Des crèches s’associent à des Ehpad : une belle aventure

14 avril 2019
Mis à jour: 14 avril 2019

Actuellement, en France, il n’existe qu’une vingtaine d’Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) couplés à une crèche, alors qu’en Belgique tout comme au Canada, ce système permettant ainsi de recréer le lien intergénérationnel, a déjà fait ses preuves.

À Tourcoing par exemple, ce type de partenariat est né en 2012 grâce à la fondatrice des crèches Rigolo Comme la Vie et de l’ancienne directrice de l’Ehpad des Orchidées.

Cette initiative s’avère bénéfique aux personnes âgées sur de nombreux aspects dans le sens où elle réduit l’isolement des personnes âgées, leur permet de se sentir à nouveau « utiles », compense la distance géographique de certains proches, sans oublier la joie qui peut naître de la réunion de ces deux générations.

Et si les personnes âgées apprécient le contact avec les petits, la réciproque est vraie car ces deux générations ont un point commun ; elles ont toutes deux un fort besoin d’attention.

Les rencontres entre petits et personnes âgées sont toujours des moments de partages enrichissants et conviviaux.

Une anecdote relaté par Anne-Sophie Bochard dans Le Figaro en 2015 illustre bien ce propos : «Une dame avançait dans un couloir de notre établissement à l’aide de son déambulateur rouge. Un petit l’a interpellée avec véhémence pour lui annoncer qu’il était lui-même l’heureux propriétaire d’un vélo rouge. D’abord abasourdie, elle a ensuite éclaté de rire.»

Cela permet aussi aux petits de développer un regard bienveillant et compatissant aussi bien envers la personne âgée, que plus globalement sur la vieillesse. Les personnes âgées montrent souvent une attention débordante envers les petits.

Dans ces types de structures, les activités mises en place sont riches et variées : lecture, chant, danse, jeux, activités motrices et manuelles, cuisine, jardinage et goûters.

Mais un projet de cette envergure nécessite un investissement de la part des deux structures et cela signifie qu’une importante préparation en amont est nécessaire.

De plus, le succès d’un tel projet s’inscrit dans la durée car il permet de développer un véritable échange entre les deux générations, les participants étant tous volontaires.

Iris, éducatrice de jeunes enfants, partage ce point de vue « un projet intergénérationnel n’a de sens que s’il se déroule dans le temps, sur plusieurs rencontres. »

De nombreuses questions sont ainsi abordées en amont afin de définir le cadre à mettre en place (quelles activités, durée de celles-ci…), de repréciser les règles de la collectivité et de l’hygiène, sans oublier de réfléchir sur le sens donné à cette aventure.

De plus, le rôle de l’accompagnateur est capital lors de ces rencontres.

Parfois, certaines personnes âgées leur vouent une attention un peu trop débordante pour l’enfant donc le devoir de l’accompagnateur est de protéger le petit. Il doit ainsi veiller à ce que chacun trouve sa place dans ses désirs et ses réticences. Il doit par exemple rester attentif et vigilant envers les petits qui peuvent être impressionnés par le matériel médical de certains résidents de l’Ehpad, intimidés par leur visage marqué ou encore troublés par une démarche mal assurée.

Raymonde Alacid, directrice de l’EHPAD Gérard Soulages situé à Aspiran dans l’Hérault précise, sur le site d’information lesprosdelapetiteenfance.fr, que « vingt à quarante minutes sont largement suffisantes pour ne pas tomber dans une certaine lassitude l’un de l’autre ».

À Aspiran, petite commune de 1530 habitants dans l’Hérault, au sein de la crèche intergénérationnelle À Petits Pas, les personnes âgées peuvent rencontrer les petits dans un espace destiné aux activités mais ils peuvent tout aussi bien observer les petits au travers des parois de verre donnant sur le jardin dans lequel les enfants jouent.

Des projets comme ceux-ci pourraient bien devenir porteurs d’un monde plus équilibré.

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