Derrière l’installation de la 5G en France, des technologies du régime autoritaire chinois

Par Ludovic Genin
16 juillet 2019 Mis à jour: 1 août 2019

La France a lancé officiellement lundi l’installation de la 5G sur tout le territoire d’ici la fin 2020. Problème: les deux tiers des réseaux 5G reposent sur les infrastructures de Huawei contrôlé par le régime autoritaire chinois. Derrière la manne économique pour le gouvernement Macron, l’ensemble des Français sera forcé d’utiliser un réseau géré par des technologies du régime communiste chinois.

L’Arcep, dont le slogan « Les réseaux comme bien commun » annonce la couleur, est une unité administrative dépendante du gouvernement français. Lundi, elle a lancé la procédure d’attribution des fréquences 5G aux opérateurs télécoms, espérant un premier déploiement commercial dans quelques grandes villes françaises à la fin de 2020 et la couverture des deux tiers de la population d’ici 2026.

La 5G, une manne commerciale de milliards d’euros pour le gouvernement Macron

Les opérateurs télécoms auront jusqu’au 4 septembre pour donner leur avis sur les modalités retenues par l’Arcep et le gouvernement. À l’automne, le gouvernement fixera les prix retenus et les cessions et les enchères auront lieu dans la foulée pour que le processus d’attribution puisse être juridiquement bouclé au début de l’année 2020.

Le produit de la cession des fréquences – pour 15 ans, renouvelable pour 5 ans – devrait se chiffrer en milliard d’euros. En Allemagne, le gouvernement a organisé un système d’enchères qui a rapporté 6,5 milliards d’euros, alors que les spécialistes misaient plutôt sur un chiffre compris entre 3 et 5 milliards.

Les deux tiers des réseaux 5G reposent sur des infrastructures contrôlées par le régime autoritaire chinois

Selon FrAndroid, près de deux tiers des réseaux 5G lancés commercialement en dehors de Chine reposaient sur les infrastructures de Huawei.

Cependant, on a appris récemment, que les employés du géant chinois des télécommunications auraient préalablement travaillé pour des agences de renseignement ou des agences militaires chinoises, selon une analyse de milliers de CV d’employés divulgués en ligne, ce qui soulève d’importantes questions sur les liens de l’entreprise avec le régime chinois.

« Il y a des preuves directes importantes que le personnel de Huawei agit sous la direction des services de renseignements chinois qui ont de multiples liens à travers toutes les structures de l’État chinois », conclut une étude récente de Christopher Balding, professeur associé à l’Université Fulbright au Vietnam, menée avec le groupe de réflexion Henry Jackson Society, basé au Royaume-Uni.

Huawei, un rôle central dans le contrôle totalitaire et la répression des Chinois

Huawei joue un rôle central dans l’établissement d’un totalitarisme de haute technologie dans les villes et les provinces chinoises. S’appuyant sur des entreprises technologiques pour surveiller le peuple chinois, le régime communiste a mis en place une police de la pensée réelle sous la forme d’un système de numérisation urbaine connu sous le nom de « China Skynet » ou « Safe City ».

Huawei a joué un rôle important dans le China Skynet et d’autres projets orwelliens lancés par le Parti communiste pour surveiller 1,4 milliard de Chinois, opprimer les opposants politiques et persécuter des minorités.

Le programme Safe City (« Ville sûre »), géré par le ministère chinois de la Sécurité publique, implique un volume massif de surveillance de l’information et des communications, également connu sous le nom de projet Skynet. Cela fait partie du « maintien de la stabilité » du régime chinois, qui est un euphémisme commun pour la surveillance et la répression du peuple chinois.

L’amélioration rapide de la technologie de surveillance a largement contribué à la répression des droits de l’homme par le Parti, en traquant de plus belle les adeptes de la pratique spirituelle interdite du Falun Gong, les membres de la minorité musulmane ouïghoure vivant dans la province du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, et les chrétiens des églises de maisons.

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