 mm
Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, Paris, inv. 7368

Charmants, drôles, sages ou espiègles, dans leur sommeil ou en train de jouer, peintures à l’huile ou eaux fortes, portraits accomplis ou étude d’après nature, filles et garçons séduisent le spectateur par leur candeur et leur douceur.

Frans Hals. Portraits de famille

Enfants du Siècle d’or

Du 8 juin 2019 au 25 août 2019

Fondation Custodia • 121, rue de Lille • 75007 Paris
www.fondationcustodia.fr

 

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